Les résultats d'analyse de sol varient en cours de saison

Les résultats d’analyse de sol peuvent varier grandement en cours de saison de culture, même lorsque les prélèvements sont effectués exactement aux mêmes endroits dans un champ. De plus, les variations pour un élément donné, que ce soit le pH, le phosphore ou le potassium, ne suivent pas les mêmes tendances d’une année à l’autre ou d’un champ à un autre. Bref, les résultats sont très variables dans le temps et imprévisibles. De telle sorte qu’on ne peut pas recommander un temps de l’année particulièrement propice pour réaliser l’échantillonnage des sols.

Ce sont les principales conclusions découlant d’un projet mené sur deux sites de la Chaudière-Appalaches en 2011 et au cours duquel l’agronome Véronique Guillemette a échantillonné et a fait analyser des parcelles chaulées ou non toutes les semaines du début juin à la mi-novembre.

Bien qu’à première vue surprenants, surtout dans le contexte présent où les analyses de sol sont souvent perçues et utilisées comme source d’information infaillible découlant de la « science exacte », les résultats sont cohérents avec les études antérieures.

Les résultats, par élément


Le pH de l’eau


Le pH de l’eau du site de Saint-Lambert était, au départ, de 5,4. À la fin septembre, il a varié de 5,2, son minimum, à 5,8 en novembre, et ce, sans patron identifiable en fonction du temps. L’ajout de chaux a semblé créer une variabilité plus prononcée encore, mais qui n’était pas plus prédictible. Le 3 juin, le pH était à 5,6, la semaine suivante il s’élevait à 5,3, le 26 juillet à 6,2 et, finalement, le 24 septembre à 5,4. Même sans la chaux, le pH de l’eau de la fin de la saison était plus élevé qu’en début de la saison, et ce, peu importe le site (d’environ 0,4 unité).

Le phosphore


La teneur en matière organique des deux sites n’ont pas varié beaucoup durant la saison et n’ont pas été influencée par le chaulage. La teneur en phosphore (P) des deux sites ont connu une variabilité modeste, sans tendance à l’augmentation ou à la baisse, en cours de saison. Sur le site de Saint-Lambert ayant reçu de la chaux, les analyses ont montré qu’au début du projet, le P par hectare s’élevait à 53 kilogrammes (kg). Le 9 septembre, le minimum fut atteint à 40 kilogrammes de phosphore par hectare (kg P/ha). Tandis que le maximum fut atteint le 11 juillet à 58 kg P/ha, pour finir à 53 kg P/ha en fin de la saison. La chaux n’a eu aucun effet.

À Saint-Isidore, sur un sol beaucoup plus riche en P, le sol avec la chaux s’est maintenu autour de 175 kg P/ha du début à la fin du projet. Avec un maximum atteint à 220 kg P/ha au début juillet, et un minimum à 145 kg P/ha à la fin août. Les parcelles sans la chaux ont connu une légère baisse, de 195 kg P/ha à 170 kg P/ha, avec une variabilité de même grandeur que celle des parcelles avec la chaux. Les taux de saturation en P ont varié de la même façon que la teneur en P pour tous les différents traitements et sites.

Le potassium


La teneur en potassium (K) ont baissé du début à la fin de la saison, mais de façon plus importante à Saint-Isidore, de 250 kg K/ha à 50 kg K/ha, qu’à Saint-Lambert, de 120 kg K/ha à 100 kg K/ha. Exportations plus importantes par le maïs à Saint-Isidore que par le soya à Saint-Lambert? Lessivage plus important dans le sable loameux que dans le loam argileux?

Les autres éléments


Les concentrations en calcium (Ca) et magnésium (Mg) ont suivi le même comportement que le pH de l’eau et ont connu des variabilités de minimes à modestes. L’ajout de chaux dolomitique a eu un effet au site de Saint-Isidore seulement, avec un pic temporaire en saison de la teneur en Mg de 100 kg Mg/ha au début à 240 kg Mg/ha le 25 août pour redescendre par la suite.

L’aluminium n’a pas bougé beaucoup à aucun des deux sites, avec ou sans la chaux.

Les variations en éléments mineurs : bore, cuivre, fer, manganèse, souffre et zinc ont été, en générales, modérées et sans patron prédictible. La chaux n’a pas eu d’effet marqué sur aucun d’entre eux. Compte tenu de leurs valeurs absolues beaucoup plus basses que celles des éléments majeurs, il s’agit de variation sans conséquence pratique et davantage liée à l’échantillonnage et aux méthodes de laboratoire (préparation de l’échantillon, erreur expérimentale et de mesure, etc.) que liée au climat, aux types de sol, aux sites ou au chaulage.

Les graphiques suivants illustrent de façon représentative les résultats du projet.

 Teneur en Phosphore (P: kg/ha) du champs 20 (sable loameux) n'ayant ps reçu un traitement de chaulage

  pH du champs 1E (loam) ayant reçu un traitement de chaulage, en fonction de la date d'échantillonnage

Louis Robert, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en grandes cultures

Août 2014

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-11

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