Production et conservation des semences

Pour la création d’un jardin ou d’un potager, il est essentiel d’avoir des semences. Vous pouvez vous en procurer chez un artisan semencier québécois ou les produire vous-même.

Plusieurs aspects de la production et de la conservation sont à prendre en considération :

1. La planification des distances d’isolement
2. La sélection
3. La récolte
4. Le nettoyage
5. Le séchage
6. Le test de germination
7. L’entreposage
8. L’étiquetage.

Pourquoi produire ses semences?

La production de vos propres semences vous permet :

  • de cultiver les variétés de plantes que vous appréciez, même si ces semences ne sont plus disponibles sur le marché
  • de reproduire les caractéristiques que vous avez appréciées d’un plant en particulier
  • d’obtenir des plants mieux adaptés aux conditions spécifiques de votre potager grâce au processus de sélection
  • de contribuer à la conservation de la biodiversité alimentaire, car l’autoproduction favorise le maintien de variétés rares ou en voie de disparition, rarement utilisées en agriculture commerciale
  • de diminuer les frais de réalisation d’un potager
  • d’en apprendre davantage sur le cycle de vie des plantes et d’acquérir des notions de botanique et de génétique de base.

Étapes de production des semences

1. Planification des distances d’isolement

La distance d’isolement est la distance minimale devant être maintenue entre différentes variétés cultivées (cultivars) d’une même espèce. Elle permet :

  • d’éviter une pollinisation croisée
  • d’assurer la pureté des semences pour qu’elles produisent des fruits ayant les mêmes caractéristiques d’année en année.

Important : Pour conserver la pureté génétique du cultivar à travers ses semences, il faut éviter que la partie femelle de la fleur soit fertilisée par le pollen d’un autre cultivar de la même espèce.

Plusieurs plantes potagères ont des fleurs fermées qui s’autofécondent; on dit que ce sont des plantes autogames. Ces fleurs possèdent des organes mâles et femelles et la pollinisation se produit à l’intérieur même des fleurs. Elles nécessitent donc une faible distance d’isolement.

Pour les petits jardins urbains, privilégiez :

  • les tomates
  • les haricots
  • les laitues.

Voici les distances d’isolement recommandées, dans un contexte non professionnel, de quelques plantes autogames :

 Espèces Distance d’isolement 
Haricots (majorité des variétés) 3 mètres 
Tomates (variétés communes) 5 mètres
Tomates (variétés anciennes) 15 mètres
Laitue (majorité des variétés) 3 mètres

Inversement, certaines plantes nécessitent de plus grandes distances d’isolement puisqu’elles doivent être fécondées par le pollen apporté des insectes. Ces distances sont rarement atteignables dans un potager urbain .

À éviter :

  • les aubergines
  • les concombres
  • les courges.

La production des semences de légumes bisannuels (carottes, navets, betteraves, etc.) requiert des étapes supplémentaires. En effet, la récolte de ces semences se fait sur le plant lors de la deuxième année de culture.

  • La production de semences à partir de bisannuels est recommandée pour les jardiniers plus expérimentés.

2. Sélection

La sélection est le moment où vous faites le choix des plantes et des fruits destinés à la production des semences. Les graines choisies seront issues des plantes présentant les caractéristiques que vous désirez maintenir et reproduire.

La sélection peut se baser sur différents critères :

  • la taille des fruits
  • leur couleur
  • leur saveur
  • la précocité de la maturation
  • la résistance à la chaleur ou à la sécheresse.

Truc et astuce : Pour éviter la contamination et favoriser la résistance de vos plantes aux maladies et aux parasites, ne récoltez les semences que sur les plants sains. Éliminez les plants malades.

3. Récolte

Il est important de récolter les semences au moment où celles-ci sont à maturité, soit après qu’elles aient été suffisamment longtemps « nourries » par le fruit ou par la plante. Des semences cueillies trop tôt n’auront pas accumulé suffisamment de réserves nutritives pour survivre.

  • Dans certains cas, la maturité des semences survient au moment où le fruit est prêt à être consommé (exemple : la tomate).
  • Dans d’autres cas, il faut laisser le fruit sur le plant pour une plus longue durée (exemple : la laitue).
  • Pour certaines plantes, la semence doit mûrir dans le fruit après la cueillette (exemple : la courge).

Truc et astuce : Les semences d’un même plant ou d’une même variété ne seront pas toutes prêtes en même temps. Il est suggéré de les récolter au fur et à mesure de leur maturation.

4. Nettoyage

L’étape du nettoyage réfère à l’extraction de la semence de la gousse, du fruit ou de la capsule de graine. La technique employée variera d’une espèce à l’autre.

  • Haricots : Attendez que la gousse soit bien sèche et écrasez-la délicatement à la main. Séparez ensuite les semences et les résidus de la gousse manuellement ou à l’aide d’un ventilateur.
  • Graines de laitue : Elles peuvent être extraites de leur capsule par friction. Employez ensuite un ventilateur ou un tamis pour séparer les graines des résidus.
  • Graines de tomates : Coupez le fruit et retirez les graines à l’aide d’une cuillère. Laissez ensuite fermenter les graines dans un pot, avec un peu d’eau, pendant 3 à 5 jours à température ambiante. Cette fermentation permet de dissoudre la pulpe gélatineuse qui enveloppe chaque graine et l’empêche de germer.

5. Séchage

Il est important de s’assurer que les semences sont bien sèches pour éviter qu’elles ne germent ou moisissent lors de l’entreposage.

Comment faire?

  1. Étendez les graines sur un plateau, une assiette ou toute autre surface plate.
  2. Placez les graines dans un environnement sec, à l’abri du soleil.

Trucs et astuces :

  • L’utilisation d’un ventilateur peut aider à obtenir un séchage plus rapide et uniforme.
  • Certaines graines, comme celles de la laitue et du haricot, sont sèches au moment du nettoyage et ne nécessitent pas de temps de séchage supplémentaire.

6. Test de germination

Le test de germination permet de déterminer si les semences sont vivantes.

Comment faire?
1. Semez 20 à 30 graines dans un terreau semi-humide.
2. Comptez le nombre de semences qui germent.

Les lots de semences ayant un taux de germination excédant les 80 % devraient pouvoir survivre quelques années, si elles sont entreposées correctement.

7. Entreposage

L’entreposage des semences doit se faire dans un endroit :

  • frais
  • sec
  • à l’abri de la lumière 
  • à température ambiante, au réfrigérateur ou au congélateur.

L’utilisation de pots en verre hermétiques est recommandée (surtout pour l’entreposage au réfrigérateur ou au congélateur), de façon à limiter le plus possible l’exposition des semences à l’humidité.

8. Étiquetage

Pour faciliter le suivi de vos stocks, l’étiquetage des semences est important.

Renseignements à inscrire sur vos contenants :

  • variété
  • année de récolte
  • taux de germination
  • caractéristiques sélectionnées.

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Dernière mise à jour : 2017-06-05

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