Petit coléoptère de la ruche (Æthina tumida)

Æthina tumida est un insecte de la famille des coléoptères originaire d'Afrique du Sud. C'est un insecte ravageur qui peut causer d'importants dommages dans les colonies d’abeilles mellifères. De lourdes pertes de miel peuvent alors survenir dans les mielleries.

L’infestation par Æthina tumida est une maladie à notification immédiate, selon la réglementation de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Sa présence doit être déclarée sans délai aux autorités sanitaires fédérales.

De plus, le petit coléoptère est désigné comme une maladie parasitaire en vertu du Règlement sur la désignation de maladies contagieuses ou parasitaires, agents infectieux ou syndromes affectant les abeilles. Tout propriétaire d’abeilles a l’obligation d’informer le médecin vétérinaire du MAPAQ responsable du secteur de la santé des abeilles (PDF, 215 ko) de sa région de la découverte ou d’une suspicion de la présence du petit coléoptère de la ruche dans ses colonies.

Description de l'insecte

Le petit coléoptère de la ruche a été observé dans une zone restreinte du sud-ouest du Québec. Cet insecte mesure le tiers de la taille d'une abeille. Il vit dans la ruche aux stades larvaire et adulte.

Les adultes se nourrissent de pollen, de miel et d'œufs d'abeilles. La femelle pond des œufs qu'elle dépose dans la ruche et les larves s'y développent.

Les femelles peuvent pondre 1 000 œufs au cours de leur vie. La dispersion d’Æthina tumida peut être favorisée par le déplacement des colonies ou du matériel apicole. Cependant, ce ravageur peut également voler sur de grandes distances (au-delà de 10 kilomètres) et étendre son aire de dispersion. Les adultes voyagent aussi avec des essaims d’abeilles.

Dommages causés dans la ruche

Æthina tumida peut causer de nombreux dommages dans la ruche :

  • Les larves creusent des tunnels dans les cadres de miel et de pollen ce qui provoque l’écoulement du miel à l’extérieur de ces cadres.
  • Le miel fermente (et dégage une odeur d’orange pourrie) à cause des excréments des larves qui contaminent les rayons de miel.
  • Les abeilles finissent par abandonner la ruche qui est gravement touchée, ce qui permet au coléoptère de se propager librement et très rapidement vu l’abondance de ressources à sa disposition.

L’effet nuisible d’Æthina tumida dans la colonie se manifeste principalement au stade larvaire de l’insecte. Les ruches où les abeilles sont peu nombreuses sont plus à risque d'être infestées.

Surveillance et inspection

Les apiculteurs doivent inspecter régulièrement leurs ruches et porter attention à celles qui semblent affaiblies. Une ruche est considérée comme faible quand le nombre d’abeilles est insuffisant pour couvrir tous les cadres de couvain et de nourriture. Les nucléis (nouveaux essaims) ainsi que les ruchettes d’élevage de reines représentent des cibles de prédilection.

Le coléoptère adulte a tendance à se nicher dans les endroits sombres de la ruche (il fuit la lumière), peu accessibles ou peu fréquentés par les abeilles. On le verra donc surtout : 

  • à l’arrière du plancher de la ruche
  • sur le dessus des cadres ou sous l’entre-couvercle
  • sur la surface ou aux extrémités des cadres de rive peu fréquentés par les abeilles
  • entre le couvercle et l’entre-couvercle
  • dans les recoins ou les anfractuosités de la ruche.

Prévention et traitement

Pour la miellerie

  • Garder la miellerie propre. Extraire rapidement les hausses à miel et ne pas les laisser plus de deux ou trois jours dans une salle chaude.
  • Assurer une bonne ventilation et maintenir un taux d’humidité inférieur à 50 % dans le local où sont entreposées les hausses à miel, avant l’extraction du miel, de même que dans les lieux où seront déposés les cadres et d’autre matériel, une fois l’extraction terminée.
  • Récupérer la cire d’opercule rapidement.
  • Congeler les cadres à –12 °C pendant 24 heures ou les garder dans une chambre froide (à une température de 1 à 9 °C) pendant 8 jours de façon à détruire les adultes et les larves.
  • Placer une lampe fluorescente sur le plancher de la miellerie pour attirer les larves qui pourront alors être détruites.

Pour les colonies et le rucher

  • Maintenir les colonies fortes et en santé.
  • Utiliser du matériel en bonne condition.
  • Se défaire rapidement des colonies mortes et ne laisser, dans le rucher, aucun matériel apicole inutilisé.
  • Éviter, lorsqu’un rucher est infesté, de placer des hausses vides sur des ruches peuplées de colonies insuffisamment développées, de tenter de renforcer une colonie faible en la joignant à une plus forte, de constituer des nucléis trop faibles ou d’échanger des cadres entre les ruches.
  • Ne pas placer les ruches sur des sols sablonneux où les larves peuvent aisément s’enfouir pour achever leur développement.

Un seul pesticide est présentement homologué au Canada pour le dépistage et la suppression de ce ravageur : CheckMite+® (coumaphos). Ce produit ne peut garantir l’éradication de l’insecte dans les colonies, mais assure un bon contrôle des populations d’Æthina tumida. L’apiculteur doit donc rester vigilant.

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Dernière mise à jour : 2017-06-28

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