Semis direct = succès instantané?

Améliorer la rentabilité de votre entreprise et votre qualité de vie, sans investissement majeur ni augmentation de cheptel ou de superficie, tout en réduisant les risques pour l'environnement, ça vous dirait?

La solution pourrait bien être le semis direct! Succès instantané? Pas forcément, puisqu'il faut bien s'y préparer et respecter des règles de base. Mais en choisissant cette méthode, vous créez les conditions propices à de bonnes performances!

Les rendements des cultures obtenus en semis direct sont similaires ou supérieurs à ceux obtenus avec le labour. Conjugués aux importantes économies de temps, de main-d'oeuvre, de carburants, de machinerie et d'engrais, le semis direct augmente la rentabilité par hectare et pour l'ensemble de la ferme.

En semis direct, on coupe la consommation de carburant par quatre, passant de 32 à 8 litres/hectare. Autre exemple: pour la culture du maïs, on passe de 57 à 22 minutes requises pour la préparation de chaque hectare! C'est sans compter le temps sauvé en n'ayant plus à ramasser les roches. Surtout qu'en Chaudière-Appalaches, l'épierrement compte pour près de la moitié du temps requis en travail conventionnel.

Des facteurs de réussite

Pour réussir son semis direct, il faut respecter quelques conditions simples, mais importantes.

  • Développer ses compétences
    N'ayez pas peur d'aller chercher de l'information : c'est primordial! Employer la méthode du semis direct, ça ne se décide pas au printemps, dans la cabine du tracteur. il faut s'y préparer la saison précédant les essais.
  • Adopter la bonne attitude
    Le « mental », comme dirait un certain coach de hockey. On ne devrait pas envisager l'adoption du semis direct comme un saut périlleux, sans chance de retour. Rien n'empêche de travailler superficiellement un champ si les conditions le requièrent (ajout d'engrais de ferme, nivelage, chaulage, réchauffement, contrôle des mauvaises herbes, etc.). Donc, c'est flexible.
  • Développer son sens de l'observation
    Observer l'état de nos sols et de nos champs, suivre leur évolution, retarder le semis (si nécessaire), modifier ses pratiques de fertilisation et de rotation, etc. Comme vous n'aurez plus de roches à ramasser, pourquoi ne pas passer un peu plus de temps à observer? Un conseil : consacrez-y un quart du temps sauvé!
  • Persévérer
    Il faut planifier d'avance en évitant d'abandonner après une seule année. Dans les sols sableux sans structure ou lourds et mal aérés, les rendements peuvent baisser durant une période transitoire de trois à cinq ans, pour ensuite remonter.
  • Tenir compte de son environnement
    Nous ne sommes pas à Saint-Hyacinthe, encore moins dans le «Midwest» américain! Il faut considérer qu'ici, les 2/3 des superficies sont déjà dans une sorte de semis direct, puisque les prairies en production ne sont pas labourées. Il y a donc moins de risques d'érosion et nous ne cultivons qu'une faible partie des terres chaque année. En conséquence, pour une entreprise unique, il peut être plus difficile de financer l'achat d'un semoir à maïs ou même d'un semoir à céréales. Autre exemple : si vous avez des engrais de ferme, ces derniers devraient être incorporés le plus tôt possible après l'épandage, pas profondément, seulement par hersage dans les premiers 3 à 5 cm.
  • Disposer d'un sol en bonne condition physique et chimique
    Si vous devez vous contenter, en travail conventionnel, d'un rendement d'une tonne/acre dans l'orge, votre sol a probablement un problème. Il est important de le diagnostiquer et de le corriger avant de se tourner vers le semis direct. Il faut d'abord procéder à des profils de sol. appelez votre agronome!
  • Effectuer une rotation des cultures
    La rotation permet de réduire les risques de maladies, notamment la fusariose. Et même lorsqu'il n'y a pas de maladie, une culture semée dans le même champ deux fois de suite génère un moins bon rendement, ce que les chercheurs appellent « l'effet rotation ». Cet effet est plus fort en semis direct. Voici quelques exemples de rotations propices au premier essai de semis direct: l'orge sur retour de prairie, le soya, les pois ou encore le canola; le soya sur maïs d'ensilage ou grain et le blé d'automne sur retour de prairie. En fait, le semis direct ouvre la voie à une diversification des cultures: les possibilités sont presque infinies.
  • Détruire la couenne plus tôt en saison
    Pour ce faire, il faut traiter la couenne au glyphosate, en août de préférence, et ne pas attendre le premier gel, encore moins le printemps. Cela permet d'être plus efficace et d'empêcher les effets négatifs de la décomposition de la couenne sur le départ de la culture. Sans oublier que les tipules n'auront pas de refuge pour l'hiver.

Vous l'avez peut-être remarqué : l'achat d'un semoir ne figure pas dans les facteurs de réussite du semis direct. Du moins, ce n'est pas prioritaire. Il se peut même que, pour votre 1er essai (soya ou pois sec sur maïs d'ensilage ou céréale), votre semoir actuel fasse l'affaire, s'il est en bonne condition.

Le semis direct constitue, avec le bilan alimentaire et les tests de nitrates dans le maïs, un des moyens les plus accessibles aux producteurs de la Chaudière-Appalaches pour augmenter leur revenu net de façon concrète et rapide. Pensez-y!

Louis Robert, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en grandes cultures

 
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Dernière mise à jour : 2013-04-11

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