Maïs Bt : jamais sans mes refuges!

La saison des semis est à nos portes et la planification de celle-ci est sûrement déjà bien entamée. Si vous prévoyez semer du maïs Bt cette année, saviez-vous que vous êtes obligé de semer un refuge de maïs non-Bt?

En effet, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) oblige chaque producteur utilisant du maïs Bt à semer un refuge de maïs non-Bt. Malgré cette exigence, une enquête de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs (CCRM) révélait que seulement 59 % des producteurs du Québec s’y sont conformés en 2009. Or, cette situation met en péril l’utilisation à long terme de cette technologie.

L’objectif de la mise en place de refuges est simple : éviter que le ravageur visé (la pyrale du maïs ou la chrysomèle des racines du maïs) ne développe une résistance aux hybrides Bt. La résistance dans une population provient de la variabilité génétique naturelle qu’on y retrouve et celle-ci augmente avec l’exposition à la protéine Bt. Il importe donc de mettre en place une stratégie de gestion de la résistance des insectes afin d’assurer l’efficacité à long terme de cette technologie.

Pour encadrer la gestion de la résistance des insectes, des inspecteurs de l’ACIA effectueront cette année, au Québec, une enquête par questionnaire afin de vérifier la mise en place des refuges et le taux de conformité.

Grandeur du refuge : 5 % ou 20 %?

Selon la technologie utilisée, les exigences de refuge varient en fonction du risque d’apparition de la résistance et du comportement de l’insecte. Votre conseiller agricole peut vous donner toutes les exigences concernant la mise en place des refuges, dont voici les grandes lignes.

Ainsi, le refuge non-Bt doit au moins correspondre à 5 % de la superficie totale ensemencée avec les hybrides de maïs ayant plusieurs modes d’action pour refréner chaque insecte (ex. : Genuity). Le refuge doit être adjacent au champ de maïs Bt ou être situé à moins de 400 m du champ si l’hybride ne vise qu’à contrôler la pyrale.

Pour les hybrides de maïs ayant un trait Bt unique pour contrôler la pyrale, le refuge non-Bt doit au moins correspondre à 20 % de la superficie totale ensemencée et se trouver à moins de 400 m du champ. Il en va de même pour les hybrides de maïs résistants à la chrysomèle (ex. : YieldGard), à la différence que le refuge doit être adjacent au champ Bt ou à l’intérieur de celui-ci.

Divers plans de refuges possibles

Plusieurs plans de refuges peuvent être adoptés, à savoir : le semis dans un champ voisin, le semis en bloc, le semis en bandes alternées et l’ensemencement du pourtour du champ avec un hybride non-Bt. Quel que soit le plan retenu, il importe de semer le refuge en même temps que le champ de maïs Bt. De plus, les hybrides doivent posséder des caractéristiques agronomiques et une maturité similaires (± 150 unités thermiques maïs). Tout hybride, qu’il soit traditionnel ou tolérant à un herbicide, peut être utilisé comme refuge, pourvu qu’il soit non-Bt. À noter toutefois qu’il est interdit de mélanger les semences de maïs Bt et de maïs non-Bt.

Refuge dans le sac

L’arrivée prochaine dans notre région du « refuge dans le sac », soit le mélange de semences Bt et non-Bt dans le même sac, devrait simplifier la gestion des refuges au champ. Cette façon de faire a récemment été homologuée par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA). En plus de permettre de se conformer à l’exigence de l’ACIA, ce nouvel arrivant engendrera des semis accélérés et simplifiés grâce à la manipulation d’un seul type de sac de semences.

Dépister, c’est la clé!

Ces nouveaux outils ne dispensent pas l’entreprise de bien évaluer ses besoins, en considérant tant l’aspect environnemental qu’économique. En effet, il faut se questionner sur la pertinence de semer du maïs Bt-chrysomèle si vous ne détectez pas la présence de l’insecte dans vos champs. Ainsi, le dépistage de vos champs est essentiel afin de déterminer les populations d’insectes présents, et donc de bien cerner vos besoins en technologies Bt. D’ailleurs, la gestion de la résistance exige de tenir un registre précis des endroits où le maïs Bt et les refuges sont semés. De même, rappelez-vous que les rotations demeurent encore la méthode de lutte la plus efficace et la plus économique.

Pour plus d’information

Pour plus d’information concernant la gestion de la résistance des insectes et les technologies transgéniques, consultez le site Internet de la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs. De même, vous pouvez consulter le site Internet de l’Association canadienne du commerce des semences pour obtenir la liste de tous les hybrides de maïs offerts sur le marché.

Consultez également les avertissements du Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) en grandes cultures afin d’être informé des meilleurs moments pour effectuer le dépistage des ravageurs du maïs. Abonnez-vous gratuitement à ce réseau!

Finalement, vous pouvez communiquer avec l’auteure de cet article au 418 837-7105, poste 250.

Line Bilodeau, agronome, M. Sc.
Conseillère en agroenvironnement

Avril 2012


Dernière mise à jour : 2016-10-13

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