Une analyse de groupe qui en dit long

Le Centre multi-conseils agricoles (CMCA) a présenté les résultats de son analyse de groupe vache veau le 2 décembre 2016 à Saint-Nicolas. Cette septième analyse était basée sur un échantillon de 35 fermes en provenance de toutes les régions du Québec. Voyons ce qui en est ressorti.

Toutes les entreprises de l’analyse étaient spécialisées en production vache-veau : 88 % de leurs revenus sont issus de cette production. Un groupe de tête a été formé en fonction du pourcentage de charges, du revenu standardisé du travail par unité de travail-personne (RST/UTP) et du RST réparti par vache.

Pour les producteurs de veaux d’embouche, 2015 aura été la meilleure année à vie si l’on considère seulement le prix reçu pour leurs veaux. Les excellents revenus des producteurs leur ont permis de dépasser le coût de production du modèle du Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), en vigueur depuis 2012. Le prix du marché atteignait 5,75 $ par kilogramme (kg) alors que le revenu stabilisé ajusté se chiffrait à 5,44 $/kg. Pour les producteurs, il s’agit donc d’un gain net de 0,31 $/kg. De plus, la baisse significative de la cotisation à l’ASRA leur a fait économiser des milliers de dollars. En 2015, un producteur de 100 vaches devait débourser environ 5000 $ pour s’assurer à l’ASRA : c’est 25 000 $ de moins qu’en 2010. Cela représente un revenu net pour les producteurs puisque la cotisation à l’ASRA ne fait pas partie du coût de production du modèle.


Plus de revenus : on en fait quoi?

Voyons comment les producteurs se sont comportés avec cette liquidité supplémentaire entre les mains.
 
C’est la première année que les fermes participant à l’analyse de groupe comptent autant de vaches. Le fait que l’analyse ait été étendue à la grandeur de la province explique probablement cette particularité. On note une très grande efficacité du travail, tant pour le groupe de tête (179 vaches par UTP réparti) que pour le groupe moyen (147 vaches par UTP réparti). Ces fermes ont gardé suffisamment de taures (10,4 % et 10,8 %) pour assurer un bon renouvellement du cheptel, en plus de procéder à l’achat de nouveaux animaux.


De bonnes performances techniques

Les performances techniques d’élevage ont été excellentes dans les deux groupes. Le groupe de tête a connu plus de vêlages d’automne, ce qui l’a aidé à mieux répartir le travail et à obtenir une meilleure moyenne de prix de vente pour les veaux. Ce groupe a non seulement produit des veaux plus lourds, mais il a aussi vendu ses animaux plus cher la livre. On constate que la différence entre les deux groupes se situe dans les revenus issus de la vente d’animaux : le groupe de tête a reçu 138 $ de plus par vache.

Ce dernier obtient aussi de meilleurs résultats en ce qui concerne les cultures, notamment grâce à des revenus supplémentaires à l’hectare (rendements en foin supérieurs à la moyenne de 0,3 tonne par hectare). De plus, le groupe de tête dépense moins pour les fertilisants et les semences.

Si l’on se penche sur les performances de l’entreprise, on remarque que le groupe de tête a 9 % moins de charges que le groupe moyen, soit 62 %. La capacité de remboursement maximale représente 24 % des revenus pour le groupe de tête, ce qui lui permet d’obtenir un solde résiduel très confortable de 56 027 $ ou 9 % de ses revenus. Quant au groupe moyen, il obtient un solde résiduel légèrement négatif ( 1 % des revenus totaux).


2015 en résumé

Pour 2015, les revenus ont dépassé le coût de production et la cotisation à l’ASRA a été historiquement basse : les producteurs en ont profité pour rajeunir leur troupeau, mais ils ont payé leurs animaux plus chers que par les années passées. Les approvisionnements liés aux cultures ont presque doublé, passant de 24 $ à 44 $ par hectare. Les frais d’entretien de machinerie et d’équipement ont également bondi : ils ont connu une hausse de 20 $ par hectare entre 2013 et 2015. Somme toute, 2015 aura été une année record en matière de dépenses! Cela explique que le solde résiduel ne se soit pas amélioré en 2015. Les producteurs en ont profité pour améliorer leur entreprise, ce qu’ils n’avaient pas eu les moyens de faire auparavant.

La bonne nouvelle, c’est qu’en 2015, le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture a enquêté sur les fermes spécialisées en production vache-veau pour établir le nouveau modèle de coût de production qui s’appliquera à compter de 2017. En cinq ans, les producteurs ont fait des gains d’efficacité que l’enquête permettra de constater. Les producteurs auront un modèle qui représente bien leur réalité.

Collaboration spéciale : Martin Boutin, agronome, conseiller en gestion agricole, Centre multi-conseils agricoles.
 
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Dernière mise à jour : 2017-02-28

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