Mécanisation de la récolte dans le bleuet en corymbe et la camerise

La récolte mécanisée ou semi-mécanisée de la camerise est fortement recommandée et deviendra un facteur clé pour la réussite de la culture de ce nouveau petit fruit.

Pourquoi mécaniser?

D’abord, parce que sa récolte manuelle s’avère très longue et coûteuse, mais aussi, parce qu’elle est majoritairement destinée à la production de masse et à la transformation.

Dans le cas du bleuet en corymbe, la cueillette à la main peut facilement représenter plus de 50 % du coût de production dépendamment du marché visé. Selon M. Carlos Salazar (Michigan State University), la récolte manuelle peut coûter entre 1,00 $ et 1,30 $ par kilogramme (kg) de bleuets récoltés, comparativement à 0,44 $ et 0,55 $ par kilogramme pour la récolte mécanique. Donc, plus le volume à récolter est important, plus la mécanisation des opérations de récolte est à envisager.

Dans certaines régions des États-Unis et en Colombie-Britannique, le nombre important de producteurs de bleuets en corymbe et la taille des bleuetières justifient l’utilisation de récolteuses mécaniques. Au Québec, la situation est bien différente : la quasi-totalité de ces fruits est encore récoltée à la main. Le recours à la récolte mécanique demeure marginale, certes, mais un nombre grandissant de producteurs s’y intéresse. D’où l’importance de s’inspirer du savoir-faire de nos voisins pour augmenter l’expertise québécoise dans ce domaine.

Une différence de taille

On estime qu'environ 95 % de la production canadienne de bleuets en corymbe est produite en Colombie-Britannique. L'autocueillette est très peu répandue: la majorité de la récolte est faite mécaniquement. La moitié de la production est destinée à la congélation, l'autre étant vendue fraîche au marché en gros.

Bleuetières

 

 Superficie (acres)

 Nombre de producteurs  Superficie moyenne (acres)
 Colombie-Britannique  26 000  800  32,5
 Québec  1 450  440  3,3

Les constats

Les récolteuses de type « tunnel » sont incontournables pour la récolte du bleuet en corymbe et prometteuses pour la camerise. En effet, ces modèles, qu’ils soient autopropulsés ou encore tirés par un tracteur, récoltent le rang au complet en un seul passage et nécessitent moins d’espace entre les rangs que les modèles qui récoltent un demi-rang. Ils peuvent également être utilisés même lorsque des poteaux ou des tuteurs sont installés dans la culture.

Pour les petites productions de camerise, l’aide-récolteuse « easy-harvester » affiche aussi un potentiel intéressant. Bien qu’elle requière de la main-d’œuvre pour secouer les plants durant la récolte, elle assure tout de même un rendement plus efficace qu’une récolte manuelle.

Soulignons cependant qu’avec la récolte mécanique, les pertes de fruits au sol au moment du passage de la récolteuse est inévitable. En un seul passage, jusqu’à 25 % des fruits peuvent être perdus de cette façon. Pour limiter les pertes, les plants doivent être taillés adéquatement et leur tuteurage doit être envisagé. Aussi, les fruits récoltés mécaniquement se conservent généralement moins longtemps que les fruits récoltés manuellement en raison des  microblessures causées aux fruits par la récolteuse. Finalement, les fruits récoltés mécaniquement nécessitent généralement un triage ultérieur afin d’enlever les indésirables (feuilles, branches, fruits mous, trop verts ou trop petits, etc.).

Des investissements à prévoir

Le prix des récolteuses peut varier entre 20 000 $ et 35 000 $ selon le modèle. Mais au-delà du coût d’achat, les entreprises qui décident d’investir dans la mécanisation de la récolte devront aussi prévoir les coûts associés au triage des fruits, à la réfrigération et à l’entreposage. Pour rentabiliser l’achat d’un tel équipement, les entreprises peuvent considérer un achat en commun ou l’utilisation à forfait. Toutefois, il faut savoir que certains modèles, dont les récolteuses autopropulsées, sont difficiles à déplacer d’une ferme à l’autre.

Information

Pour obtenir plus d’information sur les types de récolteuses disponibles, vous pouvez consulter le rapport suivant dans le site Internet Cultur’Innov :

Christian Lacroix, agronome
Conseiller régional en horticulture 

Caroline Turcotte, agronome
Conseillère en arboriculture fruitière et viticulture, MAPAQ Estrie

Octobre 2014

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-14

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