Les plantes fourragères riches en tanins, vous connaissez?

L’utilité des plantes fourragères riches en tanins est connue depuis des décennies. Ces plantes gagnent toutefois en intérêt ces dernières années, comme le démontre la conduite de plusieurs recherches au Québec et au Canada.

C’est le cas d’un projet en cours depuis plus d’un an et intitulé Évaluation du potentiel agronomique de fourrages à teneur élevée en tanins et/ou en lactones sesquiterpènes au Québec afin de développer des alternatives à l’utilisation des antiparasitaires chez les ruminants*. Il vise à évaluer le potentiel d’espèces fourragères contenant des tanins en gestion de paissance. Les résultats à venir contribueront à outiller les agriculteurs dans le contrôle des parasites, notamment dans le choix et la gestion d’espèces fourragères spécifiques.


Qu'est-ce que les tanins?

Les tanins sont des composés naturels qui ont la faculté de précipiter les protéines. On trouve les tanins condensés dans certaines plantes fourragères comme le lotier corniculé et le sainfoin et, en petite quantité, dans la chicorée, qui comporte surtout des sesquiterpènes. Des plantes ligneuses comme le saule et quelques sous-produits alimentaires contiennent aussi des tanins. Sur le plan végétal, les tanins protègent les plantes contre les insectes en altérant leur goût.


Pourquoi s'y intéresse-t-on en alimentation animale?

Parmi les nombreuses propriétés des tanins, deux se distinguent : la protection contre les parasites gastro-intestinaux (propriétés anthelminthiques) et l’amélioration de la digestion chez les ruminants.

En raison de leurs propriétés anthelminthiques, les tanins réduisent la capacité de ponte des parasites internes, ce qui diminue le développement de larves infectieuses et la charge parasitaire globale. Moins d’œufs dans les fèces signifie moins d’infestation chez les ruminants au pâturage. Les tanins seraient ainsi une solution de rechange valable aux vermifuges pour maîtriser écologiquement le parasitisme dans une approche de gestion intégrée.

L’ingestion de plantes tanifères améliore aussi la digestibilité des protéines et, par conséquent, le gain de poids des bêtes. Par exemple, on a observé une augmentation notable du gain de poids (de 8 à 24 %) chez des agneaux nourris à base de sainfoin ou de lotier corniculé, comparativement à une alimentation sans tanins.

Par ailleurs, on sait que les tanins améliorent l’utilisation de l’azote chez les ruminants et qu’ils réduisent les ballonnements. Enfin, les plantes fourragères riches en tanins représentent une gamme de plantes exploitables, entre autres en agriculture biologique.


Des précautions à prendre

Malgré les nombreux effets positifs des tanins dans l’alimentation animale, plusieurs éléments restent à vérifier par des tests et des études. Comme les tanins ingérés en excès peuvent être toxiques, il importe de déterminer les doses optimales selon les espèces animales et leurs stades de développement. Le choix des meilleures espèces végétales doit aussi être mieux défini selon leur appétence, l’animal à qui elles sont destinées et leur adaptation aux conditions québécoises. C’est pour mieux définir ces inconnues que se mobilisent actuellement des groupes de chercheurs du domaine des plantes fourragères, et ce, en vue de permettre aux producteurs agricoles d’exploiter le plein potentiel de ces plantes.

Pour en savoir davantage, consultez la revue de littérature sur le sujet.

Collaborateurs : Bruce Gélinas, Huguette Martel, Stéphanie Landry et Ayitre Akpakouma, agronomes, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

* Mené par les universités Laval et McGill, Agriculture et Agroalimentaire Canada, le Centre de développement bioalimentaire du Québec et le Centre d’expertise ovine du Québec, le projet de recherche reçoit l’appui du Conseil québécois des plantes fourragères et des conseillers du MAPAQ, liés aux secteurs des plantes fourragères et des productions bovine, ovine et caprine.
 
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Dernière mise à jour : 2017-02-28

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