Encéphalomyélite équine de l'Est et virus du Nil occidental

L'encéphalomyélite équine de l'Est (EEE) et le virus du Nil occidental (VNO) sont des arboviroses, des maladies virales causées par des arbovirus (arthropod-borne virus). Les arboviroses se transmettent par divers arthropodes comme les moustiques, les mouches piqueuses et les tiques. En règle générale, ces maladies se manifestent chez les animaux sensibles (particulièrement le cheval) et provoquent notamment une modification du comportement, de la fièvre, un manque de coordination, la paralysie et la mort. 

Situation actuelle au Québec

En 2008, le Québec a connu une éclosion sans précédent d'EEE. Dix-neuf chevaux et un troupeau d'émeus, dans quatre régions administratives, ont été affectés par cette maladie. Un seul cheval a survécu. Trois cas de VNO ont également été diagnostiqués en Montérégie chez des chevaux. En 2009, six chevaux atteints par l'EEE et trois chevaux atteints par le VNO ont été rapportés au MAPAQ et tous sont décédés. En 2010, des chevaux infectés par le virus de l'EEE ont été diagnostiqués dans la région de Lanaudière dès la fin du mois de juillet, soit plus d'un mois plus tôt que les cas de 2009 et de 2008. En 2012, plusieurs chevaux atteints de VNO ont été rapportés incluant une région n'ayant jamais signalé de cas précédemment, l'Abitibi-Témiscamingue . Le fait qu'aucun cas de VNO ou d'EEE n'ait été rapporté certaines années ne signifie pas que le risque est diminué. La vaccination des chevaux peut être associée à cette diminution. Il se peut également que les cas ne soient pas systématiquement signalés. 

Il est donc fortement conseillé d'appliquer chaque année les recommandations figurant dans la section sur la prévention et de signaler tout cas suspect à un médecin vétérinaire afin de nous permettre de bien surveiller ces maladies.

Les tableaux suivants indiquent le nombre de cas par région et par année :

Virus du Nil occidental (VNO)

Nombre de chevaux infectés par le virus du VNO qui ont été signalés au MAPAQ depuis 2008 (Dernière mise à jour : 29 octobre 2012) 

Région administrative  2012  2011 2010 2009 2008
Abitibi-Témiscamingue  0 0 0 0
Centre-du-Québec  1  1 0 0 0
Chaudière-Appalaches  0  1 0 0 0
Estrie 0  0 0 0 0
Lanaudière  4  2 0 2 0
Montérégie  7  4 0 1 3
Laurentides  5  1 0 0 0
Total pour la province  20  9 0 3 3

  

 Carte de VNO chez les chevaux en 2012 

 Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
 

Encéphalomyélite équine de l'Est (EEE)

Nombre de chevaux infectés par le virus de l'EEE qui ont été signalés au MAPAQ depuis 2008 (Dernière mise à jour : 29 octobre 2012)

Région administrative 2012 2011 2010 2009 2008
Abitibi-Témiscamingue 0 0 0 0 0
Centre-du-Québec 0 0 0 0 6
Chaudière-Appalaches 0 0 0 0 0
Estrie 0 0 0 0 4
Lanaudière 0 0 13* 7 5*
Montérégie 0 0 0 3 4
Laurentides 0 0 1 0 0
Total pour la province 0 0 14 10 19

* Un troupeau d'émeus a également été trouvé positif à l'EEE dans cette région.

Maladie chez les chevaux 

Chez les chevaux, l'EEE se manifeste normalement en deux phases. Fébrile, la première phase débute de 18 à 24 heures après la transmission par le vecteur et dure environ 24 heures. La deuxième phase commence de quatre à six jours après l'infection et dure de un à quatre jours. Elle s'accompagne de signes nerveux. L'animal demeure dans un état de prostration, les membres écartés, la tête près du sol et les lèvres pendantes. Il peut aussi présenter de l'incoordination, un comportement erratique, du tournis, de la cécité et des convulsions. De 75 à 90 % des chevaux qui développent ces signes cliniques meurent après trois ou cinq jours et les séquelles cérébrales sont fréquentes chez les quelques survivants.

Les chevaux atteints du VNO peuvent présenter de l'ataxie, du tournis, une tête penchée, une paralysie partielle, de la faiblesse, des tremblements musculaires, un décubitus, de l'anorexie et, plus rarement, de la fièvre. Environ le tiers des chevaux qui montrent les signes de la maladie meurent ou doivent être euthanasiés.

Il est important de rappeler que ces symptômes peuvent aussi être associés à des maladies à déclaration obligatoire, comme la rage. Par conséquent, tout cas suspect doit être signalé à votre médecin vétérinaire praticien ou à l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Prévention

La prévention passe en général par la vaccination et la protection des chevaux contre les moustiques. Compte tenu des cas observés depuis 2008, de la présence des moustiques vecteurs et des oiseaux qui agissent comme réservoir au Québec, il est fortement recommandé de vacciner les chevaux du Québec contre l'EEE et le VNO, surtout dans les régions où des cas ont été signalés.

La vaccination (y compris la dose de rappel s'il s'agit d'une première vaccination) doit idéalement être donnée avant la période à risque, qui débute d'ordinaire en juillet. Le cheval a ainsi le temps de développer les anticorps qui le protègeront. Le médecin vétérinaire praticien demeure le meilleur conseiller à ce sujet.

Mesures visant à protéger les chevaux des moustiques :

  • Assécher les plans d'eau stagnants sur le terrain, qui sont des lieux privilégiés pour la reproduction des moustiques.
  • Bien nettoyer et désinfecter les auges chaque semaine afin d'empêcher la multiplication des moustiques.
  • Garder l'animal à l'intérieur pendant les périodes d'activité des moustiques, surtout à l'aube et au crépuscule.
  • S'assurer que l'écurie est pourvue de moustiquaires en bon état et qu'il n'y a pas d'endroit propice à la multiplication des moustiques.
  • Utiliser un insectifuge approprié. Certains insectifuges autorisés pour les chevaux semblent être efficaces sur une courte période pour protéger contre les piqûres d'insectes. Il faut toutefois s'assurer de respecter les recommandations du fabricant.

Importance des signalements

La découverte de foyers d'EEE peut avoir des répercussions sociales et économiques liées aux pertes de chevaux et d'oiseaux domestiques et au risque que cela représente pour la santé publique. Plusieurs facteurs sont à l'origine de ces éclosions, notamment ceux qui favorisent l'expansion de la population de moustiques : été chaud et pluvieux, présence de marécages ou de plans d'eau stagnants à proximité.

Il est donc important pour les propriétaires d'animaux de communiquer avec leur médecin vétérinaire praticien lorsqu'ils sont en présence d'un animal qui manifeste des signes compatibles avec une infection au VNO ou au virus de l'EEE. Ces signalements permettent aux autorités gouvernementales de dresser un juste portrait de la situation et de mettre en place les interventions appropriées pour protéger la santé publique et animale.

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Dernière mise à jour : 2013-01-07

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