Petits rappels tout simples pour les pâturages

Pas si sorcier, la gestion des pâturages! Il suffit d’appliquer quelques trucs simples, mais efficaces, afin que vos bêtes connaissent une saison de paissance profitable tout en optimisant la qualité de vos pâturages.

La grande sortie

La première sortie des animaux au pâturage doit se faire le plus tôt possible, en mai. Passez à l’action : faites prendre l’air à vos bovins dès que la nature commence à verdir et avant que vous commenciez à tondre votre pelouse. Mieux vaut compléter l’alimentation avec du fourrage d’appoint lorsque la sortie est hâtive, comme c’est le cas lors d’une période de sécheresse, que d’être en retard pour la première sortie au pacage. 

Pour combien de temps?

Sur une parcelle, la durée de paissance est de moins de cinq jours et ne doit surtout pas dépasser sept jours. Si vos animaux y demeurent plus d’une semaine,  ils commencent à paître la jeune repousse, ce qui épuise la plante et la fait disparaître. Graduellement, ce sont les graminées basses qui prennent la place laissée vacante avec le trèfle blanc sauvage. Ce dernier est beaucoup plus résistant à la surpaissance que le trèfle ladino, mais il produit de bien plus petites feuilles. Ainsi, la vache qui broute a de moins en moins d’herbe à manger, car ces plantes ont de très faibles rendements. Vous serez donc dans l’obligation d’apporter rapidement une alimentation au champ. 

On y retourne ou pas?

Quand les animaux peuvent-ils retourner dans une parcelle qui a déjà été pâturée? Voilà une véritable intrigue pour plusieurs producteurs en raison des aléas de la température.

Retenez que le trèfle ladino ou le trèfle blanc sauvage est prêt à être brouté quand il a commencé sa floraison, soit environ 15 à 20 jours après la sortie des animaux. Avec ses belles fleurs blanches, cette plante se voit très bien de loin et vous facilite la vie. À retenir : ce n’est pas la hauteur ou un nombre de jours fixe après la sortie des animaux qui compte pour faire une bonne rotation des parcelles, mais plutôt le stade de croissance.

Pour la survie des plantes, il faut faire une rotation avec un minimum de six parcelles. Et notez bien ce qui suit : les animaux devraient retourner à la première parcelle pâturée avant la fin de juin, question d’éviter les refus à faucher par la suite. Plus la paissance aura commencé tôt en mai, plus il y aura de parcelles qui auront été pâturées en juin. Ainsi, commencez vos foins avant la fin de mai dans une ou deux parcelles qui comptent parmi les plus productives de votre pâturage, en choisissant celles qui en sont à leur première ou leur deuxième année après le réensemencement. L’avantage, c’est que vous pouvez essayer votre machinerie juste avant le vrai temps des foins!

Faire quelques réaménagements

Tout doit être pensé pour vous faciliter la vie lorsque vient le moment de déplacer les animaux d’une parcelle à une autre. Apportez des modifications en été et non au printemps, puisqu’à cette période, vous avez trop de travail à faire au champ. Vous pouvez en profiter pour aménager des couloirs d’accès ou de nouvelles clôtures permanentes. 

Des symptômes à surveiller

Certaines mauvaises herbes sont des indicateurs de problèmes à corriger. La potentille, qu’on appelle le bouton d’or, est un indicateur d’un drainage déficient. Pour leur part, l’épervière jaune ou orange, la marguerite et le fraisier sauvage sont des indicateurs d’un faible pH. Il est alors inutile d’ensemencer des mélanges reconnus pour les pâturages qui ne peuvent s’implanter avec un pH bas ou un drainage déficient. En augmentant le pH, on peut introduire le trèfle ladino qui repousse rapidement en moins de 20 jours.

Pensons aussi à ces mauvaises herbes indésirables comme le chardon. Ce dernier colonise certains pâturages en se propageant par stolon et occupe des zones très denses qui s’étendent chaque année. Cette plante s’installe là où il y a eu des accumulations de fumier, ce qui est souvent lié à la surpaissance. En fait, cette plante indésirable aime la fertilisation azotée à l’excès. Pour l’éliminer, il faut la faucher après la première sortie des animaux, puis en juillet s’il y a une repousse, afin d’épuiser le plant mère, comme on le fait dans les prairies. 

Un petit coin d’ombre

Avec nos étés chauds, il est important de préserver les zones d’ombrage pour les animaux. Vous pourriez aménager vos clôtures autour de vos petits boisés pour en limiter l’accès au troupeau, ce qui permettra de conserver les arbres vivants. 

Besoin de conseils?

Si vous êtes intéressé à en savoir plus, vous pouvez communiquer avec l’auteure de cet article au Centre de services agricoles de Montmagny (418 248-8901). Vous pourrez ainsi planifier une visite terrain avec votre conseiller. La Direction régionale de la Chaudière-Appalaches du MAPAQ prévoit aussi organiser quelques journées de démonstration réparties sur le territoire, durant la première semaine d’octobre.


France Bélanger, agronome
Conseillère en développement régional

Août 2012

 
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Dernière mise à jour : 2016-10-13

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