Un champ bien préparé, un gage de succès!

Bien des échecs dans l'implantation d'une culture sont causés par une mauvaise préparation du champ. Le futur horticulteur est souvent pressé d'obtenir des résultats; il est donc prêt à sauter des étapes pour aller plus vite... ou pour économiser. Attention! Il vaut mieux prendre une ou deux années pour corriger les lacunes d'un champ si l'on veut réussir et garder la culture longtemps! Voici comment s'y prendre.

Examen du champ

Avant d'entreprendre quoi que ce soit, demandez les conseils d'un expert afin de vérifier si le champ en question est approprié pour le type de culture choisi. Voici quelques critères à considérer :

  • Orientation / pente / ensoleillement
  • Protection contre les vents
  • Abondance du couvert de neige
  • Drainage et égouttement
  • Écoulement de l'air
  • Topographie
  • Degré de pierrosité
  • Type de sol (lourd ou léger)
  • Antécédents (résidus d'herbicides, maladies incurables, etc.)
  • Types de mauvaises herbes présentes


Destruction des mauvaises herbes

À moins d'être en présence d'une belle prairie propre, il faut généralement se débarrasser du couvert végétal présent, et ce, avant de faire des travaux de drainage et de nivellement. Autrement, il sera difficile de détruire ces mauvaises herbes bouleversées et renversées par la pelle mécanique ou la gratte.

Les méthodes varient beaucoup selon l'utilisation d'herbicides ou non :

  • Avec herbicides (ex. : glyphosate): appliquez le produit sur de jeunes plantes en croissance active et suivez les recommandations sur l'étiquette
  • Sans herbicides: jachère longue (sol nu) avec ou sans engrais verts successifs : passez le rotoculteur (2 à 4 fois) lors des périodes de jachère, l'idée étant d'épuiser et de faire sécher les rhizomes


Élimination d'insectes nuisibles

Lors de remises en culture de vieilles prairies, on observe souvent des populations élevées de vers blancs (hannetons) et de taupins (vers fil de fer), qui peuvent causer d'importants dommages aux cultures suivantes. Les années de préparation permettent de les détruire en bonne partie.

Drainage et égouttement

Aucune culture horticole n'aime les sols mal drainés. Avec votre conseiller, vous devez évaluer quels travaux de drainage sont requis, par exemple :

  • des drains souterrains
  • l'égouttement de surface (planches, rigoles, etc.)
  • le creusage des fossés en périphérie pour abaisser la nappe d'eau et permettre l'évacuation de l'excédent

Dans certaines cultures comme le bleuet ou la framboise, il est même recommandé de confectionner des billons surélevés permanents (20-30 centimètres de hauteur) afin d'éviter certaines maladies des racines favorisées par un mauvais drainage, comme le Phytophthora dans les fraises et les framboises.

Analyse de sol

Pour déterminer quels correctifs doivent être apportés au pH et à la fertilité, il faut procéder à une analyse de sol. Le sol échantillonné doit être représentatif du champ et pris sur l'épaisseur du labour (15-20 cm).

Pour une première analyse, il importe de demander le pourcentage de matière organique ainsi que les éléments mineurs (bore, zinc, cuivre, fer et manganèse), en plus des données conventionnelles (pH, phosphore, potassium, calcium, capacité d'échange cationique, pourcentage de saturation en bases, etc.)

La correction du pH avec de la chaux (ou de la chaux magnésienne, selon les besoins) doit être faite avant l'implantation de la culture principale. C'est la même chose pour une correction de base de la fertilité générale avec des fumiers, des composts et/ou  des engrais minéraux. Les quantités requises lors de l'implantation de la culture principale seront alors moins grandes. À noter que le bleuet préfère les sols acides, donc pas besoin de chaux dans ce cas.

Choix des cultures lors des années de préparation

Très souvent, il est utile de travailler avec des cultures qui poussent vite et que l'on peut enfouir (engrais verts). Cela laisse du temps pour les périodes sans culture (jachère) où l'on peut travailler le sol et enrayer les mauvaises herbes qui pousseront.

Il faut se rappeler qu'on ne doit jamais laisser les sols à découvert, spécialement au cours de l'hiver. Voici des exemples de culture: avoine, avoine et pois, moutarde blanche, radis huileux, trèfle annuel, millet japonais, sarrasin, etc. (les deux dernières cultures ne sont pas adéquates comme couvre-sol à l'hiver, car ils gèlent très facilement).

Pour deux années de préparation, voici un scénario possible :

  • Année 1
    Le sarrasin sera enfoui en juillet; ensuite, le travail du sol diminuera la prolifération des mauvaises herbes. Il faudra implanter, avant la mi-août, un mélange de mil et de trèfle avec une avoine comme plante-abri.
  • Année 2
    L'avoine sera détruite par l'hiver, mais le mélange de mil et de trèfle sera implanté; une ou deux coupes de foin pourront être faites. Il faudra laisser le regain à enfouir comme engrais vert.

Mais les scénarios sont multiples. L'idée est d'implanter des cultures pour améliorer le sol avant l'implantation de la culture principale. Entre-temps, cela permet d'effectuer toutes les autres corrections nécessaires au drainage, à l'égouttement, à l'ajustement du pH, à la fertilité et aux apports de matière organique.

En suivant ces conseils, le sol sera prêt pour la culture principale. L'implantation a maintenant d'excellentes chances de réussir, puisque les mauvaises herbes et les insectes sont éliminés, le drainage est adéquat et la fertilité ainsi que le pH sont ajustés. Toutes ces opérations n'auraient pu se faire avec une implantation précipitée de la culture principale.

Bon succès!

André Carrier, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en horticulture

Octobre 2008

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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