Blé d'automne: résultats 2012-2013 du réseau d'essais en Montérégie

Yves Perreault
Conseiller en grandes cultures
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
Sainte-Martine


À l’automne 2012, le réseau blé d’automne a été mis en place en Montérégie grâce à la collaboration de conseillers du MAPAQ, de clubs-conseils, de chercheurs et de producteurs agricoles.

Le but du réseau est de créer une base de données sur le blé d’automne afin de déterminer les conditions de succès liées à l’implantation, à la survie pendant l’hiver, etc.

Ainsi, six essais sur les modes de semis ont été réalisés à la ferme grâce à un soutien technique et financier du MAPAQ. De plus, un essai portant sur la fertilisation azotée, deux essais de variétés et deux essais sur les taux de semis ont été menés.

Essais portant sur la date et le mode de semis

En Montérégie-Est, trois essais en plein champ ont été effectués dans le soya. Ils portaient sur une comparaison entre des semis à la volée (idéalement au début de la défoliation) versus le semis au semoir « no till » après la récolte. Dans les trois cas, la volée a été réalisée trop tardivement. Sur un site, cela a entraîné des pertes de soya par égrenage.

Le semis à la volée, tôt en début de défoliation du blé, soit généralement au début septembre, favorise un bon établissement. Toutefois, les conditions météo peuvent reporter les dates de semis. De plus, des plants de soya trop denses et versés peuvent nuire au succès de la technique.

En ce qui concerne les rendements, il y a une variabilité pour les deux modes de semis d’un site à l’autre, mais la moyenne des rendements est similaire pour les trois essais : 3,39 tonne métrique (TM) à la volée et 3,35 TM au semoir. À cause du tallage très important, le nombre d’épis au m2 était généralement plus élevé dans la volée hâtive même si les taux de semis étaient similaires. La fusariose réduit le rendement moyen des essais.

Tableau 1. Rendement et nombre d’épis obtenus selon le mode de semis

En Montérégie-Ouest, trois essais similaires ont été aussi réalisés. Sur chacun des sites, le semis à la volée hâtive (VH) effectué dans le soya, début défoliaison, était comparé au semis « no till » (NT) ou à la volée tardive (VT) sans enfouissement fait après la récolte.

En ce qui concerne les rendements obtenus, la volée hâtive a donné de meilleurs rendements dans deux sites sur trois, tandis que la volée tardive a, au contraire, le moins bon rendement, deux cas sur trois. Une meilleure vigueur et survie des plants en volée hâtive pourraient sans doute expliquer une partie de cette différence.

De plus, globalement, le rendement de ces trois essais a été passablement affecté par le niveau de fusariose élevé.

En résumé, on peut dire que les résultats obtenus en semis à la volée hâtive sont encourageants. La confirmation des essais en 2014 nous permettra de mieux cerner les facteurs de réussite de la technique.

Tableau 2. Bilan des observations - réseau mode de semis 


Légende :
NT : No till
PL : Nombre de plants
TM : Tonne métrique
VH : Volée hâtive
VT : Volée tardive

Essai sur la fertilisation azotée

Un essai portait sur deux niveaux d’apport azoté. Des apports fractionnés d’azote (60 + 30) vs (60 + 30 + 30) ont eu un impact positif sur le taux de protéines du blé semé à la volée (à taux de semis normal ou à double dose) versus le blé semé au semoir où l’azote n’a pas eu d’incidence sur le niveau de protéines. La variation des quantités d’azote n’a pas eu d’impact sur les rendements.

Essai traitement de semences

Un essai aux stations de recherche du CEROM à Beloeil et de Semican à Victoriaville, portant sur les traitements de semence, n’a donné aucune différence significative dans les quatre différents traitements : Vibrance XL, Vitaflo 280, Cruiser Vibrance, Dividend.

Autres essais

Les essais sur les taux de semis ou de variétés n’ont pas permis de tirer de conclusion.

Réseau ferme

En plus du réseau d’essais, un réseau de suivi dans 20 champs de la Montérégie était en place en 2012-2013. Ces projets se poursuivent en 2013-2014 grâce au programme d’aide financière Prime-Vert, du MAPAQ. Là aussi, les informations recueillies nous permettront de mieux documenter la production.

Pour plus de détails concernant les essais, vous pouvez consulter la conférence de Carl Bérubé, présentée lors de la Journée grandes cultures du 3 décembre 2013.


Photo : Carl Bérubé, Club Agri-Action de la Montérégie inc.

Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 6 mars 2014.

 
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Dernière mise à jour : 2015-03-18

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