Pour bien démarrer en production bio

Pour partir du bon pied en production horticole biologique, rien de tel que d’écouter les conseils de ceux et celles qui sont passés par là! Les écueils à éviter sont nombreux, mais il y a des recettes gagnantes. En voici quelques-unes, inspirées de cas vécus dans la région.

Formation et expérience

Quitte à se répéter, mentionnons que ces deux ingrédients sont essentiels à la réussite du projet d’établissement. La formation est maintenant très accessible, donc il n’y a aucune excuse de ce côté. Ce n’est pas obligatoire d’obtenir un cours universitaire: il existe d’excellents programmes, tant au niveau secondaire que collégial. Finalement, ce que l’on peut retirer de la formation dépend de la motivation que l’on y porte!

Le complément idéal à la formation est la mise en pratique de celle-ci: un stage ou un emploi sur une bonne ferme a une valeur inestimable. Ainsi, vous pratiquerez votre profession sans avoir à en assumer les risques!

Définir votre projet

Imaginez-vous en face de votre banquier, en train de négocier votre prêt…comment peut-il avoir confiance en vous si vous ne savez pas trop ce que vous voulez faire et que vous n’avez ni formation, ni expérience?

Voilà pourquoi vous devez savoir exactement où vous voulez aller avant de commencer à investir...vous devez planifier! C’est la démarche de réalisation du plan d’affaires.

Définir votre marché

Les revenus proviennent des ventes et, en horticulture, chacun est responsable de sa mise en marché. Vous êtes, en quelque sorte, en compétition avec le reste de la planète! Le travail réalisé sur vos marchés potentiels sera le plus payant d’entre tous. Il vaut donc la peine de prendre du temps pour explorer différentes possibilités.

Voici quelques conseils de producteurs:

  • N’essayez pas de tout faire ou d’en faire trop en commençant.
  • Vos sols ne sont peut-être pas appropriés pour certaines cultures. Pourquoi s’entêter à les produire? Un collègue producteur peut le faire pour vous.
  • Les légumes conviennent bien pour débuter, car ils permettent un revenu dès la première saison. Cela n’est pas le cas pour d’autres cultures telles que les arbres fruitiers, les petits fruits ainsi que les vivaces comme l’asperge et la rhubarbe.
  • Pour un maraicher, les serres et les grands tunnels sont des atouts indéniables. Ils permettent d’allonger la saison (début et fin), de se prémunir contre certains risques climatiques et de mieux répartir les revenus. D’autre part, la vente au détail (paniers bios ASC, kiosques, marchés publics, etc.) est la plus lucrative, mais aussi la plus exigeante en terme de temps consacré. La plupart des producteurs sont d’accord pour dire que la vente est une autre profession que celle d’agriculteur. Il faut aimer les gens et être prêt à leur consacrer du temps.
  • La vente au gros ou au semi-gros est également accaparante. Les acheteurs ont des exigences et ils disposent déjà de fournisseurs. Vous devrez compléter ce qu’ils ont à offrir ou déplacer quelqu’un. Les principaux critères des acheteurs sont liés à la qualité, au goût, à la régularité de l’approvisionnement, au prix et à l’emballage attrayant.

Attention à l’endettement!

Soyons clairs: vous devrez emprunter…vous serez endettés. Toutefois, il faut que ce soit raisonnable, que cela ne vous étouffe pas et que vous ayez une bonne qualité de vie. L’achat d’une terre est, sans contredit, un investissement majeur, mais il existe d’autres formules comme la location de terres ou de parcelles/champs (ex.: Coopérative La Mauve à Saint-Vallier).

De plus en plus, de jeunes exploitants réussissent à obtenir de bons profits avec peu d’investissements, une bonne productivité sur quelques acres et une mise en marché permettant de bons prix de vente.

Par ailleurs, n’oubliez pas ceci: vous devrez continuer d’investir dans votre entreprise afin de l’améliorer et de la rendre mature (drainage, équipements, bâtiments, etc.), surtout lors des premières années.

Des programmes d’aide existent afin de diminuer le fardeau de l’investissement. Il est très important d’en bénéficier si vous y avez droit! Consacrez du temps à la recherche de ces diverses aides financières, car cela pourrait être très profitable!

Réseau d’experts à votre service

Les agriculteurs qui ont réussi ne cessent de le répéter: il faut s’entourer des bonnes personnes-ressources! Elles vous guideront dans leur domaine respectif, le moment venu.

L’adhésion à un club d’encadrement technique, par exemple, représente un investissement très rentable (financé par l’État, en plus). Le fait de pouvoir compter régulièrement sur des conseillers compétents fera progresser votre entreprise plus rapidement. Des conseillers en gestion vous aideront à prendre les meilleures décisions.

Organisation du travail

À première vue, ce point peut paraître moins évident. Toutefois, l’organisation du travail est souvent une préoccupation majeure pour les exploitants, qui manquent de temps pour tout faire et pour profiter d’une vie personnelle et familiale de qualité. Cela peut devenir une cause importante de stress.

Tous n’ont pas la même capacité de travail, mais la solution réside dans une meilleure organisation du travail. Il faut avoir le réflexe de toujours prioriser les tâches.

La gestion des ressources humaines (employés) est une autre fonction pour laquelle bien des producteurs ne sont pas prêts ou formés. Sachez toutefois qu’il existe des aides et des ressources dans ce domaine.

Produire bio?

Il existe de belles possibilités dans le développement de l’horticulture biologique. Les conditions de marché sont bonnes et les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux achats locaux. La réussite d’un projet d’établissement en horticulture biologique est accessible! Investissez dans votre propre formation et inspirez-vous de ceux qui sont passés par là.

Bon succès!

Note: Le présent article s’inspire largement des conférences présentées lors d’une journée d’information sur l’horticulture biologique, organisée par la Direction régionale de la Chaudière-Appalaches du MAPAQ. Un merci tout spécial au producteur Antoine Gendreau-Turmel de la Ferme La Coulée Douce (Saint-Antoine-de-Tilly) et à la productrice Michèle Legault de la Ferme du Ruisseau (Pintendre).

André Carrier, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en horticulture

Avril 2009


Dernière mise à jour : 2016-10-13

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