Mon engrais vert : un incontournable!

Les engrais verts sont encore sous-utilisés. Pourtant, on reconnait qu'ils aident à atteindre un grand nombre d'objectifs, et ce, tout en faisant une partie du travail à notre place. Une multitude d'avantages découlent de l'utilisation des engrais verts, qu'ils soient cultivés en dérobée (avant ou après la culture principale) ou en culture intercalaire (en même temps que la culture principale). Donc, pourquoi s'en passer?

L'introduction des engrais verts, destinés à être incorporés au sol, est indispensable. C'est l'une des pratiques de base pour bien réussir en culture biologique. Malheureusement, plusieurs producteurs négligent cette pratique par manque de temps. Mais en fin de cycle, le temps utilisé pour semer et détruire l'engrais vert sera récupéré positivement par la simple diminution de la charge de travail pour lutter contre les mauvaises herbes. Et ce n'est qu'un des nombreux bénéfices de l'utilisation de l'engrais vert.

Ses principaux avantages

L'engrais vert permet d'améliorer le sol par :

  • l'ajout de matières organiques qui, selon leur maturité, favorisent l'activité biologique des sols et la formation d'humus (ray-grass, seigle d'automne, avoine, orge);
  • la protection des sols contre l'érosion;
  • l'amélioration de la structure du sol par l'action des racines (mélilot, trèfle rouge, crucifères) et la décomposition des tissus végétaux;
  • l'augmentation de l'activité biologique du sol en nourrissant sa faune et sa flore.

L'engrais vert permet aussi de perfectionner la gestion des éléments nutritifs par :

  • le recyclage des éléments nutritifs du sol et des engrais ainsi que leur protection contre le lessivage. Par exemple, un engrais vert avec une biomasse de 2 tonnes par hectare (ha) a une valeur en éléments nutritifs de plus de 100$/ha. Cela surpasse amplement le coût d'implantation, qui dépasse rarement 50$/ha;
  • l'ajout de nutriments, notamment par la fixation de l'azote provenant de l'air dans le cas des légumineuses (luzerne, vesce, féverole, trèfle, pois et lotier). Il est important d'inoculer les semences avec une colonie appropriée de Rhizobium. Certaines légumineuses peuvent fixer jusqu'à 300 kg/ha d'azote provenant de l'air. En général, une biomasse de légumineuses de 3 tonnes/ha contient environ 90 kg d'azote. C'est ce qu'on peut appeler un bon coup de pouce!
  • l'extraction des nutriments des couches profondes du sol (graminées et luzerne).

L'engrais vert vient également faciliter le contrôle des maladies et des mauvaises herbes par :

  • l'affaiblissement ou l'étouffement des mauvaises herbes (ray-grass, sarrasin, moutarde, trèfle, radis huileux, seigle et blé d'automne);
  • l'interruption des cycles des ravageurs et des maladies des cultures, par exemple par l'introduction d'engrais vert d'une famille différente de la culture principale;
  • la création d'habitats pour les abeilles, les guêpes parasites et parasitoïdes et les autres organismes bénéfiques.

Quel engrais vert utiliser?

Les principales espèces d'engrais vert recommandées font partie des familles des Graminées (ray-grass, avoine, seigle, millet japonais et orge), des Légumineuses (vesce, mélilot, pois, féverole, luzerne et trèfle), des Brassicacées (moutarde, colza, chou fourrager, radis fourrager et huileux), des Hydrophyllacées (phacélie) et des Polygonacées (sarrasin). De plus, la dernière coupe de foin laissée aux champs ou enfouie au labour ainsi que les repousses des pertes de battage en grande culture peuvent aussi être considérées comme un engrais vert. Cependant, les repousses doivent être suffisamment importantes afin de jouer leurs rôles.

L'espèce ou le mélange d'espèces à utiliser doit être sélectionné selon les objectifs à atteindre et la période de semis. Les engrais verts s'insèrent dans une rotation de culture qui doit idéalement s'échelonner sur plusieurs années et inclure des cultures vivaces et de légumineuses. Il faut donc les prévoir dans notre plan de rotation et à notre horaire de travail comme on prévoit notre culture principale.

Des vertus à découvrir

Les vertus des engrais verts étaient déjà connues par les Grecs 300 ans avant notre ère, au début de l'Empire romain ainsi que par les premiers colons d'Amérique du Nord. Ces derniers utilisaient fréquemment le sarrasin, l'avoine et le seigle pour « engraisser » la terre. Il n'en demeure qu'à nous de redécouvrir et d'exploiter tout leur potentiel.

Jonathan Roy, agronome
Conseiller régional en agriculture biologique

Décembre 2008

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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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