Une occasion d'affaires pour le consommateur et le producteur

Producteurs, connaissez-vous les paniers d’Agriculture Soutenue par la communauté (ASC)? Consommateurs, êtes-vous abonné pour la saison estivale? Saviez-vous que cette formule, qui gagne en popularité, est encore peu présente sur une partie du territoire de la Chaudière-Appalaches? Apprenez-en plus sur les avantages de cette mise en marché, qui saura profiter à chacun.

Au moment où vous lisez ces lignes, il est temps pour plusieurs producteurs horticoles, qui commercialisent sous la formule d’ASC, de planifier leur saison selon le nombre d’inscriptions de clients. Cette méthode permet au producteur, moyennant un paiement pré-saison de la part de la clientèle, d'acheter ses semences et planifier ses cultures en fonction des ventes qu’il réalisera. Cette formule est généralement offerte par les producteurs en agriculture biologique, mais en Chaudière-Appalaches, quelques entreprises en production conventionnelle l’offrent également.

Autant à l’été qu’à l’hiver, des paniers regorgeant de légumes, de fruits, de viandes, d’œufs ou d’autres produits transformés, sont offerts à la ferme ou livrés à des points de chute, et parfois même à domicile.

Les formules

Différentes formules d’ASC peuvent être envisagées : biologiques, conventionnelles, paniers de printemps, d’été ou d’hiver. Les paniers d’hiver sont généralement composés de légumes de conservation, de produits transformés, d’œufs ou de viandes. Des partenariats peuvent également être conclus avec des organismes comme Équiterre et la Coopérative La Mauve ou directement entre producteurs. En ce qui concerne les livraisons, les saisons peuvent être normales ou allongées. La durée des livraisons des paniers d’été varie d’une ferme à l’autre en fonction du désir du producteur. Elle se situe toutefois entre 16 et 23 semaines. Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site Web d’Équiterre ou celui de la Coopérative La Mauve.

Les avantages

Les consommateurs qui se procurent les paniers d’ASC retirent un bon nombre de bénéfices. En effet, l’ASC donne accès à des produits frais, locaux et dans la majorité des cas, les paniers sont biologiques. Ces produits sont vendus à un prix juste, équitable et raisonnable pour le producteur et le consommateur. Ceci est possible puisque le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur est réduit. Au-delà de la simple transaction, c’est une relation qui se créée, le consommateur est, en fait, un partenaire de l’entreprise!

Pour le producteur, il s’agit d’une meilleure planification des cultures. Les pertes sont ainsi réduites. La planification financière est également facilitée puisqu’il reçoit la totalité ou une partie du paiement de ses produits avant le début de la saison de production. Donc, le producteur peut se permettre de payer les intrants avant la récolte.

Ainsi, des retombées sociales s’ajoutant aux retombées économiques sont à considérer, soit :

  • la valorisation de la profession
  • l’occupation du territoire
  • l’établissement de jeunes en région.

De plus, la diminution du nombre de kilomètres de transport des aliments contribue à l’essor du marché et par le fait même, réduit la concentration des gaz à effet de serre. Bref, l’achat de paniers a des avantages qui surpassent la transaction financière, il a de véritables retombées sur la société québécoise.

Le contenu du panier

Plusieurs entreprises décident de produire de leur gré, le contenu de leurs paniers. On parle donc de 20, 30 ou parfois même 40 types de légumes et de fruits différents à cultiver. En incluant les variétés cultivées, on compte parfois une centaine de produits venant de la ferme. De plus, les producteurs peuvent bénéficier d’une forme de partenariat entre fermes afin d’échanger ou d’acheter des produits pour compléter ou diversifier leurs paniers. Le consommateur profite ainsi d’un plus grand choix, et risque de préférer les produits locaux à ceux de l’épicerie. Cependant, le contenu ne doit pas être identique chaque semaine. Il doit être équilibré en matière de quantité.

En général, le panier contient de 7 à 12 produits différents. La majorité du panier doit être composée de produits dits « de base », c'est-à-dire : tomate, laitue, concombre, haricot, pomme de terre, carotte, oignon, etc. Ceux-ci sont l’assise du panier. Ensuite, on doit y trouver un, deux, voire trois produits occasionnels tels que : ail, chou, poireau, asperge, navet, betterave, petits fruits, fines herbes, bette à carde, etc.

À l’occasion, des produits plus rares ou moins connus peuvent être ajoutés. Voici quelques exemples de produits qu’on retrouve moins souvent, mais qui s’avèrent tout autant appréciés: œuf, confiture, fleur d’ail, topinambour, céleri-rave, piment fort, fenouil, radis noir, etc. Osez surprendre votre clientèle, et n’oubliez pas d’accompagner ces produits de recettes, elle vous en sera reconnaissante.

Le prix

La fixation du prix n’est pas une tâche simple. Elle doit tenir compte de la réalité de la valeur marchande des produits, mais avant tout le prix des parts doit couvrir les coûts globaux de production. En moyenne au Québec, les prix des parts par semaine se situent aux environs de 20 $ le panier pour une personne, 28 $ pour deux personnes et 30 $ pour une famille. Ces prix ne sont qu’une moyenne et sont fournis à titre indicatif seulement. Ils peuvent varier d’une ferme à l’autre et du type de culture, biologique ou conventionnel.

Les opportunités

Plusieurs secteurs de la région de la Chaudière-Appalaches ne sont toujours pas couverts par l’offre de paniers en ASC. La majorité des points de chute sont situés près des grands centres urbains et près du fleuve Saint-Laurent. Par exemple, bien que les secteurs de Sainte-Marie et de Thetford Mines, soient couverts par des kiosques à la ferme, des marchés publics ou des points de chute de paniers non biologiques, ils ne sont toujours pas desservis par une offre de paniers biologiques. De plus, les points de chute en milieu de travail, c’est-à-dire dans les entreprises et les institutions, offrent un bon potentiel pour les entreprises agricoles et sont encore peu démunies par celles-ci dans la région. La livraison en milieu de travail offre des avantages et devrait être plus développée.

Que ce soit pour l’établissement en agriculture ou une diversification de votre production actuelle, il y a encore de la place pour les paniers dans notre région. Saisissez-en l’opportunité!

Liens utiles

Source :
L’agriculture soutenue par la communauté, Élizabeth Hunter.

Jonathan Roy, agronome
Conseiller en agriculture biologique
Sarah Lepage
Conseillère en agrotourisme et commercialisation en circuit court

Avril 2014

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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