La pollinisation des fleurs du camérisier

La production de fruits du camérisier est tributaire de la pollinisation par les insectes. Des observations au champ permettent de vérifier leur présence au mois de mai. Cependant, les pollinisateurs sont-ils assez nombreux pour assurer une production maximale de petits fruits?

Pour répondre à cette question, des observations ont été effectuées sur une ferme fruitière de Saint-Anselme possédant plus de 8000 camérisiers et dont la superficie atteint 3,87 hectares.

Le projet comportait deux volets, soit l’observation des fleurs butinées par les insectes pollinisateurs et l’installation de filets d’exclusion sur quelques camérisiers pour vérifier l’effet de l’absence de ces insectes.

L’observation des fleurs

La floraison s’est échelonnée sur une vingtaine de jours, soit du 13 mai au 1er juin 2016. Le nombre maximal de fleurs a été atteint autour du 25 mai. Grâce à des observations effectuées sur une période de 7 jours, on a constaté que les bourdons sont les principaux butineurs de la fleur du camérisier.

Le protocole d’observation consistait à marcher le long des rangées de camérisiers et à compter le nombre de bourdons qui butinaient sur les fleurs des plants. Les observations quotidiennes duraient en moyenne 48 minutes pour couvrir 1732 camérisiers. La période d’observation totale du projet a duré plus de 5 heures et portait sur 20 % de la superficie de cette culture. Lors d’une journée de pleine floraison, une moyenne de 76 bourdons étaient dénombrés sur les fleurs de ces camérisiers.

Précisons que ces pollinisateurs sont en fait des reines-bourdons qui ont besoin de nectar et de pollen pour produire du couvain et ainsi, démarrer de nouvelles colonies. À l’automne, la reine-bourdon pond des œufs de mâles et de reines-bourdons. Après leur éclosion et à leur stade de maturité sexuelle, ceux-ci vont s’accoupler. Les reines fécondées à cette période tomberont ensuite en hibernation et démarreront de nouvelles colonies au printemps suivant.

Les filets d’exclusion

Dans la deuxième partie du projet, sous les filets d’exclusion, aucun fruit n’a été produit par les plants, ce qui confirme le rôle essentiel des insectes pollinisateurs dans la mise à fruit des camérisiers.

Les fleurs du camérisier attirent grandement les bourdons, ce qui a été constaté lors de la deuxième semaine de floraison des camérisiers. Les fleurs des pissenlits étaient présentes dans les allées et malgré cela, les bourdons butinaient fidèlement les fleurs des camérisiers. Toutefois, durant la période d’observation, très peu d’abeilles s’y intéressaient.

Essentielles, ces ouvrières!

Ce projet a confirmé le rôle essentiel des reines-bourdons dans la pollinisation des fleurs du camérisier. Des sites propices à la nidification au printemps et la présence de plantes florales jusqu’à l’automne assureront une présence pérenne de ces pollinisateurs à chaque année.

Pierre Ayotte, technicien agricole
Conseiller en apiculture

Collaboration spéciale : Joseph Moisan-De Serres, M. Sc., biologiste-entomologiste

 
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Dernière mise à jour : 2017-07-20

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