Analyse-moi ça!

Nourrir un troupeau vache-veau, c’est du sérieux! On doit porter une attention particulière à l’alimentation étant donné son influence sur les coûts de production et sur les performances. Et si on analysait vos fourrages, question d’y voir plus clair?

Le jeu en vaut la chandelle, puisque les coûts liés à l’alimentation représentent de 50 à 60 % des dépenses de production. C’est majeur! Des aliments et des rations alimentaires inadéquates peuvent réduire considérablement le nombre de veaux produits par année. Il faut toujours garder en tête que le nombre de kilogrammes de veau produits par vache par année est la source de revenus la plus importante pour une entreprise bovine.

L’analyse des fourrages permet à l’éleveur d’équilibrer la ration et d’assurer le suivi alimentaire d’un groupe d’animaux. Chaque fourrage est unique et il est primordial d’en connaître sa valeur. Bien qu’une analyse en laboratoire soit nécessaire pour connaître l’information requise à la formulation des rations, une évaluation visuelle des fourrages s’avère très importante.

Votre propre analyse…

Vous devez utiliser vos yeux, votre nez et vos mains. En prenant le temps d’observer, de sentir et de toucher l’aliment que vous servirez à vos bêtes, vous pourrez éviter bien des problèmes tels que le refus de vos animaux à manger le fourrage ou encore, des baisses de production si les animaux en consomment et tombent malades.

…et celle du labo!

L’analyse typique de laboratoire contient des résultats sur la matière sèche, la protéine brute, la fibre ADF et NDF ainsi que les minéraux majeurs contenus dans le fourrage. D’un point de vue chimique, un fourrage est constitué de deux composants, soit l’eau et la matière sèche.

La matière sèche constitue le pourcentage du poids de l’aliment qui n’est pas de l’eau. Les résultats d’analyse s’y rapportent afin d’éliminer l’effet de dilution de l’humidité. Le taux de matière sèche permet d’ajuster le tonnage récolté et d’obtenir les réels rendements de fourrage des champs. Cette matière sèche est très importante lors de la formulation des rations puisque les animaux en ont besoin d’une quantité spécifique par jour.

Comme les rations sont formulées sur la base de la matière sèche, si le fourrage est plus humide que prévu, cela signifie que les animaux reçoivent plus d’eau et moins de nutriments que calculé.

Qu’est-ce qu’ils mangent?

Les fourrages sont des aliments grossiers, volumineux et fibreux dont la valeur nutritive varie énormément. Les plus utilisés pour les bovins de boucherie sont les foins de graminées et de légumineuses, les ensilages d’herbe, de maïs et de céréales ainsi que les pâturages durant la saison estivale. Les fourrages constituent l’aliment quasi exclusif des bovins de boucherie; il est donc primordial d’en conserver toute la valeur nutritionnelle lors de l’entreposage et d’en évaluer la valeur nutritive. Leur qualité influence notamment la consommation volontaire de matière sèche (CVMS), comme vous le verrez dans le tableau 1.

Connaître les valeurs nutritives des aliments servis aux animaux est fondamental pour l’agronome qui formule vos rations. Toutefois, c’est votre devoir de produire ces aliments en quantité et en qualité appréciables. Le tableau 2 vous donnera l’heure juste sur ce que devrait avoir l’air votre récolte.

L’échantillon

N’oubliez pas que le soin apporté au prélèvement de l’échantillon constitue l’étape la plus importante de l’analyse en laboratoire. En effet, l’analyse n’a de valeur que si l’échantillon est représentatif de l’aliment. Malgré sa petite taille, l’échantillon doit représenter le mieux possible la totalité de votre récolte.

Tableau 1

Consommation volontaire de matière sèche (CVMS)

en fonction de la qualité des fourrages

 

       CVMS (pourcentage du poids vif de l'animal)

 

Fourrage pauvre ou paille

Fourrage de bonne qualité

Fourrage d'excellente qualité

Bovins en croissance 

 1 %

 1,8 à 2 %

 2,5 à 3 %

Vache tari et taureau

 1,4 à 1,6 %

 1,8 à 2 %

 2,3 à 2,6 %

Vache et son veau

 1,6  à 1,8 %

 2 à 2,4 %

 2,5 à 3 %

 Source : Guide Vache-veau (CRAAQ) 

Tableau 2

Composition de divers ingrédients alimentaires

utilisés chez les ruminants (base matière sèche)

 Aliment

MS 
%

PB 
%

ADF 
%

 NDF
%

CA


%

 K
%

 S
%

Graminées (ensilage)

 30

 11

 39

 60

 0,70

 0,24

 2,1

0,22 

Luzerne (ensilage)

 30

 18

 37

 49

 1,40

 0,29

 2,6

 0,29

Maïs (ensilage mature)

 34

 8

 27

 46

 0,28

 0,23

 1,1

 0,12

Avoine (ensilage)

 35

 12

 39

 59

 0,34

 0,30

 2,4

 0,25

Fléole (foin du début de l'épiaison)

 88

 11

 39

 63

 0,58

 0,26

 1,9

 0,21

Fléole (foin de la pleine épiaison)

 88

 8

 40

 65

 0,43

 0,20

 1,8

 0,13

Luzerne (foin du début de la floraison)

 90

 19

 35

 45

 1,41

 0,26

 2,5

 0,28

Luzerne (foin de la pleine floraison)

 88

 16

 40

 52

 1,20

 0,23

 1,7

 0,25

Trèfle ladino (foin)

 90

 21

 32

 36

 1,35

 0,32

 2,4

 0,20

Luzerne fraîche

 24

 19

 34

 46

 1,35

 0,27

 2,6

 0,29

Trèfle ladino (frais)

19

25

33

35

1,27

0,38

2,4

0,20

Adapté de NRC 2007 et de www.beef-mag.com

Natalie Sylvain, agronome
Conseillère régionale en production animale

Décembre 2010


Dernière mise à jour : 2016-11-04

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