Paratuberculose

La paratuberculose, aussi appelée « maladie de Johne », est une maladie contagieuse et fatale touchant principalement les ruminants domestiques (bovins, ovins et caprins) et sauvages. Elle est causée par une bactérie (Mycobacterium avium ssp paratuberculosis).  

Effets chez les bovins

La période d'incubation de la bactérie, soit le délai entre le moment où l'animal est contaminé et l'apparition des symptômes, varie entre 2 et 6 ans. Les animaux qui développent la maladie ont souvent plus de 5 ans, mais ont été infectés tôt dans leur vie (avant l'âge de 9 mois). En vieillissant, les animaux présentent une certaine résistance à l'infection.

La bactérie se niche dans le petit intestin et cause des lésions qui nuisent au processus normal d'absorption. L'animal ne présente pas de fièvre et continue d'avoir un appétit normal. Les symptômes observés sont :

  • diarrhée, d'abord intermittente et par la suite chronique
  • amaigrissement progressif
  • faiblesse
  • baisse de la production laitière.

Les animaux infectés sont moins productifs, même lorsqu'ils ne montrent pas de symptômes. Les principales conséquences sont :

  • une baisse de la production laitière (perte de 500 à 1 300 kilogrammes du point de vue de la lactation, selon l'âge de la vache)
  • une baisse de la valeur de la carcasse (perte de 20 à 30 %)
  • une limite potentielle quant au commerce d'animaux et à l'exportation.

Contamination

Il y a une longue période sans symptômes correspondant aux phases silencieuse et subclinique. Cette dernière phase est dangereuse pour le troupeau, car l'animal infecté excrète la bactérie bien qu'il ne semble pas malade. Celle-ci peut survivre plusieurs mois dans l'environnement, sans toutefois s'y multiplier. Elle est résistante au froid, à la chaleur et à la désinfection.

La contamination des animaux se produit principalement à la suite de l'ingestion de la bactérie. Puisque celle-ci se multiplie dans le petit intestin, on la trouve dans les excréments des animaux infectés (même de ceux qui ne montrent pas de symptômes). La bactérie contamine ainsi les aliments et l'environnement.

Le colostrum et le lait d'un animal contaminé sont aussi des sources potentielles de la maladie. Plus la maladie progresse, plus le nombre de bactéries présentes dans le lait et les excréments est élevé.

La contamination peut s'étendre à un troupeau en entier à la suite de l'acquisition d'un animal qui excrète la bactérie, mais qui ne présente pas de symptômes. Le partage de matériel et de pâturages contaminés par des excréments d'animaux infectés peut également entraîner la contamination des animaux sensibles d'un troupeau non infecté.

Prévention et traitement

La paratuberculose est une maladie chronique qui doit être traitée tant comme un problème de troupeau que comme un problème individuel.

Il n'existe pas de traitement et aucun vaccin n'est efficace pour éviter l'infection d'un animal. Le producteur soucieux de contrôler cette maladie doit mettre en place des mesures préventives qui, à long terme, vont permettre de diminuer le nombre d'animaux infectés. Il y a aussi de grands avantages à éliminer les animaux atteints et à ne pas tenter de prolonger leur présence dans le troupeau, car ils sont d'importants excréteurs de la bactérie.

Il est donc recommandé :

  • de consulter un médecin vétérinaire afin de reconnaître les facteurs de risque associés au troupeau
  • de mettre en œuvre un plan afin de maîtriser ces facteurs de risque et de suivre l'évolution de la maladie dans l'élevage
  • d'assurer un suivi rigoureux et d'appliquer, de façon constante, de bonnes pratiques de gestion.

La communauté scientifique cherche encore à établir l'existence d'un lien possible entre la maladie de Crohn (maladie de l'intestin) chez l'humain et la paratuberculose. Malgré la multitude d'études effectuées jusqu'à aujourd'hui, celles-ci ne permettent pas de conclure que la bactérie peut causer la maladie de Crohn.

Surveillance et inspection

Plusieurs procédés de laboratoire peuvent être mis à profit pour confirmer une contamination. Le diagnostic en laboratoire aux premiers stades de la maladie (avant l'apparition des symptômes) se révèle cependant plus difficile.

Voici quelques mesures de surveillance possibles :

  • tenter de mettre en évidence la bactérie au moyen d'un échantillon de fumier
  • vérifier la présence d'anticorps dans le sang ou dans le lait
  • rechercher des lésions sur les animaux morts (à l'aide d'une autopsie ou à l'abattoir).
 
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Dernière mise à jour : 2017-07-27

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