La résistance vous préoccupe?

Carrolyn O’Grady
Conseillère en agroenvironnement et développement régional
MAPAQ Montérégie-Ouest

Comment se débarrasser des petites herbes à poux résistantes aux herbicides qui remplissent vos champs? Que faire avec les maladies dans les champs qui ne répondent pas aux traitements de fongicides? La gestion de la résistance est une priorité pour les producteurs. C’est pourquoi plusieurs conférences ont été présentées à la journée Lutte intégrée des journées Horticoles, le 4 décembre 2014, à Saint-Rémi. Voici un bref aperçu des principaux thèmes qui ont été abordés.

L’acquisition de connaissances pour mieux gérer les mauvaises herbes résistantes

Les cas répertoriés de résistance aux herbicides augmentent à travers le monde comme au Québec. Afin d’approfondir les connaissances dans ce domaine, le Centre de recherche et de développement en horticulture (CRDH) a accueilli dans son équipe la malherbologiste Marie-Josée Simard. Lors des journées Horticoles, Mme Simard a présenté les dernières informations au sujet de suivis réalisés et en cours. Elle travaillera sur divers projets, dont un qui vise à déterminer le nombre de degrés-jours requis pour la formation de graines chez trois espèces de mauvaises herbes qui développent de la résistance à divers herbicides (amarante, petite herbe à poux et vergerette du Canada). Ces informations permettront aux producteurs de réajuster leurs pratiques afin de prévenir la résistance. Particulièrement intéressant pour les producteurs de carottes, une nouvelle carte de la résistance au Linuron produite par Agriculture Canada sortira cet hiver. Mme Simard a mis en garde ses auditeurs contre l’usage répété des mêmes matières actives, qui favorise le développement de la résistance. De plus, elle mentionne que la résistance peut parfois provenir de semences de mauvaises herbes des champs avoisinants, qui sont disséminées par le vent, telles que l’herbe à poux ou les semences de vergerette.

En complément, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) mène un projet de deux ans (saisons 2014-2015) pour détecter de nouveaux cas de résistance de la petite herbe à poux aux herbicides des groupes 2 (ex. : CLASSIC, PURSUIT) et/ou 9 (glyphosate) et en trouver les principales causes. Le service de détection est sans frais pour les producteurs de grandes cultures chez lesquels on soupçonne de la résistance. Les résultats pour la saison 2014 seront communiqués aux producteurs dès le printemps. Pour obtenir plus d’information, on peut communiquer avec Marie-Édith Cuerrier, au 450 464-2715, poste 219.

Des traitements efficaces de fongicides

M. Hervé Van der Heyden, chercheur chez Phytodata, s’intéresse aux mécanismes de résistance des champignons aux fongicides en fonction des groupes chimiques ou des modes d’action. Ses travaux traitent également de la persistance des résistances dans le temps ainsi que des méthodes de détection. La journée Lutte intégrée a permis de présenter des résultats et des recommandations dans l’oignon.

Également, le consortium PRISME peut réaliser des tests de résistance permettant aux producteurs de faire le bon choix de fongicide et par conséquent de mieux gérer la résistance. Ils coordonnent un réseau de capteurs de spores pour mesurer la concentration aérienne de spores et ainsi déterminer des seuils de traitement pour les maladies. En collaboration avec le CRDH, M. Van Der Heyden développe une gamme élargie de tests de résistances aux fongicides, incluant Botrytis (oignon), Sclerotinia et mildiou (vigne), blanc (vigne et fraise), de même que pour la tavelure du pommier.

Des engrais verts avec ça?

Il a été démontré que l’utilisation des engrais verts dans une rotation est bénéfique à plusieurs niveaux. Ceux-ci sont principalement semés pour améliorer la santé des sols, augmenter la fertilité de ceux-ci, réduire le lessivage des intrants et compétitionner avec les mauvaises herbes. Dans certains cas, ils peuvent aussi avoir un effet sur l’incidence de certaines maladies et ravageurs. Selon Nadia Surdek, agronome chez PleineTerre, il est possible d’introduire les engrais verts dans la rotation des producteurs de légumes, mais il n’y a pas de recette standard. Chaque ferme doit adapter le choix des engrais verts en fonction de leur réalité : régie, culture et historique de maladies. Les engrais verts peuvent, entre autres, être semés avant un semis tardif, à la suite d’une récolte hâtive et aussi être intégrés en culture intercalaire si la régie le permet! Plusieurs choix de plantes sont disponibles dont les crucifères et le millet perlé qui ont des propriétés nettoyantes. Mme Surdek recommande toutefois la prudence dans le choix de plante afin d’éviter d’aggraver un problème selon l’historique de maladies de la ferme. Bref, il y a plusieurs façons d’utiliser les engrais verts, il suffit de consulter votre agronome pour bien les intégrer dans votre rotation.

Pour en savoir plus : 

Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA, 11 décembre 2014).

 
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Dernière mise à jour : 2017-09-01

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