Bien connaître ses vaches, c'est sensé!

Comment voient les bovins? Comment réagissent-ils aux odeurs, aux bruits et au toucher? Entrons dans le monde des sens de ces gros ruminants!

La vision

La vision du bovin est panoramique sur plus de 300 degrés étant donné la position de ses yeux. Sa vision est nette vers l’avant, jusqu’à l’épaule, mais beaucoup moins sur les côtés. Le bovin ne voit pas son arrière-train alors si on le surprend en touchant ses pattes arrière, il peut ruer instinctivement. De plus, sous son museau, il ne voit pas bien, ce qui fait qu’il avance d’un pas incertain s’il doit passer dans une flaque d’eau, sur une grille ou par-dessus un dalot, par exemple. On doit donc lui laisser le temps de s’habituer aux nouvelles surfaces.

Les bovins ne perçoivent pas les couleurs comme nous. Si vous devez déplacer vos bêtes, portez des couleurs plus ternes comme le brun ou le noir, car ces dernières calment les bovins. Le blanc, le jaune et le rouge les agressent davantage, donc évitez de porter ces couleurs en leur présence.

Les bovins n’aiment pas les zones sombres et leurs yeux s’adaptent lentement au changement de luminosité. Il est donc important d’éclairer l’entrée des bâtiments et les autres endroits où ils doivent passer pour limiter leur stress. C’est d’autant plus important après la période de pâturage durant laquelle ils ont passé plusieurs mois sans voir de mur ni de toit.

L'ouïe

Les oreilles des bovins sont plus sensibles aux bruits très aigus (donc à hautes fréquences) que les oreilles humaines. Cris et sifflements devraient absolument être évités lorsqu’on les déplace puisqu’ils engendrent du stress et de l’excitation. Chanter doucement ou parler d’une voix grave les calme à coup sûr.

Si vous parlez d’une voix sécurisante et posée, vous déplacerez votre troupeau plus facilement. Lorsque votre voix est forte, les animaux dressent les oreilles et sont plus réceptifs. Par contre, si vous ressentez de la peur, les vaches la percevront, tant dans votre voix que dans votre regard, et elles seront aussitôt aux aguets.

Par ailleurs, les bovins associent rapidement certains sons à une activité familière, par exemple le bruit du véhicule que vous utilisez lors des changements de pâturage. Il est donc avantageux d’associer un son à une récompense, surtout sur le plan alimentaire.

Le toucher

Les bovins aiment un toucher ferme et assuré. À l’inverse, ils sont loin d’apprécier les effleurements. Quant aux veaux, il faut les toucher sans jouer avec eux, le plus tôt possible après la naissance, idéalement avec des contacts dits « positifs », donc sans douleur ni cri. Une fois plus âgés, ils seront ainsi plus faciles à manipuler. Il va de soi que la castration et l’écornage ne sont pas considérés comme des contacts positifs, alors il faut les pratiquer dans un environnement calme. La génisse que vous manipulez régulièrement devrait moins craindre l’humain une fois adulte, mais seulement si vous le faites avec douceur.

Il est plus facile d’avoir de nombreux contacts avec les veaux s’ils naissent à l’intérieur, dans des parcs de vêlage. Par contre, si vos vaches mettent bas au champ, vous avez tout avantage à faire des visites quotidiennes et à toucher les animaux moins farouches. Si une vache se laisse toucher facilement, son veau devrait adopter une attitude similaire puisque les jeunes apprennent en imitant leur mère.

Toutefois, rappelez-vous que généralement, à moins que ce soit nécessaire, on doit éviter de toucher les bovins, comme ces animaux n’apprécient pas toujours de tels contacts avec l’humain. Il est vrai que certains bovins vont eux-mêmes solliciter de l’affection. Par exemple, les veaux nourris au biberon sont souvent très chaleureux. On peut tirer avantage de contacts faciles avec un animal au moment de lui prodiguer des soins, mais il est imprudent d’encourager un contact trop étroit entre vous et un bovin : il pourrait faire entre 8 et 10 fois votre poids une fois adulte et vous envoyer valser dans la clôture d’un simple coup de tête. La prudence est donc de mise.

L’odorat

Le bovin est doté d’un bon odorat et détecte facilement les nouvelles odeurs, dont celle des prédateurs. Chaque vache a une odeur différente, ce qui leur permet de se reconnaître entre elles.

Le troupeau ne vous reconnaît pas : il reconnaît votre odeur. Ainsi, l’odeur du maître est rassurante alors que celle des visiteurs est plutôt perturbante. De ce fait, si vous recevez des gens à la ferme, faites-leur porter des vêtements qui dégagent l’odeur de l’étable, si possible. Dans le cas contraire, gardez les nouvelles personnes à distance un certain temps afin que les animaux se familiarisent graduellement avec leurs effluves.

Soyez toujours conscient que vous transportez avec vous l’odeur des animaux que vous avez touchés. Si vous devez manipuler plusieurs taureaux lors d’une même journée, avec les mêmes vêtements, restez sur vos gardes : un taureau qui reconnaît sur vous l’odeur d’un rival pourrait vous charger et vous blesser sérieusement. Soyez toujours très vigilants avec vos bêtes.

Pour en savoir davantage sur les signaux à reconnaître pour éviter les incidents et les blessures ainsi que sur les façons dont peuvent réagir vos animaux dans des contextes précis, consultez l’article « Reconnaître les signes pour une plus grande sécurité » de France Bélanger et de Diane Allard.

France Bélanger, agronome, M. Sc.
Conseillère en développement régional

Diane Allard, agronome, M. Sc.
Conseillère régionale en productions animales (Capitale-Nationale)

 
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Dernière mise à jour : 2017-07-25

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