Tout commence par de bons transplants!

Plusieurs légumes tels que la tomate, le piment et le chou doivent être transplantés. Il est crucial de démarrer avec de bons transplants si on veut obtenir de bons rendements. Voici quelques renseignements sur les principales difficultés, les erreurs à éviter ainsi que des conseils pratiques.

Pour commencer

Planification des dates des semis

Tout d’abord, vous n’avez pas intérêt à planter des transplants trop vieux ou trop petits. Pour faire un choix éclairé, il faut s’informer de la période/durée de croissance nécessaire à chaque espèce. Par exemple, des plants de tomates trop longs qui donnent de petites tomates auront coûté plus cher à produire, seront difficiles à transplanter et risquent de donner à terme des rendements moindres.

Contenants pour semis et repiquages

De nos jours, presque tout se produit en plateaux à cellules d’environ 28 x 53 cm (11 x 21 po). La grandeur des cellules à choisir dépend de l’espèce de légume et du temps que le plant y séjournera (plus il y restera longtemps, plus la cellule doit être grande).

Mentionnons que les semis peuvent être faits directement dans des plateaux à cellules, puis repiqués dans de plus grands formats. Dans le cas des tomates, les semis plantés dans des 288 ou même des 406 cellules peuvent être repiqués à la première vraie feuille dans des 24, 38, 50 ou même des 128 cellules, selon le temps qu’ils doivent y séjourner et le type de plant.

Terreaux

Certains terreaux conviennent davantage aux semis alors que d’autres sont privilégiés pour le repiquage. Les terreaux à semis sont plus fins et uniformes, car ils doivent permettre un bon contact avec les semences, même très petites; ils contiennent donc moins d’engrais. Quant au terreau à repiquage, il peut être plus grossier, mais il doit comporter les qualités d’un bon terreau, soit d’être poreux et bien drainé, de ne pas trop se compacter, d’avoir un pH ajusté et de contenir une bonne quantité d’éléments nutritifs.

Les problèmes de fertilité et de mauvais pH sont fréquents. Il faut donc analyser le terreau afin de pouvoir le corriger correctement.

Une fois en terre

Chambre à germination

Il peut être utile de faire germer les semences dans un local approprié tel qu’une chambre de germination. Mais attention! Certaines semences germent mieux en présence de lumière, d’autres pas. Dans tous les cas, ce local doit être équipé pour garder la température et l’humidité assez élevées (variables selon les espèces), ce qui active la germination. Dès qu’on observe la levée, les semis doivent être immédiatement placés ailleurs, où il y a de la lumière.

Chambre à semis

Il est très utile de démarrer les semis à la maison ou dans un local bien isolé : appelons cela une chambre à semis. Cette dernière évite de devoir chauffer une serre alors qu’on a besoin de peu d’espace de culture. Toutefois, une maison avec beaucoup de fenêtres ne sera jamais une serre : il faut une température assez chaude et de l’éclairage supplémentaire, à défaut de quoi vous pourriez obtenir des plants étiolés par le manque de lumière.

Les jeunes semis et les plants peuvent être exposés à la lumière jusqu’à 18 heures par jour. L’éclairage peut provenir de fluorescents doubles espacés de 15 cm et placés de 15 à 25 cm au-dessus des plants. Une ou des lampes au sodium feront aussi l’affaire et nécessiteront moins de quincaillerie. Attention : ces lampes dégagent beaucoup de chaleur et doivent être éloignées des plants (ex. : 2 mètres) pour éviter de les brûler.

Conditions de croissance des plantules

Renseignez-vous sur les diverses conditions de température et d’humidité requises pour les différentes espèces. Pour une petite entreprise, il est parfois difficile de donner à chaque espèce les conditions idéales, mais c’est possible lorsqu’on les place à divers endroits plus ou moins chauds dans la serre. Voici vers quoi il faut tendre :

  • entre 20 °C et 25 °C le jour
  • entre 15 °C et 19 °C la nuit
  • un taux d’humidité entre 50 et 80 %

À éviter dans les serres : les courants d’air froid, un brassage de l’air déficient, le mauvais fonctionnement du chauffage (émanation de gaz toxiques), les gouttelettes d’eau froide sur les plants (utilisez des plastiques antigouttes), etc. Comme la chaleur monte toujours, les ballons d’air chaud ou les tuyaux de chauffage doivent être placés près du sol ou sous les tables. Quant aux tapis chauffants, ils sont très utiles sur les tables.

Arrosage et fertigation

Les producteurs d’expérience vous diront que la personne la plus importante est celle qui arrose! Avec la production en multicellules, l’espace aux racines est très restreint, donc la réserve d’eau est faible et les arrosages doivent être plus fréquents. Selon la météo et le stade de croissance des plants, il y a des jours où l’on devra arroser quelques fois et d’autres pas du tout. Des excès d’arrosage en période trop sombre risquent d’occasionner de la compaction et la croissance d’algues sur le dessus du terreau.

Pour les engrais, surtout en culture conventionnelle, on peut moduler le type de plant que l’on souhaite obtenir selon les engrais choisis. Il n’y a pas que le bon vieux 20-20-20! Il est préférable de fertiliser un peu à chaque irrigation que de fertiliser beaucoup une fois par semaine. De plus, la concentration de la solution nutritive doit augmenter avec l’âge des plants.

Il est normal et recommandé de lessiver une partie de l’arrosage/solution nutritive à chaque irrigation. La norme est de lessiver 10 % de la quantité par 100 ppm d’azote utilisé (ex. : avec 200 ppm d’azote, on lessive 20 %). Cela évite les augmentations de salinité.

Espacement des plants

On voit souvent des serres trop chargées de plants, ce qui provoque de l’étiolement et plus de maladies. La qualité générale des plants en est donc affectée. En principe, on espace les plants chaque fois qu’ils commencent à se toucher, sinon ils s’étioleront.

Endurcissement des plants

Il doit y avoir une période d’adaptation entre la serre et la transplantation au champ, sinon les plants risquent de subir de grands chocs. On n’endurcit pas les plants en diminuant l’eau et les engrais, mais plutôt en abaissant les températures. Pendant la dernière semaine en serre, pour la plupart des espèces, visez de 10 à 12 °C la nuit et de 12 à 15 °C le jour.

Prenez des notes!

La production de transplants exige de retenir une foule de détails. Notez toutes les dates importantes, les cultivars, leurs comportements, les conditions de croissance, les traitements appliqués, etc. Ce sera payant de ne pas refaire les mêmes erreurs, mais surtout, de cumuler les bons coups!

André Carrier, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en horticulture

Avril 2012


Dernière mise à jour : 2016-10-13

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