Le top 5 des engrais verts pour la Chaudière-Appalaches

Les prairies prédominent sur une bonne partie du territoire, ce qui réduit quelque peu la pertinence des engrais verts et des cultures de couverture pour nos entreprises. Par contre, la texture de nos sols et la topographie de plusieurs champs comptent parmi les raisons pour lesquelles on devrait envisager sérieusement ces cultures. Mais quels sont les meilleurs engrais verts dans de telles conditions?

Avant toute chose…

Pourquoi opter pour des engrais verts? Dans la région, on cultive de plus en plus de cultures annuelles qui exposent nos sols aux facteurs de dégradation, donc à des pertes de rendement et de revenu. Raison de plus d’envisager les engrais verts. Par contre, on ne peut pas placer n’importe quelle espèce d’engrais vert dans n’importe quelle situation. Par exemple, la culture qui suivra l’engrais vert est un critère important, mais trop souvent négligé.

Le top 5

Sans exclure les autres espèces, voici, à mon avis, les meilleurs engrais verts pour la région, avec les situations où ils sont les plus pertinents.

1. Le seigle d’automne

Grâce à sa rusticité inégalée, le seigle d’automne est probablement la seule espèce qui répond aux objectifs d’un engrais vert et qui est semée en septembre, voire au début d’octobre. En fait, le seigle germe à des températures aussi basses que 1 oC, survit à des températures extrêmes durant l’hiver et croît  rapidement, très tôt au printemps.

Le seigle peut précéder le soya en lui procurant un excellent lit de semence. Il peut aussi servir de plante-abri pour un établissement de prairie, semée au printemps, à la volée et avant une pluie, ou incorporée avec une herse-étrille (peigne).

Il présente une exceptionnelle versatilité : c’est un engrais vert strict s’il est détruit au printemps, un excellent fourrage s’il est fauché avant l’épiaison (fin mai) et il peut aussi être récolté mûr, pour la paille abondante et le grain, en juillet. En guise de « bonus », le seigle d’automne est le champion dans la lutte aux mauvaises herbes, dans les réductions de pertes de sol (80 % après le soya) et dans les nitrates (60 % de réduction dans les eaux de drainage).

2. Le trèfle incarnat

Comme tous les autres trèfles, le trèfle incarnat réduit la fertilisation azotée de la culture suivante de 60 à 70 kg d’azote par hectare (N/ha). Comme il est plutôt rampant, sa biomasse n’est guère impressionnante. Toutefois, ce facteur n’a pas d’impact majeur sur la fertilisation. Il est semé au début de juin dans une céréale de printemps ou d’automne ou encore, dans le canola ou le maïs. Pour de bons résultats, les semis d’engrais verts en post-levée de la culture principale doivent être incorporés mécaniquement ou, à tout le moins, par une pluie dans les heures suivant le semis.

Le trèfle incarnat possède l’immense avantage de ne pas survivre à nos hivers, ce qui évite d’avoir à le pulvériser chimiquement ou mécaniquement. La structure du sol de surface (0 à 20 cm) qu’il laisse est bien grumelée, permettant le semis direct de la culture qui suit, préférablement des céréales, du canola ou du maïs.

3. Le ray-grass

Le ray-grass est l’espèce qui tolère le mieux l’ombrage et la compétition du maïs. Pour cette raison, il est l’engrais vert de prédilection si on veut, par exemple, améliorer la capacité portante du sol lors de la récolte d’ensilage. Il est le plus couramment semé en post-levée, préférablement au stade « 6 à 8 feuilles » du maïs.  De cette façon, il amorce sa croissance avant que les rangs de maïs « ferment », mais ne produira de végétation importante qu’après la récolte de maïs fourrager. On peut semer le ray-grass en le mélangeant avec de l’engrais azoté de type 27-0-0. Encore ici, l’incorporation légère donne de meilleurs résultats.

4. Le radis fourrager

Le radis fourrager (notamment le Tillage Radishmd) présente de nombreux avantages :

  •  Il croît rapidement à l’automne, avec une racine centrale charnue de 3 à 5 cm de diamètre, sur 15 à 30 cm de long
  • Il ne survit pas à l’hiver; nul besoin de le détruire chimiquement ou mécaniquement
  • Il se décompose très rapidement au printemps, laissant des orifices à la surface du sol. Cela facilite l’infiltration de l’eau de surface, l’aération du profil et la croissance des racines de la culture suivante

Il procure aussi une répression efficace des mauvaises herbes à l’automne qui, combinée au fait qu’il laisse peu de résidus au printemps, permet le semis direct sans traitement « burndown » (glyphosate en pré-semis).

Rappelons qu’on ne peut résoudre un problème sévère de compaction avec l’utilisation d’une plante, peu importe ses vertus. Elle peut toutefois aider grandement, combinée au sous-solage mécanique et à des interventions plus respectueuses de la portance du champ.

Le principal défaut du radis fourrager est qu’il faut le semer avant le 10 août, préférablement.

5. Le trèfle blanc

Relativement facile à implanter, le trèfle blanc se sème à un faible taux, en même temps qu’une céréale de printemps. Le choix d’herbicides est limité, alors il faut utiliser le trèfle blanc dans un champ où les mauvaises herbes sont déjà contrôlées. Bien implanté, le trèfle blanc limitera à son tour l’essor des mauvaises herbes. À cette fin, on recommande souvent le trèfle blanc « Huia ». On le préfère au trèfle rouge, qui a tendance à monter haut parmi les tiges de céréales, surtout lors d’années humides (2013, par exemple). Il assure une excellente protection contre l’érosion ainsi qu’un effet structurant impressionnant.

Bonne saison!

Louis Robert, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en grandes cultures

Juin 2013

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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