Perspectives de développement en Estrie 2014

Les perspectives de développement de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Estrie s'appuient sur les observations effectuées sur le terrain par les conseillers du MAPAQ.

Productions végétales

Horticulture

Le développement de la production fruitière n’a pas atteint son plein potentiel puisque la demande de produits frais est à la hausse, d’autant plus que certaines exploitations ont délaissé la culture fruitière, notamment dans les productions de fraises et de framboises. L’intérêt pour les produits transformés provoque des ouvertures de marché pour les entreprises qui veulent développer des secteurs de production autrement que par la vente de produits frais.

Pour certains secteurs fruitiers, tels que la pomme et le raisin, le développement nécessitera l’ajout d’une activité complémentaire comme l’agrotourisme et la transformation alimentaire. Les cultures émergentes, dont les cerisiers nains rustiques et les camerises, présentent un intéressant potentiel de développement. Outre les défis de régie phytosanitaire et de récolte, ces cultures exigent l’inclusion d’un volet de transformation et le développement des marchés pour assurer leur croissance.

La production de légumes frais pour les marchés de solidarité et les marchés publics, principalement biologiques et mis en marché localement selon les formules de « paniers », offre aussi un potentiel de développement dans certains secteurs de la région. La proximité de l’Estrie avec le marché américain représente une occasion pour la production de certains légumes. Les fines herbes offrent aussi des possibilités de croissance. La culture abritée possède un potentiel de développement, mais les coûts de chauffage sont élevés. Afin de percer les marchés, l’utilisation de techniques réduisant les coûts d’énergie est essentielle.

La culture des arbres de Noël peut croître davantage si des efforts sont déployés pour développer l’exportation. Des possibilités se présentent pour la relève dans cette production puisque plusieurs propriétaires d’exploitations d’arbres de Noël sont âgés et délaisseront la production d’ici quelques années.

Acériculture et agroforesterie

L’acériculture offre un potentiel de développement sur les marchés canadiens et pour l’exportation. En agroforesterie, les plantes médicinales (l’herboristerie) et les champignons sous couvert forestier sont des productions ayant un potentiel de développement.

Des essais sont en cours pour évaluer cinq plantes médicinales : asaret, ginseng, actée à grappes noires, sanguinaire, hydraste. 

Grandes cultures

Le marché de l’alimentation humaine présente un potentiel de développement intéressant pour la production de grains brassicoles, biologiques, sans pesticides, sans OGM, etc.

La hausse du prix des grains offre une occasion de développement dans certaines zones où ces cultures n’étaient pas rentables auparavant. Cependant, des investissements importants pourraient être nécessaires pour améliorer et maintenir la productivité des champs. L’installation d’un nouvel acheteur de canola au Québec permet un important développement de cette production. L’Estrie comporte un grand potentiel pour la production de foin et le marché s’avère prometteur. Il faut toutefois mettre d’abord en place certaines infrastructures (séchoir, entrepôt) pour poursuivre le développement des marchés outre-mer et américain.  

Secteur de l'énergie

La production de graminées pérennes (panic érigé, alpiste roseau, etc.), comme source d’énergie alternative sous forme de granules combustibles et d’éthanol, constitue un bon potentiel de développement pour l’Estrie. Toutefois, l’installation de chaudières performantes adaptées à la combustion de biomasse agricole est encore nécessaire pour développer ce débouché. Par ailleurs, la production de litière reste une autre possibilité de marché à développer. 

Productions animales

Les viandes

Bovin

La production bovine offre un potentiel intéressant de développement dans les marchés de créneau actuellement en consolidation. Viande sélectionnée des Cantons (VSC) et le marché de Piedmontais en sont d’excellents exemples. Les deux projets à portée provinciale regroupent des producteurs de différentes régions du Québec. Chacun des deux projets est soutenu par un cahier des charges qui lui est propre. La production de viande bovine à partir de ressources fourragères offre aussi un nouveau créneau de marché, soit une viande dont les gras ont une composition plus avantageuse pour la santé des consommateurs.

