L'approche multidisciplinaire pour hausser la rentabilité

De bons rendements fourragers à faibles coûts, est-ce possible? Tel est le genre de question à laquelle on peut répondre grâce à l’approche multidisciplinaire.

C’est ce que Benoît Turgeon, conseiller en gestion au Centre multi-conseils agricoles, Dominique Fiset, conseillère en agroenvironnement chez Fertior, et Clément Blais, conseiller technique en production laitière pour Valacta, ont mis en lumière lors d’une conférence présentée dans le cadre des Journées partenaires en production laitière, en novembre dernier.


Résultats de l’analyse de groupe

Cette conférence était basée sur les résultats d’une analyse de groupe en grandes cultures et plantes fourragères réalisée en 2016 par le Centre multi-conseils agricole auprès de 162 fermes laitières. Les entreprises évaluées détenaient en moyenne 65 vaches chacune. Quatre groupes ont été analysés : un groupe de tête, un groupe moyen, un groupe ayant un faible coût de production du foin (moins de 170 $ par tonne de matière sèche (TMS) et enfin, un groupe composé des autres entreprises (plus de 170 $/TMS)).

Constat majeur : il y a un écart important entre les différents producteurs en ce qui concerne le coût de production et les rendements, tant pour la production de foin que celle du maïs ensilage.

Le groupe ayant un faible coût de production obtient un coût moyen des fourrages de 151 $/TMS, des rendements en foin de 7,1 TMS par hectare (ha) et des rendements en maïs ensilage de 13,3 TMS/ha. Les autres obtiennent un coût moyen des fourrages de 231 $/TMS, des rendements en foin de 5,6 TMS/ha et des rendements en maïs ensilage de 11,2 TMS/ha.

Ainsi, le groupe ayant de bas coûts de production réalise un gain par rapport au coût des fourrages en valeur standard qui correspond à plus de 25 000 $ par entreprise. Ce montant est plus qu’appréciable dans une période où tous les moyens sont bons pour améliorer les coûts de production.

Maintenant que l’on connaît le gain potentiel, comment intervenir pour améliorer ses fourrages? Les facteurs qui ont une influence sur une telle amélioration peuvent être multiples et il est important de bien les identifier : approvisionnement, frais de machinerie, méthode de récolte, frais fixes, région, température, sols, le producteur lui-même ou même son conseiller!

L’approche multidisciplinaire peut nous aider à intervenir sur ce que nous contrôlons.


L’approche multidisciplinaire étape par étape

Les étapes de l’approche multidisciplinaire sont les suivantes :

1) Connaître son rendement

Tout d’abord, il est important de connaître son rendement moyen annuel. Trop souvent, on se fie au meilleur rendement obtenu dans la saison, ce qui surestime les rendements et ne reflète pas l’ensemble de la production.

2) Calculer son coût de production

Pour établir le coût de production, il est de mise de faire affaire avec un conseiller en gestion. Celui-ci pourra établir un coût personnalisé, mais aussi comparer les résultats de l’entreprise avec ses semblables. Cette étape permet également d’identifier les postes de dépenses critiques à améliorer.

3) Identifier adéquatement les besoins du troupeau

En ce qui concerne les besoins du troupeau, le conseiller en alimentation aide le producteur à tenir compte des besoins particuliers de chaque groupe de vaches : celles en lactation, les taries ainsi que les animaux de remplacement. Il sera aussi en mesure d’identifier des solutions pour diminuer les pertes au champ et dans le silo, les écoulements ainsi que la reprise. Enfin, il sera en mesure de valider le bon choix de régie d’alimentation selon la disponibilité du maïs ensilage ou du foin sec, en considérant les mélanges les plus adaptés.

4) Adapter le programme cultural

Finalement, le conseiller en champs pourra adapter le plan de cultures selon les exigences précédentes tout en visant l’augmentation des rendements, et ce, au meilleur coût. Ses conseils permettront d’améliorer la santé du sol, le choix des espèces, les décisions de régie de culture (semis, fertilisation et chaulage), la récolte (stade de coupe et chantier de récolte) et l’entreposage (ventilation et humidité).


Chaque maillon de la chaîne

Puisque chaque spécialiste possède son propre champ d’expertise, il est important que chacun intervienne dans la démarche. De plus, l’effet sera décuplé si tous les conseillers sont réunis à un même moment pour une rencontre multidisciplinaire. De cette collaboration interprofessionnelle pourront naître de meilleures solutions visant à améliorer les rendements et la rentabilité.


Approche multidisciplinaire : à qui s'adresser?

Le réseau Agriconseils peut aider les producteurs à identifier les conseillers appropriés pour cette démarche. De plus, il encourage l’approche multidisciplinaire en accordant une aide financière spéciale pour le déroulement de la rencontre et pour les services-conseils offerts par des conseillers admissibles.

Pour en connaître davantage sur les différents services-conseils et les aides financières disponibles, communiquez avec Martin Larivière, agronome et directeur du réseau Agriconseils de la Chaudière-Appalaches, au 418 386-8116, poste 1549.

Par ailleurs, plusieurs événements visant l’amélioration des cultures sont prévus cet hiver dans la région. Pour tout connaître sur les activités à venir et les actualités concernant les services-conseils, consultez la page Facebook du réseau Agriconseils de la Chaudière-Appalaches.

Note : ce texte a été produit avec l’autorisation des auteurs de la conférence présentée lors des Journées partenaires en production laitière 2016. La vidéo complète de cette conférence est disponible sur la chaîne YouTube Agriconseils.

Collaboration spéciale : Martin Larivière, agronome, directeur du réseau Agriconseils de la Chaudière-Appalaches.
 
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Dernière mise à jour : 2017-02-27

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