Démystifier les circuits courts de commercialisation

Alexis Cadieux-Gagnon
Conseiller en transformation alimentaire et en mise en marché
Direction régionale de l’Estrie, MAPAQ
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On entend de plus en plus parler des circuits courts de commercialisation. Mais qu’est-ce que c’est réellement? Et surtout, qu’est-ce qui motive le consommateur et le producteur à utiliser les circuits courts pour acheter ou vendre des produits agroalimentaires? On est en présence d’un circuit court lorsqu’il y a « tout au plus un intermédiaire dans la distribution entre l’entreprise de production ou de transformation et le consommateur ou la consommatrice[1] ». Il existe deux types de circuits courts, soit la vente directe et la vente indirecte.

La vente directe, c’est quand vous achetez directement du producteur. Par exemple, si vous visitez un marché public ou encore un kiosque directement à la ferme ou sur le bord de la route, vous contribuez à la vente directe. Au Québec, les activités favorisant ce type de commerce prennent de l’importance depuis quelques années. C’est le cas de l’agrotourisme, de l’autocueillette ou encore de l’agriculture soutenue par la communauté (ASC).

À l’opposé, la vente indirecte consiste à vendre un produit du producteur au consommateur en passant par un intermédiaire. C’est le cas notamment lorsque les produits sont vendus dans des hôtels, des restaurants et institutions, des boutiques spécialisées, des marchés de solidarité ou même chez des détaillants alimentaires. Ce type de commercialisation implique habituellement une réglementation plus spécifique que la vente directe et des installations plus importantes.

Pourquoi utiliser les circuits courts?

Pour les producteurs, l’une des principales motivations est l’amélioration de la situation financière de leur entreprise. En vendant directement leurs produits aux consommateurs, les producteurs récupèrent les marges normalement perçues par les intermédiaires. De plus, pour certaines entreprises, c’est l’occasion de diversifier leurs canaux de commercialisation afin de diminuer le risque financier. Ça peut même rendre possible l’établissement d’une relève. Toutefois, en passant par les circuits courts, le producteur a aussi moins de temps pour ses activités d’opération, car il doit remplir les fonctions des intermédiaires. Par exemple, puisqu’il doit faire affaire avec plusieurs clients, le temps investi à la prise de commandes et à la facturation augmente. Il doit aussi composer avec un bassin de consommation plus restreint, ce qui fait en sorte qu’il doit innover sa façon de faire et ses produits afin d’attirer le plus de clients possible.

Et pour vous, consommateurs! Quelles sont les principales motivations qui justifient l’utilisation d’un circuit court pour acheter vos produits? Probablement le contact avec les producteurs ou encore la fraîcheur et le goût des produits. Ça peut aussi être pour des raisons éthiques, soit en consommant localement et en soutenant les entreprises de votre région.

En croisant les attentes des producteurs et des consommateurs, il est possible de voir que tout le monde y trouve son compte et que les circuits courts ont leur place dans le système agroalimentaire québécois. Cependant, il va sans dire que ce n’est pas la solution miracle à tous les problèmes de commercialisation. Ça ne remplacera probablement jamais non plus les circuits traditionnels. Mais pourquoi ne pas les voir plutôt comme étant complémentaires?


[1] Définition du groupe consultatif sur la diversification et le développement des circuits courts de commercialisation

 
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Dernière mise à jour : 2012-12-13

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