Connaissez-vous les perdrix, les vraies perdrix?

Très souvent, les gens croient à tort que nos gallinacés indigènes sont des perdrix, or il n’en est rien. La plupart du temps, lorsque les gens voient des «perdrix» en forêt, ils ont vu soit des gélinottes huppées ou des tétras du Canada. Par contre, les vraies perdrix existent, mais ce sont des oiseaux de champ et non des oiseaux de forêt.

La perdrix grise, Perdix perdix, est un oiseau originaire d’Europe qui a été introduit dans nos champs pour le plaisir des chasseurs vers 1940. Jusque dans les années 70, les populations de perdrix grise se portaient plutôt bien, les colonies étaient nombreuses et peuplées. Mais depuis ce temps, la population de perdrix grise a connu un déclin fulgurant.

L’oiseau, dont il est question, est très mystérieux et les raisons de ce déclin restent nébuleuses. Nous avons par contre quelques pistes. La perdrix a besoin de champs en culture (céréales, maïs, foin, etc.), d’insectes en abondance au printemps, d’abri hivernal et de nourriture dans les moments critiques de l’année. L’hiver, la perdrix s’abrite et se nourrit dans les lisières forestières composées d’arbustes, d’arbres et de broussaille.

Le régime alimentaire des perdrix grises est plutôt concentré sur les insectes au printemps au temps d’élever les couvées, très varié le reste de l’année (trèfle, graine de mauvaises herbes, etc.) et encore une fois, un régime alimentaire plus méconnu l’hiver. En Europe, sa terre d’origine, les hivers sont très doux; les herbes et graines sont accessibles à l’année. Mais ici, l’hiver, cet oiseau mange des restes de battages (céréales, maïs, canola, lin) et des graines de mauvaises herbes (mélilot, ortie royale, graminée…) et d’arbustes dans les lisières (viorne, vinaigrier, aubépine…).

Cet oiseau emblématique est un vrai baromètre de la santé de nos milieux agricoles. En effet, toutes les bonnes pratiques agricoles auraient une influence positive sur l’oiseau. S’il y a beaucoup de vers de terre, de crécerelles, de goglus et d’abeilles, les perdrix y seront bien, mais si toutes ces petites espèces se font rares, la perdrix le sera encore plus. Les pratiques de conservation du sol, les engrais verts, les céréales d’automne, les haies brise-vent ou les bandes riveraines arborescentes donnent toutes des avantages significatifs pour la survie des populations de perdrix grise.

Lors de votre prochaine marche en campagne, recherchez les «vraies» perdrix, le trèfle, les lisières forestières de bord des champs et les petits fossés de drainage avec des broussailles, vous pourrez y voir de beaux visiteurs. Au fait, les «petites grises» se voient beaucoup plus l’hiver que l’été!

Perdrix grise recherchée 

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) débute un projet de recherche sur la perdrix grise. L’objectif de cette étude est de mettre au point une méthode d’inventaire des populations de cette espèce et de préciser les milieux agricoles utilisés à différentes périodes de l’année. Pour ce faire, le MFFP veut capturer des perdrix au cours de l’hiver prochain afin de leur installer un émetteur radio pour les suivre à distance. Le MFFP sollicite la collaboration du public afin de localiser les groupes de perdrix grise présents en Mauricie, Portneuf, Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches.

Si vous observez un groupe de perdrix grise, contactez le responsable du projet par courriel ou par téléphone au 418 627-8694, poste 7485, en précisant la date de l’observation, le lieu (le plus précis possible, idéalement une position GPS), le nombre de perdrix grises dans le groupe et vos coordonnées. Il communiquera avec vous pour plus de détails.

Nicolas Tanguay, DTA
Direction régionale de la Mauricie
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Perdrix grise 

Crédit photo : Pierre Blanchette

  

Date de diffusion : 2016-01-27
 
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Dernière mise à jour : 2016-02-02

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