L'horticulture

Si l’on pense à l’agriculture en Chaudière-Appalaches, ce sont surtout l’acériculture et les productions animales qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, parmi les 5400 entreprises agricoles qu’on y retrouve, près de 350 font de l’horticulture. Ayant la chance de côtoyer ces producteurs, nous avons probablement l’un des plus beaux métiers du monde.

À l’échelle du Québec, la région occupe le troisième rang quant aux superficies consacrées à la culture de la fraise ainsi que le deuxième rang pour celles dédiées à la culture du bleuet en corymbe et des arbres de Noël. La pomiculture occupe également une place non négligeable avec près de 50 vergers en exploitation sur le territoire.

Vos questions, nos réponses!

Voici quelques questions parmi celles qui nous sont les plus fréquemment posées :

1. J’ai une terre et je veux me lancer en horticulture. Quelles sont les cultures les plus rentables?

Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec offre, sur son site Internet, plusieurs budgets de production pour les cultures de fruits et de légumes. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que ces documents sont basés sur la situation d’entreprises bien établies et déjà rentables. En période de démarrage, l’atteinte de la rentabilité dépend de bien d’autres critères que du choix de culture ou d’un budget de production.

Si votre voisin produit du bleuet en corymbe, mieux vaut arrêter votre choix sur un autre type de production. Il faut tenir compte du potentiel de marché et des autres producteurs déjà établis. Mais peu importe votre choix, vos chances de succès seront meilleures si :

  • vous choisissez une culture qui vous passionne
  • vous êtes minutieux et observateur
  • vous faites les investissements requis
  • vous êtes « patenteux » (car en horticulture, les « patentes » permettent de sauver beaucoup d’heures de travail manuel)
  • vous participez aux journées d’information et de démonstration au champ et n’hésitez pas à innover dans vos pratiques
  • vous recourez aux services-conseils et faites affaires avec des professionnels dont les connaissances sont complémentaires aux vôtres
  • vous consacrez du temps à la mise en marché et la promotion de vos produits
  • vous ne dépendez pas d’un seul acheteur
  • votre site, vos employés et vous-mêmes êtes accueillants et accommodants (ce point est souvent sous-estimé et explique parfois le succès ou l’échec de deux entreprises ayant la même culture)

2. J’ai un projet d’établissement en horticulture. Dois-je m’établir en régie biologique ou conventionnelle?

Ce dilemme s’impose fréquemment lors de nos rencontres avec les candidats en démarrage horticole. Le secteur biologique peut être très attrayant, car il connaît une forte croissance : la demande de produits biologiques dépasse l’offre et les occasions d’affaires semblent nombreuses. De plus, lors de nos discussions, combien de fois avons-nous entendu : « Je n’aime pas les pesticides, je veux en utiliser le moins possible ». En fait, la plupart des producteurs n’aiment pas vraiment employer des pesticides. Il n’en reste pas moins que les pesticides peuvent être très efficaces et facilitants, d’où le fait que la majorité des producteurs horticoles en utilisent. Le choix d’une régie de culture n’est donc pas toujours évident. Voici quelques conseils à ce sujet :

  • Avant de choisir, prenez le temps de discuter avec des conseillers spécialisés dans différents types de productions. Certains connaissent la production biologique, d’autres la régie conventionnelle. La diversité des points de vue saura guider vos choix.
  • Certaines cultures sont plus simples que d’autres en régie biologique. Informez-vous sur les différentes méthodes culturales et les défis qui vous attendent.
  • La facilité de mise en marché de certaines cultures varie selon votre choix de régie. Par exemple, les cultures reconnues pour leurs vertus santé se vendront plus facilement si elles sont certifiées bio (plantes médicinales ou riches en antioxydants).
  • Choisir une régie parce qu’elle est de plus en plus populaire ou pour une question de prix n’est pas nécessairement une bonne idée. Si vous choisissez le bio, vous devez à priori avoir des convictions solides, sinon la tentation d’abandonner au premier problème sérieux d’insectes ou de mauvaises herbes sera grande.

Peu importe votre choix, lire, vous informer et consulter vos conseillers horticoles demeurent des incontournables.

3. Le MAPAQ peut-il m’accorder une aide financière pour l’adaptation de ma machinerie agricole?

En fait, il n’y a pas de programme d’aide spécifique à l’adaptation de machinerie agricole. Toutefois, le Ministère peut soutenir financièrement des projets régionaux innovants. Avec la collaboration de producteurs, nos conseillers peuvent réaliser ou réviser une revue de littérature afin de valider une idée ou d’en trouver une qui est adaptée aux besoins identifiés.

Au-delà de cet appui, nous nous assurons que le modèle conçu ou modifié (dans le cas d’une machine) soit bien documenté et diffusé à toutes les personnes intéressées par l’entremise du site Web d’Agri-Réseau. Ce dernier a pour mission d’accélérer la diffusion de l’information de pointe auprès des entreprises et des professionnels québécois de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

4. Depuis deux ans, nos transplants sont malades et le pourcentage de plants qui survivent est très faible. Que pourrais-je faire pour améliorer ma technique?

Avec votre collaboration et celle de votre conseiller, nous analyserons toutes les étapes de votre production avant de vous proposer une stratégie d’intervention. Si des outils ou des connaissances sont manquantes ou inaccessibles, nous ferons ce qu’il faut pour trouver les ressources nécessaires à la résolution de votre problème.

Des aides financières peuvent permettre d’encourager les projets innovants en favorisant un nouveau procédé ou en améliorant une technique. Notre rôle est de vous orienter et de vous encadrer dans cette démarche.

Ce que nous pouvons faire pour vous

En tant que conseillers en horticulture, nous pouvons travailler de pair avec votre conseiller en relève pour soutenir vos projets d’établissement. Nous pouvons aussi vous guider dans la diversification de votre entreprise en plus d’organiser pour vous des journées d’information et de démonstration. Nous proposons également des essais à la ferme et un soutien dans leur mise en place et leur suivi. Enfin, grâce au Réseau d’avertissements phytosanitaires, vous obtenez des avertissements et des bulletins d’information vous permettant de suivre, en temps réel, l’évolution des cultures et les risques phytosanitaires. N’hésitez pas à nous consulter pour en savoir plus!

Christian Lacroix, agronome
Conseiller régional en horticulture

Jenny Leblanc, agronome
Conseillère en horticulture
 
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Dernière mise à jour : 2017-07-20

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