Pour obtenir des gains substantiels de productivité et demeurer concurrentiels, les producteurs commerciaux gagneraient à s'approvisionner en femelles hybrides auprès des entreprises spécialisées plutôt que de produire des femelles de remplacement à partir de leur propre élevage. Une certaine proportion des femelles hybrides provient actuellement de l’extérieur du Québec, mais la situation évolue et des producteurs québécois commencent à répondre à cette demande de génisses ou de taures hybrides. 

Ovin

La production ovine offre des possibilités de développement étant donné qu’elle répond à seulement environ la moitié du marché de la viande ovine consommée au Québec. Pour favoriser la rentabilité de cet élevage et maintenir son développement, l’amélioration de la productivité des entreprises ovines est un aspect à considérer. L’utilisation, entre autres, de brebis hybrides prolifiques, produisant en moyenne deux agneaux par brebis et par année, comporte des avantages de productivité. De plus, l’adoption de méthodes de désaisonnement permet de produire plus de kilogrammes d’agneau vendus par brebis annuellement.

Caprin

L’essor de la production de chevreau de boucherie est lié à certaines tendances, entre autres la progression de la population ethnique au Québec qui recherche ce type de viande. Toutefois, comme les volumes sont encore réduits et que la mise en marché n’est pas structurée, les producteurs auraient intérêt à organiser une mise en marché qui regroupe l’offre et assure une régularité d’approvisionnement. Ils pourraient ainsi mieux compter sur des prix à la hauteur des frais de production et des bénéfices espérés.

Le porcin

La production porcine est légèrement en décroissance depuis quelques années, à la suite de crises financières et sanitaires. Dans ce marché, on observe une augmentation de la proportion de porcs ayant des caractéristiques spécifiques : nourris sans sous-produits animaux et sans antibiotiques, Nagano, biologique, bien-être animal, oméga-3 et autres. 

Le gibier

La production de grands gibiers (bisons, cerfs, etc.) devrait se faire principalement du côté de la production de sangliers, notamment à cause de la maladie débilitante chronique qui atteint les cervidés dans l’Ouest canadien. Toutefois, la certification Grands gibiers du Québec pourrait favoriser le développement des marchés grâce à une meilleure différenciation de cette production. 

Production laitière

Lait de vache

Le marché du lait de vache certifié biologique a crû au cours de la dernière décennie et ce mode de production peut répondre aux aspirations de certains éleveurs. Toutefois, comme la demande peut varier, il convient de s’informer et de chercher conseil avant d’envisager ce mode de production.

Lait de chèvre

La production de lait de chèvre a connu un développement lié soit à la proximité de l’usine de transformation (Montréal, Centre-du-Québec), soit à l’existence d’un circuit de transport, soit à la capacité des producteurs de devenir des artisans fromagers. On observe présentement une consolidation des entreprises. La croissance de ce secteur devra assurément passer par l’amélioration des performances techniques (production moyenne de lait par chèvre) et une gestion financière plus rigoureuse des entreprises de production. 

Lait de brebis

Le secteur de la production de lait de brebis est relativement jeune au Québec. Il est considéré comme un secteur en émergence. Bien que plusieurs producteurs transforment leur lait en fromage, d’autres prennent des ententes avec un transformateur pour l’approvisionner en lait de brebis, la plupart du temps congelé, mais aussi à l’état frais.

Le fromage

Le secteur des fromages compte environ 80 entreprises québécoises fabriquant des fromages de spécialité. La majorité des entreprises sont de petites fromageries artisanales transformant moins d’un million de litres de lait par an.

La concurrence est très forte dans le secteur fromager. Plusieurs fromageries ont ouvert leurs portes depuis une quinzaine d’années et offrent aux consommateurs une grande variété de fromages. De plus, quatre joueurs cumulent l’essentiel des volumes transformés. Selon une étude récente, le secteur compterait deux à trois fermetures par année et autant de démarrages.

Pour réussir dans ce créneau, les fromageries auraient avantage à planifier et structurer davantage leur mise en marché, à être à l’écoute des besoins des consommateurs, à mieux maîtriser les prix de revient et à contrôler la qualité des produits (source : TRANSAQ, document interne, novembre 2009 et Conseil de l’industrie laitière du Québec, 2012).

