La chauve-souris : une alliée méconnue

Souvent mal-aimée, la chauve-souris est pourtant une alliée hors-pair des producteurs agricoles. Et si l’on mettait en lumière celle qui travaille dans l’ombre ainsi que les façons de la protéger?

Au Québec, il existe huit espèces de chauves-souris insectivores. La petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique, la chauve-souris pygmée, la grande chauve-souris brune et la pipistrelle de l’Est sont les plus susceptibles d’habiter vos bâtiments agricoles, quoi qu’elles habitent aussi les arbres. Quant à la chauve-souris rousse, la chauve-souris cendrée et la chauve-souris argentée, elles préfèrent vivre dans les arbres et sont migratrices.


Une alliée contre les ravageurs

Les chauves-souris sont friandes de plusieurs espèces de papillons nocturnes nuisibles aux cultures tels que la pyrale du maïs, le ver-gris noir, la spongieuse, le carpocapse de la pomme, etc. Cette prédation naturelle que possèdent les chauves-souris aide à mettre fin au cycle de reproduction de ces ravageurs agricoles en éliminant les individus adultes. De plus, elles consomment différentes espèces de chrysomèles, de scarabées, de mouches, de cicadelles et de punaises.

Selon une étude (Economic importance of bats in agriculture), le contrôle des insectes ravageurs qu’effectue la chauve-souris équivaudrait à un service évalué à 22,9 milliards de dollars par an en Amérique du Nord.


Une espèce en péril?

Actuellement, le syndrome du museau blanc est le facteur de diminution des colonies de chauves-souris le plus connu. Cette maladie fongique peut décimer entre 90 % et 100 % d’une colonie en une seule année. D’ailleurs, en raison de ce syndrome, la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique ainsi que la chauve-souris pygmée de l’Est figurent sur la liste des espèces en voie de disparition du registre public canadien des espèces en péril depuis 2014.

La disparition des milieux naturels et le bris de connectivité entre les milieux demeurent les principaux facteurs affectant les chauves-souris.


Vous pouvez les aider!

Le meilleur moyen de favoriser les colonies de chauves-souris demeure la conservation des milieux naturels (ex. : les chicots) ainsi que l’implantation de bandes riveraines et de haies brise-vent. Ces aménagements augmentent la connectivité entre les milieux naturels. De plus, lorsqu’aucun point d’eau n’est présent à proximité, vous pouvez créer un bassin ou une mare artificielle de 1,5 mètre par 3 mètres pour que les chauves-souris puissent s’y abreuver.

À des fins de conservation de l’espèce, si vous devez détruire ou aménager un site abritant des chauves-souris, effectuez ces travaux préférablement à la fin de l’automne (octobre-novembre), voire en hiver. Pourquoi? En fait, les maternités estivales des chauves-souris peuvent se trouver dans le creux d’un vieil arbre tout comme dans le toit d’une grange abandonnée. À la fin de la période estivale, elles quittent ces abris au profit de grottes ou de cavernes pour hiverner. Ainsi, en détruisant un site plus tard en saison, vous évitez de perturber l’allaitement des petits pendant l’été (juin à août) et les adultes pourront choisir un nouvel abri à leur arrivée au printemps (mars-avril-mai).

La chauve-souris peut vivre une vingtaine d’années et reste généralement très fidèle au lieu de maternité estival. Aménager des sites qui lui sont favorables est le gage d’une bonne cohabitation. Estimez-vous chanceux si une colonie réside dans vos bâtiments agricoles : elle réduit probablement le nombre de moustiques et de mouches dans votre environnement.

Vous pouvez aussi participer au maintien des populations de chauves-souris en installant des nichoirs, des dortoirs ou des gîtes comme aires de repos artificielles. Fait intéressant : en Europe, lors de la construction d’un nouveau bâtiment, on prévoit souvent des ouvertures confinées destinées aux chauves-souris.
 

Le saviez-vous?

La chauve-souris peut consommer l’équivalent de son propre poids en insectes chaque nuit, voire davantage en prévision de l’hiver et de l’allaitement.
 

Le sujet vous intéresse?

Plusieurs organismes, entre autres le Groupe Chiroptères du Québec, peuvent vous conseiller quant à l’aménagement d’un site qui est à la fois sécuritaire et favorable aux chauves-souris. Vous pouvez également signaler la présence d’une maternité afin d’aider les efforts de suivi des colonies en Chaudière-Appalaches.

Pour plus d’information, consultez le Guide pratique pour la conservation des chauves-souris en milieu agricole.

Collaboration spéciale : Kevin De Lafontaine, B. Sc., Conseil de bassin de la rivière Etchemin – Lévis Est
 
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Dernière mise à jour : 2017-02-28

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