De bonnes raisons d’investir

Réfléchir à ses investissements fait partie intégrante de la gestion d’une entreprise agricole. C’est aussi le cas lorsque vient le temps de faire des choix génétiques. L’achat d’un bélier qui sera le père de 150 à 200 agneaux, selon le niveau de productivité des brebis, mérite que l’on tienne compte de certains éléments zootechniques.

La valeur génétique supérieure d’un bélier va porter ses fruits dès la première année. La conformation des agneaux, de meilleurs gains de poids avec un état d’engraissement optimum, une meilleure efficacité alimentaire ou encore, de meilleures qualité et quantité de lait sont des critères techniques ayant un impact direct sur l’amélioration de la rentabilité de l’entreprise.

Le gain apporté par la nouvelle génération s’ajoute à celui déjà capitalisé lors des années précédentes. En procédant à une sélection génétique constante, l’éleveur obtient un troupeau homogène, ce qui facilite la conduite du cheptel.

Des choix déterminants

Les éleveurs qui procèdent à leur renouvellement d’agnelles bénéficient également du travail d’élevage fait par le fournisseur de futures femelles (sélectionneur). Acheter un animal non qualifié peut entraîner plusieurs conséquences fâcheuses, notamment une baisse de prolificité des agnelles acquises. Autre exemple : du seul fait de leur apport génétique, des béliers engendreront des filles qui, au total, produiront dix agneaux de moins. Si d’autres problèmes techniques s’accumulent pendant la carrière du bélier, se sont alors des milliers de dollars qui seront perdus.

Selon des études menées par l’Institut d’Élevage en France, les impacts techniques et économiques de la gestion du renouvellement démontrent que :

  • la proportion de brebis improductives devient significative à partir de 5 ou 6 ans d’âge
  • la prolificité culmine vers 4 ou 5 ans
  • la mortalité des agneaux augmente très rapidement à partir de 6 ou 7 ans d’âge des brebis

Il est donc nécessaire de maintenir un renouvellement minimum de 18 à 20 %.

Réduire le nombre d’agnelles conservées (pour produire plus d’agneaux de marché) ou le nombre d’agnelles achetées (pour réduire les charges) entraînera un vieillissement général du cheptel reproducteur. De ce fait, lors des années suivantes, le nombre d’agneaux disponibles diminue, tout comme le progrès génétique qui aurait dû être apporté par les jeunes animaux.

Référence : Réussir PÂTRE, numéro 589, décembre 2011.

Natalie Sylvain, agronome
Conseillère régionale en production animale

Février 2012


Dernière mise à jour : 2016-10-14

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