Les promoteurs souhaitant investir dans ce secteur pourraient aussi envisager de reprendre une entreprise existante. Bien que les données ne soient pas disponibles pour l'Estrie, au Québec, 30 % des entreprises chercheraient une relève d'ici cinq ans (Étude CILQ, 2012).

Les autres produits laitiers

Il peut aussi être intéressant d’envisager la transformation d’autres produits laitiers que les fromages artisans : les produits destinés aux marchés ethniques ou les produits frais, par exemple. Néanmoins, une solide planification, la maîtrise des procédés de fabrication et une connaissance approfondie des marchés sont des préalables incontournables. Finalement, pour réussir dans ce secteur, il est essentiel de suivre l’actualité. L’accord de libre-échange négocié avec l’Union européenne exercera une influence sur les dynamiques de la transformation des produits laitiers.

Secteur du textile

La production de camélidés (lamas, alpaga) offre un bon potentiel de développement pour le marché de la fibre textile artisanale pour fabriquer des produits à grande valeur ajoutée (châle, chapeau, veste, tapis, vêtement de haute couture, etc.).

Mise en marché

Diverses entreprises et organisations favorisent la mise en marché et le développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire de l’Estrie :

  • les épiceries spécialisées
  • les marchés publics de la région : Ayer’s Cliff, Danville, Lac-Mégantic, Melbourne, North Hatley, Racine, Sherbrooke, Lennoxville, Scotstown, Lingwick, Stanstead, Mansonville et Stornoway 
  • les marchés de solidarité : Sherbrooke, Magog et Coaticook
  • les neuf fermes du Réseau d’agriculture soutenue par la communauté
  • le projet de distribution Saveurs des Cantons
  • l’image de marque Créateurs de saveurs Cantons-de-l’Est et les Chefs Créateurs Cantons-de-l ’Est

L’agrotourisme regroupe près d’une cinquantaine d’entreprises, soit 1,7 % des fermes de la région. Compte tenu du fort potentiel touristique de l’Estrie, on estime que le potentiel de développement de l’agrotourisme serait de 3 % à 5 % du nombre d’exploitations agricoles, soit un total de 75 à 120 entreprises agrotouristiques.

L’installation de panneaux d’interprétation historique en agrotourisme chez plus de trente entreprises dans la région touristique des Cantons-de-l’Est et la mise en place du Circuit agrotouristique des Cantons-de-l’Est, en 2013, devraient favoriser le développement de l’offre agrotouristique régionale.

Forces de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Estrie

  • Agriculture diversifiée
  • Stabilité relative du secteur agricole en raison d’une part importante des productions sous gestion de l’offre (54 %)
  • Qualité des produits bioalimentaires reconnue; présence de produits phares : crème glacée, fromages fermiers, truite d’élevage, lapin, arbres de Noël, etc.
  • Notoriété de l’offre gastronomique en produits régionaux 
  •  Proximité de grands marchés : secteur de Sherbrooke, Montréal, Nouvelle-Angleterre et réseau routier pour y accéder
  • Nombreuses infrastructures : abattoirs, institutions d’enseignement, services- conseils, fromageries, transformateurs, financement, fournisseurs d’intrants, etc.

 Faiblesses de l'agriculture et de l'agroalimentaire en Estrie

 Facteurs communs à l’ensemble du Québec :

  • Endettement élevé des entreprises agricoles 
  • Accès difficile à la terre par la relève
  • Besoin en capitaux importants dans plusieurs productions 
  • Rendement faible des capitaux

 Facteurs spécifiques à l’Estrie :

  • Sensibilité à l’érosion des sols liée à l’augmentation des superficies en cultures annuelles, et ce, compte tenu des caractéristiques biophysiques des sols. 
  • Transformation de plusieurs produits agricoles faite hors de la région (lait, porc, sirop) ou absence de grands transformateurs 
  • Entreprises de petites tailles limitant l’accès individuel à des marchés de volume

 
Ne pas remplir ce champs

Dernière mise à jour : 2014-06-25

Menu de bas de page

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2019