Pour en savoir plus sur l'approche filière

L'approche filière est une caractéristique du secteur agroalimentaire québécois. Très peu de provinces et de pays ont adopté cette formule, considérée comme un atout pour une industrie désireuse de maintenir son rang et de conquérir de nouveaux marchés.

Historique

En 1990, le MAPAQ réunissait une vingtaine de personnes concernées directement par la production porcine afin de discuter des différentes problématiques de l'industrie. La Table de concertation de l'industrie porcine était née.

Deux ans plus tard, cette initiative était reprise lors du Sommet sur l'agriculture québécoise afin d'étendre le concept à d'autres productions.

Pour atteindre l'objectif commun, qui était alors la conquête des marchés, les principaux chefs de file de l'agroalimentaire s'engagèrent à instaurer une nouvelle dynamique de développement, que l'on a baptisée « approche filière ».

Les tables filières

Agissant comme de véritables structures de concertation, les tables filières (appelées aussi filières sectorielles) encouragent les échanges et permettent à leurs membres de mieux comprendre leur dépendance mutuelle et d'en tirer profit.

Méthode de travail unique

L'approche filière est une méthode de travail qui permet de regrouper des partenaires privés et publics autour d'une « table filière » correspondant à un secteur d'activité spécifique.

L'objectif est qu'ils puissent ensemble discuter des enjeux fondamentaux de leur secteur et déterminer les meilleures voies de développement.

Ces tables filières favorisent un resserrement du tissu économique de l'agroalimentaire québécois. En effet, elles donnent la possibilité à leurs membres de mesurer leur interdépendance et les avantages de la concertation.

  • Ce modèle québécois de concertation peut se résumer comme suit :
    réunir les acteurs majeurs de tous les maillons d'une filière autour d'une table de travail
  • leur permettre de déterminer les meilleures voies de développement
  • les amener à s'engager dans des actions concrètes pour relever le défi de la conquête des marchés

Composition des tables filières

Le succès des tables filières résulte, entre autres choses, de leur structure interne. Chaque table regroupe des représentants de la production, de la transformation et de la distribution, ainsi que des représentants des ministères et organismes concernés par le secteur d'activité visé.

Les tables filières peuvent également s'allier divers partenaires :

  • institutions financières
  • maisons d'enseignement
  • établissements de recherche
  • corporations ou associations professionnelles
  • syndicats de travailleurs d'usines de transformation

Répartition des membres

Une filière regroupe généralement de 10 à 35 membres répartis comme suit :

  • 25 % de producteurs agricoles
  • 18 % de représentants de l'industrie de la transformation et du conditionnement des aliments
  • 15 % de représentants de la distribution, de la restauration et de la commercialisation
  • 25 % de représentants des gouvernements provincial et fédéral
  • 15 % d'intervenants divers

Fonctionnement

La plupart des tables filières sont composées de 2 à 7 comités de travail appelés à traiter des problématiques spécifiques. La durée de vie de ces comités se limite à la réalisation des mandats confiés.

  • Certaines tables sont pourvues d'un comité directeur qui coordonne les activités des membres et des comités de travail.
  • Chaque table filière compte un président et un secrétaire-coordonnateur.
  • Les membres d'une table se réunissent normalement de 2 à 5 fois par année.

Le fonctionnement d'une table filière peut se résumer ainsi :

  • les membres sont les acteurs majeurs du secteur
  • un président et un secrétaire-coordonnateur gèrent les affaires courantes
  • les décisions requises par la réalisation d'actions concrètes sont prises par une structure décisionnelle composée des membres de la table
  • des comités de travail sont créés au besoin

Facteurs de succès

Les principaux facteurs qui contribuent au succès des travaux d'une table filière sont :

  • l'engagement des membres
  • le partage de l'information et du contrôle
  • la reconnaissance des compétences de chacun
  • la capacité de faire consensus quant aux priorités et aux objectifs
  • le plan de travail
  • la réalisation d'actions communes et concrètes

Vous pouvez consulter la liste des présidents et secrétaires-coordonnateurs des tables filières.

Les tables de concertation régionales

En 1995, le MAPAQ entreprenait une réflexion afin de mieux saisir tous les enjeux du développement régional. Au delà des actions des tables filières, il décida de créer des conditions propices au développement bioalimentaire en région.

La première action définie a été de faire adopter et appliquer, en concertation avec les parties concernées, un cadre de développement agricole. La seconde, de travailler au développement d'une synergie, entre les différents intervenants régionaux, qui soit propice à la mise en valeur du potentiel bioalimentaire régional.

Par la suite, le MAPAQ a encouragé la mise en place de tables de concertation régionales, appelées aussi « tables de concertation agroalimentaires du Québec (TACQ) », afin que ces actions puissent être prises en charge par les acteurs régionaux concernés.

Mission

Ces tables ont pour mission de favoriser la concertation entre les organismes et entreprises d'une région, sans égard à leur secteur d'activité.

Plus précisément, ces tables, qui sont régies par des conseils d'administration formés de représentants du secteur agroalimentaire, doivent :

  • élaborer un plan stratégique de développement du bioalimentaire pour leur région
  • promouvoir le potentiel de développement régional de ce secteur
  • organiser des projets collectifs (marchés publics, coopératives, etc.)
  • promouvoir les produits agroalimentaires régionaux et locaux
  • favoriser l'émergence de nouvelles productions agricoles et de nouvelles industries agroalimentaires

Vous pouvez consulter la liste des présidents et secrétaires-coordonnateurs des tables de concertation régionales.