Drainage : bien choisir ses priorités et consulter

Dans un système de culture biologique ou conventionnel, il arrive que les rendements obtenus ne soient pas à la hauteur des attentes monétaires et qu’ils ne soient pas représentatifs des efforts investis. Des rendements inférieurs sont attribuables à une multitude de facteurs : ils peuvent s’expliquer par des opérations de semis inadéquates, une fertilisation insuffisante et un mauvais désherbage. Et si l’égouttement des terres y était pour quelque chose?

Dans de très nombreux cas observés, et tout mode de production végétale confondu, plusieurs investissent les yeux fermés dans un drainage souterrain systématique jumelé à un nivellement de surface. Ils cherchent ainsi à éliminer de faibles dépressions, les obstacles à la machinerie, tels que les fossés, ainsi que plusieurs aménagements comme les intercepteurs qui, jadis, facilitaient l’égouttement de la parcelle cultivée.

On obtient trop souvent une parcelle plane et difficile à assécher. On y observe des dépressions qui, année après année, sont difficiles à combler par les opérations de nivellement. Dans la majorité des cas, la situation tend même à empirer.

Une décision à prendre étape par étape

Pour améliorer le drainage d’une parcelle de terrain, on doit considérer l’ensemble de l’égouttement. Premier point d’intérêt : le réseau hydraulique, soit les cours d’eau, les fossés et intercepteurs ainsi que les différents aménagements hydro-agricoles. Sans réseau hydraulique adéquat, il est impossible de gérer l’eau de pluie reçue d’un fort orage, d’évacuer l’eau de redoux d’hiver ou de la fonte printanière ou d’installer facilement une sortie de drainage, en cas de besoin.

On doit ensuite s’attaquer à l’égouttement de surface. Pour le modelage du terrain, il faut connaître la perméabilité du sol ainsi que les pentes longitudinales et latérales de la parcelle. Un autre élément essentiel : éviter que l’eau ne stagne ou ne franchisse un trop long parcours sur la parcelle en l’interceptant rapidement.

Dans la séquence d’intervention, le drainage agricole est considéré en tout dernier lieu et pour cause. En effet, le drainage souterrain est un élément complémentaire au drainage de surface. Il n’a en fait qu’une seule fonction : rabattre la nappe d’eau. Il n’a donc aucune incidence sur l’eau de surface.  De plus, parmi les interventions qui améliorent l’égouttement des sols, le drainage souterrain requiert les investissements les plus importants. En effet, le drainage souterrain peut exiger des déboursés de l’ordre de 1 500 à 2 500 $ par hectare (ha) comparativement à l’amélioration de l’égouttement de surface (400 à 700 $/ha) et du réseau hydraulique (300 à 500 $/ha).

Bien s’entourer

Le drainage peut sembler simple à planifier et à exécuter. Toutefois, pour préparer votre projet, il est fortement recommandé de s’entourer de spécialistes qui possèdent toutes les compétences nécessaires. Ici même, dans notre région, l’Association des conseillers en agroenvironnement en Chaudière-Appalaches (ACAC) possède une excellente expertise agronomique et en ingénierie. Avant de penser drainage et égouttement, le premier réflexe est d’en discuter avec votre agronome.

Yves Bédard, ingénieur
Conseiller en agroenvironnement

 
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Dernière mise à jour : 2017-03-07

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