Quand la neige fond… c'est le temps de penser érosion!

Au printemps, à la fonte des neiges et lors de fortes pluies, il n’est pas rare d’observer du ravinement se former à la surface du sol. Puisque ce dernier est encore gelé, l’eau s’infiltre peu et ruisselle, entraînant ainsi des particules de sol avec elle. Ce n’est pas sans conséquence, mais il existe des solutions efficaces pour y remédier.

Ces particules de sol, qui proviennent de la couche arable, sont arrachées, transportées et déposées dans un autre milieu. Avec elles sont perdus des nutriments, comme l’azote et le phosphore, et des pesticides adsorbés aux particules de sol, ce qui a des répercussions sur la productivité du champ et sur la qualité de l’eau des cours d’eau.

Mieux comprendre le phénomène d’érosion

Avez-vous déjà remarqué qu’après une forte pluie, il y a des éclaboussures sur le pourtour de votre maison ? Celles-ci sont dues à l’impact des gouttes de pluie sur le sol situé à proximité du mur de la maison. Au champ, l’impact de la pluie sur le sol à nu a un effet similaire sur les agrégats, qui risquent d’être brisés ou déformés. Une fois pulvérisées, les particules de sol sont transportées par la lame d’eau ou déposées, formant une croûte à la surface du sol qui limitera l’infiltration de l’eau dans le sol. C’est le phénomène de battance.

Comme pour l’impact des gouttes de pluie, l’érosion hydrique se présente sous différentes formes.

L’érosion en nappe en est une, où l’action d’une mince lame d’eau entraîne les particules de sol. Il est possible d’observer ce type d’érosion lorsque les particules de sol se déposent, au bas d’une pente par exemple. Ce type d’érosion est plus difficile à repérer au champ. L’érosion en rigoles est un autre type d’érosion qui, visuellement, se détecte facilement.  Lorsque l’eau se concentre dans les dépressions du terrain, comme une raie de labour, le débit et la vitesse de l’eau ainsi que les forces d’arrachement augmentent, causant de l’érosion. Lorsque le problème d’érosion en rigoles s’accentue, il donne lieu à du ravinement. Il devient alors impossible pour le producteur de corriger la problématique simplement par le travail du sol.

Quelles sont les solutions?

Le climat, la nature du sol, la végétation et la topographie influencent l’érosion hydrique. Bien que nous ne puissions intervenir sur les conditions climatiques, nous avons la possibilité d’intervenir en matière de couvert végétal, de sol et, dans une certaine mesure, de conjuguer avec la topographie.

Une approche intégrée doit être privilégiée. Plusieurs bonnes pratiques contribueront à diminuer l’érosion hydrique : le semis direct, le travail réduit du sol et les rotations équilibrées des cultures, entre autres. Il faut aussi favoriser le maintien d’un bon couvert végétal en toute saison en plus d’intercepter et d’évacuer l’eau rapidement avec des aménagements hydro-agricoles. L’amélioration du drainage de surface et souterrain aide également à protéger et à améliorer la structure du sol tout en atténuant le risque de compaction.

Tous ces éléments peuvent être mis de l’avant avec la collaboration de votre agronome. Entre autres, le plan d’accompagnement agroenvironnemental (PAA), ayant pour objectif d’analyser globalement l’exploitation agricole, demeure un incontournable. Profitez de cet outil pour concevoir un plan d’action et pour prioriser vos interventions à la ferme en matière de réduction de l’érosion des sols.

Actions collectives

Outre les actions individuelles à la ferme, plusieurs projets par bassins versants ont été implantés au cours des dernières années en Chaudière-Appalaches. Plusieurs producteurs d’un même bassin versant essaient de diminuer l’érosion sur leurs terres, le but premier étant d’améliorer la qualité de l’eau des cours d’eau. D’ailleurs, l’article intitulé Des bassins versants qui regorgent de bons projets est consacré à ce type de projets collectifs.

Rappelez-vous ceci : lorsque le taux de précipitation est supérieur au taux d’infiltration, il en résulte du ruissellement des eaux de surface et, par le fait même, de l’érosion. Les moyens de diminuer les risques d’érosion existent et sont à votre disposition. À vous de saisir l’occasion de les mettre de l’avant en misant sur votre PAA.

Émilie Beaudoin, ingénieure
Conseillère en agroenvironnement

Avril 2013

 
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Dernière mise à jour : 2017-03-06

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