Changements climatiques

Le phénomène des gaz à effet de serre

Les activités humaines relâchent des gaz qui amplifient l'effet de serre naturel de la Terre. Ces gaz, dits à effet de serre, contribuent à retenir la chaleur des rayons solaires en captant dans l'atmosphère le rayonnement infrarouge retransmis vers l'espace par le sol réchauffé.

Conséquence : le bilan énergétique de la planète est perturbé, la planète se réchauffe, et son régime climatique se modifie.

La prise en compte du phénomène

Selon des estimations, 75 % des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine proviennent de la combustion des carburants fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel). Sur ces rejets, seule la moitié s'accumulerait dans l'atmosphère, le reste étant absorbé par les océans ou la biosphère terrestre.

Les émissions liées à l'agriculture représentent environ 10 % des émissions totales à l'échelle canadienne et québécoise. Elles viennent loin derrière celles dues aux secteurs du transport et de l'énergie.

Face à la situation et en réponse à la préoccupation mondiale pour les gaz à effet de serre, le Ministère prend en considération deux grands enjeux :

  • diminuer le risque des émissions de gaz à effet de serre engendrées par le secteur agricole
  • prévoir l'adaptation de l'agriculture québécoise à la nouvelle donne climatique, toujours incertaine, mais inéluctable

Les sources agricoles de gaz à effet de serre

Voici les principaux gaz à effet de serre que génère l'agriculture :
  • le protoxyde d'azote (N2O)
  • le méthane (CH4)
  • le gaz carbonique (CO2)

Leur impact sur le climat est fonction de leur persistance dans l'atmosphère ainsi que de leur potentiel de réchauffement. Au Québec, le CO2 ne forme qu'un petit pourcentage des émissions du secteur agricole, tandis que les deux autres gaz en constituent chacun presque la moitié.


Le méthane

Durée de vie atmosphérique : 100 ans
Potentiel de réchauffement : 21 fois celui du CO2
Sources d'émission :
  • le stockage des déjections animales dans des conditions d'absence d'oxygène
  • la digestion des animaux (cela s'applique essentiellement aux ruminants, dont le rumen opère une fermentation de la nourriture ingérée)


Le protoxyde d'azote (encore appelé oxyde nitreux)

Durée de vie atmosphérique : 120 ans
Potentiel de réchauffement : 310 fois celui du CO2
Sources d'émission :
  • les réactions microbiennes entre les engrais azotés et le sol, surtout dans les sols humides
  • les réactions microbiennes entre le fumier solide et l'air libre


Le gaz carbonique

Durée de vie atmosphérique : 100 ans
Potentiel de réchauffement : 21 fois moindre que celui du méthane et 310 fois moindre celui du protoxyde d'azote
Sources d'émission :
  • la décomposition des matières organiques du sol
  • la consommation de carburants fossiles (carburant diésel, essence, propane, gaz naturel et « mazout » à chauffage) par les machines et les installations agricoles

La réduction du risque des émissions de gaz à effet de serre

Comme l'agriculture implique la gestion de processus biologiques, il va de soi que plusieurs facteurs climatiques tels que l'humidité et la température conditionnent le niveau des émissions de gaz à effet de serre. L'appréciation des résultats de telle ou telle mesure de réduction est donc délicate et sujette à caution.
Néanmoins, plusieurs pratiques agricoles actuelles offrent des bénéfices potentiels pour la réduction du risque des émissions de gaz à effet de serre :
  • améliorer les modes d'élevage, l'alimentation et la génétique des animaux en vue d'abaisser la teneur en azote des déjections, de réduire (chez les ruminants en particulier) l'émission de gaz intestinaux ou gastro-intestinaux sous forme de pets et d'éructations ou, simplement, d'augmenter leur performance zootechnique (fertilité et productivité) et d'ainsi avoir besoin de moins d'animaux pour le même produit final
  • bien stocker le fumier de manière à empêcher le plus possible la formation et la libération de gaz à effet de serre, et, dans certaines situations, récupérer le méthane à des fins énergétiques
  • optimiser l'emploi des engrais et fertilisants de sorte à éviter la perte, l'ajout ou l'excès d'azote, par exemple :
    • en appliquer la bonne dose, au bon moment et au bon endroit, en tenant compte du type de sol, des besoins réels de la plante et des conditions météo
    • utiliser des épandeurs capables de diminuer leur volatilisation dans l'atmosphère lors du chargement, du transport et de l'application
    • valoriser au maximum les engrais de ferme avant de recourir aux engrais minéraux
  • recourir à des mesures de lutte contre l'érosion et le lessivage du sol de façon à maintenir sa matière organique, par exemple :
    • faire du semis direct (sans labour) ou du travail réduit (minimal) du sol
    • implanter des plantes de couverture, ce qui évite de laisser à nu le sol avant, pendant ou après la croissance d'une culture
    • pratiquer une rotation équilibrée des cultures
  • maîtriser l'énergie à tous les niveaux :
    • faire un emploi parcimonieux des combustibles fossiles, que ce soit de façon directe (limiter les passages de la machinerie agricole par une planification précise des itinéraires techniques, bien isoler thermiquement - de l'intérieur ou de l'extérieur [parement, brise-vent naturel ou artificiel] - les bâtiments et autres lieux fermés pour réduire les besoins de chauffage, etc.) et de façon indirecte (réduire l'usage des intrants agricoles de synthèse, notamment les engrais azotés, pour lesquels le transport et la fabrication exigent beaucoup d'énergie)
  • choisir autant que possible des sources d'énergie durable ou renouvelable (vent, soleil, etc.) moins coûteuses que l'électrique ou le thermique purs :
    • la ventilation naturelle simple ou assistée (mécano-statique ou hybride) des bâtiments d'élevage, y compris la ventilation tunnel procurant un effet rafraîchissant sur les animaux en période caniculaire
    • la surventilation nocturne des bâtiments d'élevage, en saison chaude, dès que la température extérieure est inférieure à la température intérieure
    • le pompage éolien ou solaire pour les aires d'abreuvement du bétail en pâturage
    • etc.

Pour en savoir plus sur les changements climatiques, vous pouvez consulter le site Agri-Réseau.

 


 

Dernière mise à jour : le 19 juin 2009

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