Faire appel à un mentor pour la relève agricole

Le mentorat est une forme de développement dans lequel une personne investit du temps, de l'énergie et du savoir-faire personnel pour accompagner un entrepreneur dans sa croissance et dans le développement de ses compétences.

Le mentorat vient aussi briser l'isolement que connaît tout nouvel entrepreneur ou dirigeant, il enraie le découragement et la prise de décision hâtive tout en lui permettant de développer son plein potentiel. Comme dit le vieil adage « lui est chanceux, son père est venu au monde avant lui », donc pourquoi ne pas s'entourer. Les mentors sont des personnes particulières dans nos vies qui, par leurs réussites et leur assistance, nous aident à avancer vers la réalisation de notre projet. Plusieurs spécialistes des affaires soutiennent qu'une entreprise ne dépasse pas l'envergure de son chef. Ainsi, le mentor suscite la réflexion, accompagne et motive. Il doit toujours viser l'autonomie de son «poulain».

Le profil de l'aspirant se définit comme un entrepreneur qui désire cheminer et apprendre; qui accepte de faire un bilan personnel et professionnel ainsi que de se fixer des objectifs précis de développement; qui cherche des avenues, des pistes pour faire mieux ou autrement et qui veut valider ses choix et ses décisions.

Le mentor, quant à lui, écoute et questionne, encourage et motive, collabore à identifier les solutions possibles, partage son sens critique et respecte la confidentialité des échanges.

Dans sa relation avec le nouvel entrepreneur, le conseiller contribue à développer une plus grande confiance en soi, à préciser les buts et les objectifs, à améliorer la recherche de solutions et à développer les aptitudes à saisir les occasions.

La relève doit alors faire preuve d'ouverture et discuter franchement avec son mentor de ses projets, ses inquiétudes et ses questionnements. Le mentor joue alors un rôle de premier plan en encourageant, mais aussi en confrontant des idées ou décisions. Les jeunes entrepreneurs sont des gens enthousiastes. Les idées bouillonnent dans leur tête. Ils ont le vent dans les voiles. Le mentor leur sert de gouvernail. Il faut donc compter sur une période de douze à dix-huit mois pour profiter de ses bénéfices. D'un autre côté, une relation de mentorat qui dépasse le cap des deux ans peut entraîner une dépendance envers son conseiller.

La confidentialité et l'éthique

Le mentor d'affaires doit absolument conserver secrètement les propos échangés et ne peut rien divulguer sans le consentement de son «poulain», incluant même l'existence du jumelage. Tout conflit d'intérêts potentiel devrait d'ailleurs mettre fin immédiatement au jumelage.

La perception de soi: première limite d'un individu

Au moment où le Québec s'apprête à vivre une vague importante de succession de propriétaires et de dirigeants d'entreprise, on doit constater que les entrepreneurs québécois ne sont pas réputés pour être des utilisateurs aguerris de l'expertise externe et qu'ils hésitent à consulter. Le mentorat se présente comme un moyen complémentaire à la gamme existante d'outils d'encadrement et de préparation de la relève en facilitant le recul, la réflexion et le recours à l'expertise en place. En affaires comme dans la vie privée, un peu d'humilité et la reconnaissance de nos faiblesses restent encore la plus grande preuve d'intelligence. Surtout quand des gens généreux de leur expertise et de leur temps demandent qu'à nous aider à réussir. 

Alain Boily, agronome
Conseiller régional en acériculture

Février 2008


Dernière mise à jour : 2016-10-14

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