Reconnaître les signes pour une plus grande sécurité

Dans certains contextes comme le vêlage ou les chaleurs, les bovins peuvent agir de manière bien particulière. En reconnaissant les signaux qu’ils transmettent et en prédisant leurs réactions potentielles, vous placez votre sécurité au premier rang des priorités.

Si elles ressentent de la douleur

Dans un tel cas, les vaches ont tendance à ruer du côté où elles souffrent, comme s’il s’agissait de l’attaque d’un prédateur. Par exemple, si une vache souffre d’une mammite du côté de l’un de ses quartiers de gauche, il est plus prudent de l’approcher doucement du côté droit pour l’examiner.

Si elles vêlent

Le vêlage est le moment tout désigné pour tisser de bonnes relations avec le futur veau. S’occuper calmement d’une vache au moment du vêlage et l’encourager avec un toucher soutenu favorise une relation privilégiée entre elle et vous. Comme elle se sent vulnérable, elle est très sensible à toute gâterie offerte dans l’heure qui suit le vêlage. Lui apporter de l’eau tiède, de la moulée et du bon foin est donc une excellente stratégie. Vous aurez ainsi gagné sa confiance et celle du veau qui a tendance à imiter sa mère.

Cette stratégie est plus facile à mettre en place avec une vache laitière qui vêle dans son parc et qui a été manipulée des centaines de fois depuis sa naissance. Il en va autrement pour les vaches de boucherie : le comportement de plusieurs d’entre elles change complètement lors de la naissance de leur veau et des jours qui suivent. Elles sont prêtes à attaquer tout « prédateur » qui s’approche de sa précieuse progéniture, incluant vous. Évitez donc de vous placer entre la vache et son veau et surveillez tout signe d’agressivité de la vache (tête baissée, souffle fort, patte qui gratte ou qui piaffe et oreilles dressées). Bien sûr, certaines vaches ne montrent aucun signe d’agressivité, mais il est plus prudent de savoir les repérer et d’être prêt à réagir, au besoin.

Si elles sont en chaleur (oestrus)

Alors que les vaches et les taureaux peuvent se démontrer des signes d’affection lors des chaleurs, ils peuvent également éloigner violemment tout congénère qui les approche. Il est donc préférable de ne pas les déranger inutilement durant cette période. Même si vous êtes persuadé que votre taureau n’est pas malin, ne baissez jamais votre garde. L’arrivée de nouvelles vaches, la présence d’une vache en chaleur, des insectes qui le tourmentent sans arrêt ou l’odeur d’un autre taureau peuvent déclencher son agressivité.

Si elles entrent en contact avec vous

Les vaches les plus affectueuses, ayant souvent été touchées lorsqu’elles étaient génisses, seront les premières à vous suivre lorsque vous changerez le troupeau de parcelle ou d’enclos. Si une vache est continuellement agressive envers vous, elle devrait quitter le troupeau. En période de vêlage, les producteurs apprécient que la vache protège son veau des « prédateurs ». Ils considèrent alors qu’elle est une bonne mère. Toutefois, si cette même vache vous perçoit toujours comme une menace, elle est un réel danger pour vous.

Si elles perçoivent un inconnu

Un bovin a une zone de fuite d’environ trois mètres (dix pieds) devant lui. Cette distance entre lui et vous (ou un inconnu) lui permet d’être relativement confortable. Si on l’approche davantage, il s’éloignera. Les animaux qui ont souvent été manipulés dans les premiers jours de leur vie et par la suite sont souvent plus curieux; leur zone de fuite sera beaucoup plus petite, voire inexistante, parfois même avec une nouvelle personne.

Par précaution, au pâturage, un étranger devrait arriver lentement, rester en retrait sans faire de bruit et prendre le temps d’observer les animaux sans regarder le taureau ou les vaches dominantes dans les yeux, et ce, jusqu’à ce que le troupeau soit calme. Un troupeau apeuré et excité peut avoir besoin d’une trentaine de minutes pour se calmer. Marcher en plaçant les bras dans le dos limite aussi le stress des animaux.

Savoir reconnaître les signes à temps

L’agressivité d’une bête peut aller de pair avec un troupeau excité dont les animaux sautent vigoureusement, ruent ou courent dans tous les sens. L’agressivité d’un animal peut aussi s’expliquer par un tempérament nerveux ou stressé : dans ce cas, la bête fera souvent des mouvements brusques. Si elle a mauvais caractère, vous entendrez ses souffles forts et observerez son agitation. Les animaux plus farouches fuiront rapidement, parfois en se retournant « sur un dix cents », alors ne restez pas dans leur trajectoire.

Voici d’autres signes de danger à reconnaître pour votre sécurité et celle des visiteurs :

  • Davantage de blanc autour de la pupille des yeux : l’animal est stressé, donc on évite les contacts qui ne sont pas nécessaires.
  • Souffle rapide et fort, narines qui blanchissent : on recule sans tourner le dos et on s’éloigne.
  • Tête baissée, front vers l’avant, tête qui bouge de manière aléatoire, patte avant qui gratte le sol : il est temps de s’éloigner et de se mettre en sécurité.
  • Maman d’un veau nouvellement né lors des trois premiers jours de vie : elle peut charger à tout moment, donc on s’abstient de la déranger jusqu’à ce que son comportement soit plus calme.
  • Dans la zone de fuite, vaches dominantes postées en avant du troupeau, têtes baissées avec les veaux derrière elles : il est temps de reculer et de vous éloigner.

Apprenez à « lire » vos animaux quand vous êtes seul avec eux. Profitez aussi de chaque occasion pour les observer en présence de visiteurs. Plus vous connaîtrez la « personnalité » de chaque vache, plus la gestion du troupeau sera facilitée et plus vous éviterez les incidents ou blessures. La clé? Établir une relation de confiance!

France Bélanger, agronome, M. Sc.
Conseillère en développement régional

Diane Allard, agronome, M. Sc.
Conseillère régionale en production animale (Capitale-Nationale)

 
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Dernière mise à jour : 2017-07-25

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