C'est le temps de faire le dépistage des insectes de sol

Une fois les semis finalisés, au moment de la levée, il se peut que vous constatiez des plants manquants ou grignotés. Qui sont ces ravageurs qui risquent de s’attaquer aux grains en germination et aux plantules de vos précieuses cultures pour se nourrir? Un dépistage des insectes du sol pourrait répondre à vos questions.

Les principaux ravageurs des semis que l’on peut observer sont les vers fil-de-fer, les mouches des semis et les vers blancs. Les vers blancs sont des larves qui appartiennent principalement à trois espèces de coléoptères (hanneton européen et commun, scarabée japonais). Ils peuvent s’attaquer à une grande variété de cultures telles que le maïs, le soya et les céréales. Il est toutefois peu fréquent que les larves de hannetons soient problématiques dans la culture du maïs au Québec. Il en va autrement des larves de taupins (les vers fil-de-fer) et de la mouche des semis qui peuvent être considérées comme des ravageurs potentiels du sol pour le maïs, au Québec.

Les vers fil-de-fer sont de couleur brun brillant et mesure jusqu’à 4 centimètres (cm) de longueur. Comme dans le cas des vers blancs, on peut les retrouver dans plusieurs cultures (maïs, céréales, soya, prairies, etc.). Dans le sol, les larves de vers fil-de-fer peuvent causer des dommages aux cultures en s’alimentant de grains en germination, de racines et de la base des tiges. Selon les espèces, les vers de taupins peuvent vivre de 2 à 6 ans dans le sol.

Il importe de faire un dépistage pour bien identifier les espèces présentes dans vos champs, car plusieurs espèces présentes au Québec sont inoffensives et ne causent pas de dommages aux cultures.

Les semences traitées aux insecticides toujours nécessaires?

La méthode de lutte préconisée contre les vers fil-de-fer est l’utilisation de semences traitées aux insecticides de la classe des néonicotinoïdes, soit la clothianidine (PONCHO®) ou le thiaméthoxame (CRUISER®). Au Québec, des semences traitées aux néonicotinoïdes sont utilisées sur plus de 500 000 hectares pour lutter contre les insectes ravageurs des semis, dont le ver fil-de-fer. Or, il a été démontré, à plusieurs reprises, que ces produits sont très toxiques pour les pollinisateurs et que les poussières générées lors des semis de maïs causent des mortalités importantes d’abeilles.

Pour cette raison et pour le risque environnemental qu’ils représentent, il y a lieu de se questionner sérieusement sur l’utilisation presque systématique des traitements de semences aux néonicotinoïdes dans le maïs et le soya. Rappelons qu’en lutte intégrée, les pesticides doivent être utilisés uniquement lorsque justifiés. Le dépistage ainsi que l’utilisation des seuils économiques d’intervention sont à la base de ce principe. Pourquoi ne pas demander l’avis de votre agronome? Il pourra vous informer sur les seuils d’intervention et les ravageurs à surveiller et vous aider à déterminer la nécessité d’acheter des semences traitées aux néonicotinoïdes l’an prochain.

Appâter le ravageur

Le moment idéal pour effectuer le dépistage des vers fil-de-fer est au printemps, lorsque la température du sol atteint 10 °C, mais aussi à l’automne avant la première gelée. Pour appâter les larves, il suffit d’enfouir une tasse de farine ou de gruau dans un trou, de l’identifier à l’aide d’un drapeau et de revenir de sept à dix jours plus tard afin de compter le nombre de larves qui s’y trouvent. Au moins dix pièges doivent être répartis uniformément par champ.

Une population d’un ver fil-de-fer en moyenne par piège-appât par semaine pourrait justifier une intervention. À titre informatif, de 2011 à 2013, seulement quatre des 85 champs dépistés par le RAP Grandes cultures ont atteint le seuil économique d’intervention.

Les champs à surveiller

Les champs sur retour de prairie, en sols sableux ainsi que ceux ayant reçu des apports de fumier ou d’engrais verts, peuvent abriter des populations de vers fil-de-fer plus importantes, tout comme ceux qui ont déjà subi une infestation de vers fil-de-fer ou de vers blancs.

Aide financière disponible

Afin de favoriser l’utilisation de semences non traitées aux néonicotinoïdes, vous pouvez bénéficier d’une aide financière pour le recours aux services-conseils de votre agronome. En effet, cette aide financière, qui couvre 90 % des dépenses admissibles jusqu’à concurrence de 1000 $ par entreprise, peut être accordée pour le dépistage des insectes de sol (600 $) et pour le suivi des cultures (400 $). Adressez-vous à votre agronome pour connaître tous les détails concernant cette aide financière.

Pour plus d’information, vous pouvez consulter le site d'Agri-Réseau.

Line Bilodeau, agronome, M. Sc.
Responsable régionale du RAP Grandes cultures

Juin 2014

 
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Dernière mise à jour : 2016-12-01

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