Les grandes cultures et la protection phytosanitaire

Les grandes cultures, destinées à l’alimentation animale ou humaine, sont un domaine de production non négligeable dans notre région. La rentabilité de ce secteur et la protection de l’environnement, notamment à l’égard de la conservation des sols, de la protection de l’eau et de l’utilisation des pesticides, demeurent des enjeux importants. C’est pourquoi nos actions veillent à soutenir les producteurs dans les défis auxquels ils doivent faire face.

Vos questions, nos réponses!

Voici quelques-unes des questions qui nous sont souvent posées au sujet des grandes cultures et du contrôle de leurs ravageurs :

1. Comment savoir si la présence d’insectes ou de maladies dans ma culture peut engendrer des pertes de rendement?

À chaque année, le MAPAQ surveille les ravageurs ayant le potentiel d’engendrer des pertes économiques dans diverses cultures végétales, dont les grandes cultures. En Chaudière-Appalaches, on dépiste plus de 50 champs avec l’aide des clubs-conseils en agroenvironnement et des services du Laboratoire de diagnostic en phytoprotection pour suivre l’évolution des 12 principaux ravageurs des grandes cultures.

De plus, le Ministère effectue annuellement le dépistage de nouveaux ravageurs et la collecte d’information à leur sujet, par exemple le ver-gris occidental du haricot ou le nématode à kyste du soya, pour ne nommer que ceux-là.

Grâce aux résultats de ces dépistages, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) publie à chaque semaine des communiqués qui dressent l’état de la situation et l’évolution des différents ennemis des cultures et propose, s’il y a lieu, des moyens de lutte. Ces renseignements fournissent aux agronomes des outils pour effectuer le dépistage de vos champs et vous conseiller à propos des moyens de lutte contre les ravageurs présents. Pour en savoir davantage, consultez le site Web du RAP.

2. Comment savoir si j’ai besoin de semences traitées aux insecticides?

La décision d’utiliser des semences enrobées d’insecticides pour contrer les ravageurs des semis devrait être basée sur l’analyse de différents facteurs de risque, soit l’historique d’infestations, le précédent cultural et le type de sol. Or, les résultats du dépistage réalisé au Québec dans plus de 800 champs, dont plusieurs en Chaudière-Appalaches, ont démontré ceci : seulement 11 % des champs dépistés au printemps dépassent le seuil économique d’intervention (1 ver fil-de-fer par piège par semaine). Étant donné que ce seuil est jugé conservateur au Québec, on peut affirmer que l’utilisation systématique de semences traitées aux insecticides n’est pas justifiée pour lutter contre ce ravageur.

La première étape est donc de dépister les champs. Vous pouvez recourir aux services-conseils d’un agronome afin qu’il effectue le dépistage des insectes ravageurs des semis ou le suivi de la levée de la culture au printemps. Au terme de cette opération, votre agronome déterminera si vous pourriez utiliser des semences non traitées avec des insecticides. Afin de connaître la liste des hybrides de maïs traités exclusivement aux fongicides, vous pouvez consulter la liste publiée par le RAP.

3. Quels outils peuvent m’aider à savoir quand je dois traiter mes céréales contre la fusariose ou si je dois appliquer des fongicides sur mon soya?

Durant la saison de culture, le RAP – Grandes cultures publie les prévisions des niveaux de risque d’infection pour la fusariose dans les céréales. Le risque d’infection par le champignon qui cause la fusariose de l’épi des céréales est étroitement lié aux conditions météorologiques présentes au moment de l’épiaison et de la floraison. Ainsi, les prévisions se basent sur la station météorologique la plus près.

Présentées sous forme de carte et mises à jour régulièrement, ces prévisions vous permettent de vérifier s’il est nécessaire d’effectuer un traitement. Si, par exemple, le risque annoncé pour une zone est élevé, mais que la majorité des plants ne sont pas dans la fenêtre d’infection, il est inapproprié et même inutile d’appliquer un traitement fongicide. Pour recevoir ces prévisions par courriel, veuillez communiquer avec votre conseiller en grandes cultures du MAPAQ.

