Maladie hémorragique du lapin

La maladie hémorragique du lapin (MHL) est une maladie du foie mortelle. Elle est causée par un virus de la famille des Caliciviridae qui atteint le lapin européen, soit l’espèce dont sont issus tous les lapins domestiques.

Effets chez les lapins

La maladie est très contagieuse. La mortalité varie selon le type de virus en cause. Il en existe deux principaux : 

  • celui à l'origine de la forme « classique » de la MHL 
  • celui de type 2 à l'origine d’une forme plus récente de la maladie.

Aucune autre espèce animale n’a été reconnue comme sensible au virus classique. Quant au virus de type 2, il peut provoquer une maladie semblable à la MHL chez deux espèces de lièvres en Europe.

La forme classique se manifeste souvent de façon très aiguë après une période d’incubation variant d’un à trois jours. Les signes cliniques observés sont les suivants : 

  • de la fièvre (plus de 40 °C) 
  • une perte d’appétit, de la faiblesse 
  • une mort subite de 12 à 36 heures après l’apparition des premiers signes (taux de mortalité de 70 à 90 %) 
  • des écoulements oculaires, parfois hémorragiques 
  • un saignement nasal 
  • des signes neurologiques et respiratoires
  • une jaunisse observable aux oreilles, aux yeux et sur les muqueuses.

Des signes cliniques similaires peuvent se présenter pour ce qui est de la maladie causée par le virus de type 2. Toutefois, la durée de cette dernière est habituellement plus longue (de 3 à 5 jours) et le taux de mortalité varie de 5 à 70 %.

Chez les lapins âgés entre six et huit semaines, l'infection par le virus de la forme classique n'entraîne souvent pas de signes cliniques. Quant au virus de type 2, il peut provoquer des signes cliniques et de la mortalité chez des lapereaux aussi jeunes que de 15 à 20 jours d’âge.

Contamination

La maladie se propage rapidement. Elle peut se transmettre de façon directe ou indirecte. Le virus est susceptible d'être retrouvé : 

  • dans la salive 
  • dans les urines 
  • dans les fèces 
  • dans les sécrétions respiratoires 
  • dans la carcasse d’un animal décédé.

Le pelage d’un animal contaminé peut également être porteur du virus.

Les lapins peuvent se contaminer entre eux par les muqueuses de la bouche, du nez et des yeux. La litière, les aliments et l’eau contaminés peuvent être une source d’infection. Les humains, les animaux sauvages et les insectes sont aussi susceptibles de transporter le virus sans en être infectés.

Le virus pourrait survivre de plusieurs semaines à plusieurs mois dans l’environnement. 

Prévention

Aucun vaccin n’est actuellement disponible au Canada pour la prévention ou la maîtrise de cette maladie.

Des mesures de biosécurité contribuant à prévenir toutes les maladies infectieuses et à contrer le risque de leur propagation doivent être appliquées :

  • Introduire uniquement de nouveaux lapins dont la condition sanitaire et la provenance sont connues. 
  • Isoler pendant au moins deux semaines les lapins nouvellement introduits dans l'élevage et ceux qui reviennent d’un rassemblement. 
  • Surveiller quotidiennement l’apparition de signes de maladie. 
  • Au moment de donner des soins, porter des bottes ou des chaussures lavables ainsi que des vêtements propres. Avant et après avoir soigné les animaux, se laver les mains, nettoyer les bottes ou les chaussures et changer de vêtements. Veiller à ce que toutes les personnes qui entrent en contact avec les lapins suivent également ces mesures. 
  • Ne pas utiliser le même matériel pour la manipulation du fumier ou des aliments destinés aux animaux.
  • Nettoyer et désinfecter régulièrement les lieux, les bâtiments et le matériel. 
  • Ne pas partager de matériel avec d’autres propriétaires d’animaux.
  • Gérer la circulation humaine en interdisant l'accès à l'élevage des personnes non autorisées et de toute personne ayant pu avoir des contacts avec d’autres lapins.
  • Nettoyer et désinfecter les véhicules et le matériel avant leur entrée dans la ferme. La propreté est aussi essentielle au cours des déplacements (meunerie, abattoir, etc.). 
  • Empêcher tout contact des lapins, de leurs aliments et de leur litière avec des animaux domestiques et sauvages. Maîtriser la vermine et les insectes. 
  • Éliminer sans délai et de façon adéquate les carcasses des lapins morts. 
  • Éviter les contacts avec des élevages commerciaux (ex. : visite, prêt de matériel). 
  • Tenir un registre où sont consignés les renseignements des fournisseurs et des acheteurs de lapins de même que leurs coordonnées complètes.

Surveillance et réglementation

Mis à part quelques cas, la maladie est absente du Canada et des États-Unis. Elle est considérée comme une maladie animale exotique au pays et elle est catégorisée par les autorités fédérales comme une maladie à notification immédiate.

Au Québec, elle est une maladie désignée d'après le Règlement sur la désignation des maladies contagieuses ou parasitaires, des agents infectieux et des syndromes.

En présence de mortalités élevées et subites ou de signes cliniques compatibles avec la MHL, il est important : 

  • d'isoler immédiatement du reste de l’élevage les lapins présentant des signes de maladie
  • d'aviser le médecin vétérinaire praticien qui connaît l’élevage, le cas échéant 
  • de communiquer avec le Ministère au 1 844 ANIMAUX
  • d'avertir toutes les personnes qui ont un rapport direct avec le lieu de l’élevage ou de la production ainsi que les fournisseurs de service
  • de s'en tenir aux visites essentielles des intervenants (aucun visiteur ni aucun lapin ne doivent entrer ou sortir de l’élevage) 
  • d'éviter de participer à des rassemblements d’animaux quand la maladie est présente dans la province où se tient l'activité.

Voir aussi

 
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Dernière mise à jour : 2017-02-09

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