Santé des sols au potager

Le sol est le réservoir nutritif du potager :

  • les plantes y puisent l’eau et les sels minéraux qui leur permettent de se nourrir
  • il est composé de microorganismes qui s’activent à décomposer la matière organique afin de rendre disponibles les éléments nutritifs pour les plantes.

Pour entretenir le sol de votre potager, il est important de prendre en considération :

Particularités du sol urbain

Le sol urbain est souvent fortement perturbé par l’urbanisation. Il a donc perdu les caractéristiques d’un sol « naturel ». Il est généralement compacté, ce qui gêne l’implantation et la croissance des plantes :

  • l’eau et les racines ne peuvent pénétrer convenablement la terre
  • le sol se réchauffe plus lentement au printemps
  • le rendement des plants est inférieur à la normale.

Il faut donc améliorer les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol pour permettre une meilleure croissance des plantes au potager.

Trucs et astuces : On peut contourner ces problèmes en mettant en place un potager surélevé. Il s’agit d’élever les cultures au-dessus du niveau sol avec de la terre à jardin et du compost.

Les avantages :

  • permet de diminuer l’espace entre les plants, car vous ne marcherez plus dans le potager
  • assure un meilleur drainage du sol
  • améliore la qualité de la terre et la rend plus fertile
  • permet une bonne récolte dès la première année.

Analyse du sol

Une analyse du sol de votre potager permet de :

  • donner de nombreuses indications sur sa qualité
  • avoir éventuellement de meilleures récoltes, en corrigeant les problèmes trouvés.

Les analyses de sol vous renseignent sur : 

  • son acidité (pH)
  • sa teneur en matière organique
  • sa teneur en réserve nutritive.

Important : Idéalement, le prélèvement de sol s’effectue à l’automne, lorsque la végétation n’est pas en croissance active et que les amendements ajoutés dans l’année ont pu pénétrer le sol. Au printemps suivant, le sol aura retrouvé son équilibre pour plusieurs années.

Comment effectuer un prélèvement pour l’analyse de sol?

  1. Lavez bien votre truelle de jardin et rincez-la de manière à éliminer toute trace de savon.
  2. Insérez la truelle et prélevez un peu de terre à une profondeur équivalente à la zone racinaire de la plante cultivée (environ 15 à 30 cm).
  3. Versez cet échantillon dans un sac ou un contenant propres.
  4. Prenez d’autres échantillons à différents endroits du même potager. On recommande de faire 6 prélèvements (plus pour un très grand jardin), pour obtenir un portrait global du secteur.
  5. Versez aussi ces échantillons dans votre contenant.
  6. Avec des gants propres, enlevez les pierres, les bouts de bois ou d’herbes, etc.
  7. Mélangez bien la terre recueillie. Pour les besoins de l’analyse, conservez environ 250 ml (1 tasse) de ce mélange.
  8. Identifiez bien le sac ou le contenant et précisez les cultures auxquelles est destiné le carré de terre analysé.

Important : Le sol de votre potager est différent de celui de votre plate-bande de fleurs. Des analyses différentes, pour chaque secteur cultivé de votre terrain, sont nécessaires pour connaître les caractéristiques vos sols et les besoins de vos cultures.

Granulométrie

Photo montrant la texture d'un échantillon de terre.

Photo : iStock.

La granulométrie permet d’identifier la texture du sol. Il existe trois grands éléments qui vont en influencer la texture et le catégoriser :

  • les sables
  • les limons
  • les argiles.

Sol sablonneux

Les caractéristiques d’un sol sablonneux :

  • léger
  • facile à travailler 
  • se réchauffe rapidement au printemps
  • retient mal l’eau
  • emmagasine peu les éléments nutritifs
  • donne de mauvais rendements
  • permet une récolte hâtive.

Trucs et astuces : Pour corriger la situation, il faut ajouter au sol sablonneux de la matière organique telle que de la tourbe de sphaigne, du compost ou de la paille.

Sol argileux

Les caractéristiques d’un sol argileux :

  • retient bien l’eau et les éléments nutritifs
  • riche en éléments nutritifs 
  • a tendance à se compacter 
  • lourd à travailler 
  • idéal pour le potager 
  • donne de très hauts rendements
  • permet une récolte tardive.

Trucs et astuces :

  • Pour un bon drainage, le sol argileux doit être aéré et les mottes cassées.
  • L’ajout de sable grossier et de tourbe de sphaigne permet d’améliorer sa structure physique à court terme.
  • L’ajout de compost ou de fumier permet au sol de devenir plus grumeleux et aéré et de maintenir une belle structure à long terme.
  • L’utilisation d’une fourche écologique (parfois appelée « grelinette ») permet d’aérer le sol.

