Comment s’organiser sans se faire organiser

Vous faites de la production maraîchère ou animale certifiée biologique et vous misez sur la vente directe aux consommateurs depuis un certain nombre d’années. Vos clients vous demandent sans cesse d’avoir des produits transformés ou pré-conditionnés, d’ajouter une sorte de légume à votre offre, de livrer à leur porte, d’ajouter un point de chute, etc. Vous songez à répondre à ces demandes, car après tout, le client a toujours raison! Mais est-ce que ces changements sont bons pour votre entreprise?

Il n’est pas conseillé de prendre un virage d’entreprise à la suite de quelques commentaires incessants de clients. Comme lorsque vous avez démarré votre entreprise, demandez-vous d’abord, pour un nouveau produit ou une nouvelle pratique, quels sont les réels besoins qui seront comblés par votre nouveauté.

Par la suite, il vous faudra étudier votre marché, une étape qui peut être simple ou plus approfondie.  Par exemple, si on vous demande d’ajouter de l’ail biologique à vos produits alors que vous produisez déjà des légumes  biologiques et que vous possédez une clientèle bien établie, l’étude de marché sera simple. Elle peut se faire, par exemple, sous forme de sondage maison auprès de vos clients actuels. Cependant, si vous songez à mettre en place un volet de produits transformés et que vous ne l’avez jamais fait auparavant, il se peut que vous ayez besoin de pousser votre recherche de marché à l’extérieur de votre clientèle actuelle. Des entreprises ou des consultants spécialisés en étude de marché ou en diagnostics d’entreprise  peuvent vous aider.

Vous connaissez bien votre produit, le besoin auquel il répond et le marché dans lequel il s’insère (incluant la concurrence). Il faut alors planifier les ressources matérielles et humaines dont vous aurez besoin pour réaliser votre projet, si petit soit-il! Implanter une nouvelle production peut parfois sembler simple, mais peut vous amener à faire une gestion différente de vos parcelles, des maladies ou des insectes nuisibles. Vous devrez peut-être engager un employé spécialisé ou acheter de la machinerie spécifique qui demande des frais supplémentaires, eux aussi indésirables! Une fois les dépenses identifiées, vous êtes alors en mesure de décider si vous avez besoin de financement pour votre projet ou non. Les sources de financement peuvent être multiples :

  • Mise de fonds
  • Love money (famille et amis)
  • Associés ou partenaires
  • Institutions financières
  • Gouvernements
  • Profits de l’entreprise
  • Etc.

Finalement, certains calculs sont nécessaires pour s’assurer que l’investissement en vaut vraiment la peine. D’une part, le calcul du coût de revient vous permet d’évaluer ce que coûte à produire l’idée. Ce calcul inclut le coût des matières premières, de la main-d’œuvre directe et des frais généraux de fabrication. D’autre part, ce calcul constitue une étape essentielle afin d’établir le coût de revient en tenant compte du positionnement (marketing) face à la concurrence.

Vous trouvez que ces étapes ressemblent drôlement à celles d’un démarrage d’entreprise? Vous avez raison! Elles sont effectivement similaires. Pour éviter de vous faire organiser, il faut vous organiser. Prévoir sa diversification peut être simple et peu coûteux, mais réagir promptement à une demande sans avoir évalué ce qu’il en coûte réellement peut s’avérer catastrophique pour une entreprise. Si un produit, même le plus désiré par votre clientèle, n’est pas rentable, il peut vous nuire financièrement. Évitez de perdre temps et énergie, et planifiez au lieu de réagir.

Vous voulez en savoir plus? Consultez le livre Comment trouver mon idée d’entreprise (Sylvie Laferté, Éditions Transcontinental).

Sarah Lepage
Conseillère en agrotourisme et commercialisation en circuit court

Février 2013

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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