Un terreau fertile pour la relève agricole!

Et si on débutait par cette citation : « Il y a plein de potentiels. Ce qui manque parfois, ce sont les idées pour les développer ». En effet, le secteur de l’horticulture est très vaste et comporte une multitude d’occasions pour la relève ou d’éventuels promoteurs. Toutefois, pour y réussir, il faut tout de même connaître les règles du jeu!

Il y a tant de choix! 

L’horticulture comprend les fruits et les légumes en général, qu’ils soient produits en plein champ ou sous abris (serres, tunnels, etc.). Cela inclut aussi les pommes de terre, tous les arbres et arbustes fruitiers et toute l’horticulture ornementale, dont entre autres les fleurs en serres ou en champs, les plantes de pépinières et les gazons. On peut aussi se permettre d’ajouter les champignons, les plantes médicinales, les fleurs comestibles et une foule d’autres productions, tant qu’elles sont destinées à l’alimentation et aux soins des humains et non des animaux.

Avant de démarrer une production, on doit bien sûr s’enquérir du potentiel de celle-ci sur les marchés. Plusieurs questions doivent être posées. Le potentiel de votre production s’orientera-t-il sur le marché frais et/ou sur celui de la transformation? Votre marché sera-t-il local ou plus éloigné? Quels types de consommateurs ciblez-vous? Et quel mode de production? Biologique ou conventionnel? Vente au détail ou au gros?

Information intéressante : le secteur des fruits et légumes est aux premières loges lorsque l’on parle d’aliments bons pour la santé! Logiquement, leur consommation devrait continuer d’augmenter dans le futur. 

Des qualités d’entrepreneur et une bonne formation

Vous connaissez des personnes qui ont réussi là où d’autres se sont « cassé les dents » ? Eh bien, ces personnes ont un potentiel certain et ont par conséquent plus de chances de réussir, car elles ont les qualités qu’il faut pour développer des projets et trouver des solutions aux problèmes qui se présenteront à elles.

Le marché des productions horticoles n’est pas structuré comme dans certaines productions animales. Ici, pas de quotas et très peu de plans conjoints. Chaque producteur est donc responsable de sa mise en marché et doit poser les bonnes actions pour arriver à vendre son produit au meilleur prix possible. Comme dans toute production, alors que les revenus ne sont pas toujours garantis en raison de bonnes et de moins bonnes années, les qualités de gestionnaire d’entreprise seront mises à l’épreuve. En horticulture, on ne peut pas attendre après les autres, les décisions doivent se prendre au sein de l’entreprise. Cela n’enlève rien à l’idée qu’il faut être entouré de conseillers compétents qui sauront aider, le moment venu.

Donc, rappelez-vous qu’on ne doit pas seulement être un « bon producteur », mais aussi un « bon vendeur ».

La formation est un critère de succès très important; on doit être rigoureux sur ce point. Par la suite, l’expérience pratique vient compléter à merveille la formation.

Trouver son modèle d’entreprise

Une critique souvent entendue est qu’il est trop coûteux pour les jeunes de se lancer en agriculture. C’est vrai pour certaines productions, mais en horticulture, on peut monter une entreprise avec moins de capitalisation que dans d’autres spécialisations.

Nous avons au Québec certaines entreprises horticoles diversifiées qui ne cultivent que quelques hectares et qui sont rentables, sans soutien de l’État. Bien sûr, on parle ici de culture très intensive où tout est bien exploité, des productions en plein sol jusqu’à celles en serres chauffées pour allonger la saison. Toutefois, par nécessité, ces petites entreprises doivent vendre le plus directement possible aux consommateurs afin de maximiser les prix de vente.

Relativement au mode de production, les entreprises peuvent être biologiques ou conventionnelles. De plus en plus, on voit aussi un entre-deux plus écologique où l’on cherche à minimiser l’emploi des pesticides et des engrais chimiques. Ces différents modes de production viennent positionner votre entreprise par rapport à la concurrence et la différencient quant à votre mise en marché.

Mettre en marché ses produits

Il y a très peu d’organisations et de regroupements de mise en marché en horticulture. Ainsi, la plupart du temps, le producteur est le seul responsable de la vente de ses produits.

Règle générale, les petites et moyennes entreprises doivent considérer la vente au détail ou du moins l’idée de mettre leurs produits en marché avec moins d’intermédiaires. Les façons de vendre au détail sont multiples : pensez à un kiosque à la ferme ou à l’autocueillette. Vous pouvez aussi vendre vos produits dans un réseau de kiosques bien localisés, dans les marchés publics, en faisant du porte-à-porte (eh oui, certains le font!) ou par l’entremise des paniers de famille hebdomadaires. N’oubliez pas les possibilités qu’offrent les médias sociaux!

L’option de faire de la transformation (ex. : confitures, tartes et boulangerie) amène aussi de la variété et une valeur ajoutée à une partie de la production.

L’agrotourisme est également un secteur à développer dans notre région. Plusieurs entreprises qui reçoivent déjà des clients à la ferme pourraient penser à développer cette avenue, si cela leur convient, car ce n’est pas donné à tout le monde d’être « habile » dans ce créneau.

Pour des entreprises un peu plus grosses, la vente au semi-gros est une option à envisager. Par exemple, la vente peut s’effectuer directement à l’épicerie du coin ou dans celles de paroisses environnantes.

Les plus grandes entreprises ont aussi leur place sur le marché de gros ou à l’exportation, mais on ne démarre pas gros. On le devient avec les années, si c’est là qu’on veut aller.

S’organiser de plusieurs façons

On peut tout faire seul si on le désire, ce qui est d’ailleurs le choix de la majorité. Cependant, dans l’avenir, on devra évaluer les façons d’améliorer son sort en travaillant avec d’autres producteurs. Si un marché n’est pas accessible parce qu’on n’a pas le volume nécessaire, pourquoi ne pas tenter de se regrouper avec quelques producteurs pour ne pas perdre cette occasion d’affaires?

Certains producteurs de taille achètent de plus petites fermes pour combler d’importants marchés auxquels ils ont accès. On peut d’ailleurs se regrouper pour acheter des intrants, pour faire de la promotion, pour acheter de l’équipement dispendieux qui ne sert que quelques jours par année, pour faire de la transformation, etc.

La formule coopérative pourrait certes être plus exploitée en horticulture. À cet égard, il est rafraîchissant de constater le succès de La Coopérative La Mauve à Saint-Vallier. Voilà une belle façon de s’entraider pour promouvoir des entreprises agricoles d’ici et susciter la venue de nouvelles dans notre région!

Tirer profit des possibilités

Non seulement les possibilités existent, mais elles sont nombreuses. Il faut les bonnes personnes et les bonnes idées pour les développer. Si vous avez une idée en tête, c’est avec plaisir que les conseillers du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation en discuteront avec vous!

André Carrier, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en horticulture

Décembre 2012

 
Ne pas remplir ce champs

Dernière mise à jour : 2016-10-13

Menu de bas de page

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2021