Sol loameux (ou limoneux)

Les caractéristiques d’un sol loameux :

  • intermédiaire entre le sol sablonneux et le sol argileux 
  • équilibré : on y retrouve les trois textures de sols.

Truc et astuce : Le sol loameux est un compromis entre le sol sablonneux, qui donne de moins bons rendements, mais permet des récoltes hâtives, et le sol argileux, qui offre de très hauts rendements et des récoltes tardives.

Teneur en minéraux et en oligoéléments

Le résultat des analyses de sol en laboratoire ou l’observation de certains signes sur vos plantes permet de cerner les teneurs en minéraux et en oligoéléments de votre sol.

Les plantes n’ont pas tous les mêmes besoins en matière de nutriments. Elles peuvent :

  • être très exigeantes en produits azotés ou potassiques
  • ne nécessiter que très peu d’apports en minéraux et oligo-éléments.

Trucs et astuces :

  • Pour enrichir un sol pauvre en nutriments, ajoutez une couche de 2 centimètres de compost, incorporée dans les 5 à 10 premiers centimètres du sol.
  • Pour les plantes exigeantes en compost, incorporez, en plus des 2 centimètres de compost, du compost jeune à la base des plants.

Acidité du sol

Vous pouvez connaître la teneur en pH de votre sol :

  • par une analyse en laboratoire
  • par diverses méthodes empiriques, à la maison.

Un pH se situant entre 6 et 6,5 est, dans la majorité des cas, acceptable pour la croissance des plantes. Toutefois, certaines cultures préfèrent un sol plus acide ou plus alcalin.

Privilégiez un sol acide pour :

  • les pommes de terre
  • les fraises
  • les bleuets
  • les azalées
  • les rhododendrons.

Privilégiez un sol alcalin pour :

  • les choux
  • la luzerne
  • le romarin
  • le thym
  • les clématites.

Voici trois tests qui vous permettront de connaître l’acidité de votre sol :

  1. Avec du papier de tournesol
    Prélevez deux cuillères à soupe de terre à 20 à 30 centimètres de profondeur et ajoutez-y de l’eau déminéralisée. Trempez un morceau de papier de tournesol dans le mélange. S’il prend une teinte rouge, c’est signe que le sol est acide. S’il tourne plutôt au bleu, cela indique qu’il est alcalin.
  2. Avec du bicarbonate et du vinaigre
    Prélevez un peu de terre à 20 à 30 centimètres de profondeur. Mélangez la moitié de la terre prélevée avec de l’eau et saupoudrez le mélange avec du bicarbonate de soude. Si des « bulles » apparaissent, votre sol est acide. Mélangez l’autre moitié de la terre avec du vinaigre. Si des « bulles » apparaissent, votre sol est alcalin.
  3. Avec du chou rouge
    Faites bouillir du chou rouge émincé dans un récipient d’eau. Une fois que l’eau aura pris la teinte du chou rouge, versez-y un échantillon de terre. Si l’eau devient rose, votre sol est acide. Au contraire, si l’eau vire au bleu vert, il est alcalin. Si sa couleur ne change pas, votre sol est neutre.

Trucs et astuces :

  • Pour corriger un sol trop acide (pH inférieur à 7), utilisez des amendements à base de chaux.
    • Faites attention, car l’ajout d’une quantité trop importante de chaux peut être nocif pour le sol, les plantes et les microorganismes qui y vivent.
  • Pour corriger un sol trop alcalin (pH supérieur à 7,0), utilisez des amendements à base de micro-soufre.
    • Faites attention, car un excès de soufre causera des problèmes à votre culture.

La vie biologique du sol

La présence d’organismes vivants dans le sol est un signe de bonne santé.

Ils sont essentiels à :

  • la croissance des plantes
  • la dégradation de certains polluants
  • la résistance des plantes aux parasites et aux envahisseurs.

Photo d'un ver de terre.

Photo : iStock.

Chaque organisme occupe une place spécifique dans l’écosystème du sol.

  • La macrofaune (vers de terre, nématodes, cloportes, mille-pattes, acariens)
    • décompose la matière organique
    •  produit des éléments minéraux et des oligo-éléments qui nourrissent les plantes. 
  • Les microorganismes (bactéries et champignons)
    • facilitent l’assimilation des minéraux 
    • rendent les plantes moins sensibles aux attaques de parasites ou aux maladies.

Important :
Le travail intensif du sol et l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques (désherbants, fongicides ou insecticides) sont à éviter, car ils bouleversent l’écosystème et l’équilibre du jardin.

Voir aussi

L’importance de la santé des sols au potager (PDF, 1,33 Mo)

Pour en savoir plus

 
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Dernière mise à jour : 2017-06-16

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