Les biofongicides en production horticole, une solution pour la protection de la santé et environnement

Isabelle Couture
Conseillère en horticulture maraîchère
MAPAQ Montérégie, secteur Est


Depuis environ cinq ans, de nombreux biopesticides sont disponibles pour les entreprises en production horticole dans leur lutte contre plusieurs maladies et insectes. Malheureusement, ces nouveaux produits, moins risqués pour la santé et l’environnement, sont encore peu connus ou mal utilisés.

Que sont les biopesticides?

Selon l’Agence de réglementation sur la lutte antiparasitaire, pour qu’un pesticide soit considéré comme un biopesticide, le produit doit être soit un agent microbien (champignons, bactéries, virus ou d’autres microorganismes naturels ou modifiés) ou un pesticide biochimique, c’est-à-dire une substance naturelle ou synthétique qui lutte contre les parasites à l'aide de mécanismes non toxiques (ex. : phéromones, extraits de plantes, gluten de maïs, savon insecticide, etc.).

Les biopesticides ont une faible toxicité pour les organismes non ciblés, ne sont pas persistants dans l'environnement et sont peu à risque de développer de la résistance. De plus, les biopesticides sont biodégradables.

Les biopesticides ne sont pas tous autorisés en culture biologique, souvent à cause des produits de formulation qui entrent dans leur composition. Pour les entreprises biologiques, il faut valider que le produit est autorisé auprès de son organisme de certification avant d’en faire usage.

Dans le cas des biofongicides, les entreprises conventionnelles peuvent les utiliser seuls ou en alternance avec des fongicides chimiques. Cette dernière stratégie offre plusieurs avantages dont ceux de réduire le risque de développement de la résistance des fongicides conventionnels et de diminuer les résidus de pesticides sur les végétaux et dans l’environnement.

Essai de biofongicides contre le blanc dans le melon miel

En 2015, Sophie Guimont et Yveline Martin, agronomes au club Bio-Action, en collaboration avec Isabelle Couture du MAPAQ Montérégie, ont réalisé une première année de suivi d’efficacité de différents biofongicides contre le « blanc » (oïdium) dans le melon miel.

Le blanc des cucurbitacées est une maladie fongique qui revient presque chaque année. Elle est causée par un complexe de deux champignons. L’inoculum primaire arrive dans les champs par les vents en provenance des états américains qui produisent leurs cucurbitacées plus tôt en saison.

Dans le cas du melon miel, l’objectif des pulvérisations est de maintenir le plus grand nombre de feuilles capables de faire de la photosynthèse jusqu’à l’atteinte de la maturité des premiers fruits, qui se situe vers la fin août.

Dans le cadre de l’essai, six biofongicides ont été testés. La première application a été faite le 7 août, avant l’apparition des premiers symptômes. Deux autres applications ont été faites à intervalle de 7 et 11 jours. Les traitements étaient répétés quatre fois, selon un plan entièrement aléatoire.

Résultats en bref

Pour la première année d’essai, KUMULUSMD DF (m.a. : soufre, 80 %) suivi de SERENADE® OptiMC (Bacillus subtlis, 1,31*1010 CFU/g) ont donné des résultats significativement supérieurs pour le contrôle du blanc. Ces deux produits ont démontré leur potentiel à diminuer le nombre de feuilles infectées par le blanc et l’intensité de la maladie par rapport au témoin et aux autres biofongicides.

Facteurs à considérer lorsqu’on utilise des biofongicides :

  • Faites les premières pulvérisations préventivement, peu avant que les pathogènes arrivent.
  • Le volume d’eau est très important pour s’assurer de la couverture complète des plants. Visez un volume d’eau d’au moins 500 L/ha.
  • pH de l’eau. Il faut bien lire les étiquettes et s’informer auprès de son représentant s’il y a des exigences particulières en regard du pH. Par exemple, le Tivano nécessite une eau dont le pH est acide (pH inférieur à 6,5) alors que le STOROX doit être mis dans une eau dont le pH est neutre.
  • Dans bien des cas, l’usage d’un surfactant peut améliorer la performance du biofongicide. Vérifiez l’étiquette.

Pour en savoir plus sur les résultats de la première année de l’essai, vous pouvez vous rendre sur le site d’Agri-Réseau.

Texte intégral: journal Gestion et technologie agricole (GTA), 2 juin 2016

 
Ne pas remplir ce champs

Dernière mise à jour : 2017-01-13

Menu de bas de page

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2019