En ce qui a trait au soya, plusieurs des maladies présentes au Québec dans cette culture ne sont pas contrôlées par les fongicides. La seule maladie du soya pouvant justifier l’application de fongicides sous nos conditions est la pourriture à sclérotes. Toutefois, ces fongicides foliaires ne permettent pas d’éradiquer la maladie lorsque les plants sont déjà infectés. De plus, sur la base des résultats agronomiques des essais réalisés, une analyse économique* montre que seule une faible proportion des traitements s’est avérée rentable (3 sur 32) dans la culture du soya. D’autres moyens de lutte et de prévention de la maladie existent tels que l’utilisation de cultivars résistants et la rotation avec des cultures non sensibles comme le maïs ou les céréales à paille. Pour plus d’information sur le sujet, vous pouvez consulter le bulletin 12 du RAP.

4. Je désire modifier un pulvérisateur ou un équipement de désherbage mécanique ou en faire l’acquisition. Existe-t-il des subventions à cet effet?

Le volet 1 du programme Prime-Vert finance l’acquisition d’équipement visant à réduire l’usage ou les risques liés à l’utilisation des pesticides. Cette aide est offerte à toutes les exploitations agricoles qui utilisent des pesticides ou qui œuvrent en production biologique. L’équipement de pulvérisation ou de sarclage usuel ou complet n’est pas admissible; seuls les équipements considérés comme ayant une valeur agroenvironnementale peuvent faire l’objet d’une subvention.

Pour plus d’information sur cette aide financière, vous pouvez communiquer avec Yannick Cadorette-Breton au 418 386-8116, poste 1554 ou par courriel.

5. Je ne possède pas de ruches. Dois-je me soucier des risques de dérive des pesticides sur la santé des abeilles?

Les abeilles se déplacent couramment dans un rayon de 2 à 3 km autour de la ruche pour butiner, voire jusqu’à 5 km. Ainsi, même si vous n’êtes pas apiculteur, il est fort probable que vos cultures reçoivent la visite d’abeilles ou d’autres insectes pollinisateurs.

Si vous appliquez des pesticides ou recourez à des semences traitées aux insecticides, deux nouveaux outils s’offrent à vous sur le site Internet Info-Sols, dans la section Couches régionales. Une carte spécifie les zones à risque pour les pollinisateurs alors qu’une autre indique la densité des ruchers sur le territoire. À l’aide de ces deux cartes, vous pourrez vérifier si vous êtes situé dans une zone à risque pour les pollinisateurs ou si des ruchers sont présents à proximité de vos champs. Si tel est le cas, vous pourriez alors communiquer avec le ou les apiculteurs concernés avant d’appliquer vos pesticides.

À l’aide d’un agronome, vous pourriez également choisir un produit moins toxique ou encore décider d’effectuer vos arrosages d’insecticides le soir ou très tôt le matin, lorsque les abeilles ne butinent pas. Vous pourriez aussi installer un déflecteur sur votre semoir afin de réduire la dérive de poussières provenant de semences traitées aux insecticides. Il est possible de bénéficier d’une aide financière allant jusqu’à 900 $ pour ce genre d’équipement grâce au programme Prime-Vert.

Ce que nous pouvons faire pour vous

Les services offerts par la Direction régionale de la Chaudière-Appalaches du Ministère sont la diffusion d’information sur les cultures établies et en émergence ainsi que sur le contrôle des ennemis des cultures. Nous offrons également de l’accompagnement aux entreprises en démarrage, par exemple pour évaluer le potentiel de mise en culture d’une terre. Nous vous invitons à communiquer directement avec la conseillère en grandes cultures et en agroenvironnement Line Bilodeau au 418 386-8116, poste 1524 ou par courriel.

*Belzile, L. 2016. Utilisation des fongicides foliaires en grandes cultures (volet économique). Rapport final. IRDA, 19 pages.

Line Bilodeau, agronome, M. Sc.
Conseillère en grandes cultures et en agroenvironnement
 
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Dernière mise à jour : 2017-07-20

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