L'agrile du frêne: comment y faire face?

Mélissa Normandin
Conseillère en aménagement et développement rural
MAPAQ Montérégie-Ouest

Cet insecte originaire d’Asie est dévastateur pour les frênes. Il a été découvert pour la première fois, au Québec, en 2008. Depuis, villes et municipalités régionales de comté (MRC) de notre région adoptent des stratégies pour lutter contre sa propagation dans les espaces publics en particulier. Tous les propriétaires privés, incluant les producteurs agricoles, sont également concernés par cette espèce envahissante. Si vous possédez des boisés à peuplement de frênes, des haies brise-vent ou quelques arbres de cette essence, voici des astuces pour vous aider à prendre les bonnes décisions sur votre propriété.

État de la situation

Tout d’abord, l’agrile du frêne s’attaque uniquement à ce type d’arbre. Il ne représente aucun risque direct pour les cultures végétales ou la santé humaine. Par contre, il est extrêmement destructeur, car depuis sa découverte en Amérique du Nord en 2002, il aurait causé la perte de plus de 100 millions de frênes.

Étant donné l’ampleur des dommages qu’il pourrait causer, des mesures de contrôle sévères sont imposées aux régions touchées afin de ralentir la progression, incluant l’ensemble de la Montérégie. C’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments qui a la responsabilité de réglementer le transport du matériel à risque (ex. : bois de chauffage, résidus de frêne) à l’extérieur des zones déclarées infestées par l’agrile du frêne. En effet, cet insecte se répand surtout par « propagation artificielle », en d’autres mots par l’homme, car les larves peuvent survivre plusieurs mois dans le bois d’un arbre ou d’une branche coupée.

Est-ce qu’il y a de l’espoir?

La réponse dépendra, en partie, de la vigilance de tous ceux qui ont des frênes sur leur propriété. La surveillance de l’état de santé de ces arbres est primordiale. Les frênes infectés présentent des trous en forme de « D » sur les branches et le tronc ou des galeries en « S » sous l’écorce. Toutefois, il est fortement recommandé de faire appel à un expert, car il est difficile d’identifier ces signes avec certitude. Un professionnel pourra ainsi faire les recommandations appropriées à votre situation, comme les injections de biopesticides pour protéger les arbres qui présentent de l’intérêt, l’abattage stratégique s’il y a présence de frênes qui dépérissent ou qui sont fortement infestés et surtout la disposition adéquate des résidus pour ne pas propager l’infestation, le cas échéant.

Combattre ou abattre?

Tôt ou tard, cet insecte obligera probablement bons nombre de propriétaires de frênes à intervenir et, conséquemment, à investir. Il serait préférable d’allouer un montant à la protection et au maintien des frênes en place plutôt que de les abattre. Plusieurs producteurs agricoles pourraient, par exemple, faire appel à la même entreprise spécialisée pour tenter d’obtenir un meilleur tarif.

Rappelons que des impacts environnementaux importants pourraient survenir si les frênes perdus, à l’échelle du territoire agricole, n’étaient pas remplacés. Que l’on pense à leur contribution pour le maintien de la biodiversité ou au contrôle de l’érosion éolienne, les services écologiques rendus par les arbres sont suffisamment importants pour encourager le remplacement des frênes qui n’auraient pas su faire face à cet insecte!

Communiquer avec qui?

  • Un ingénieur forestier pour le dépistage ou les soins des arbres : L'Agence forestière de la Montérégie
  • Votre ville pour les dispositions réglementaires applicables (ex. : abattage)
  • L’Agence forestière de la Montérégie ou le MAPAQ pour des conseils en remplacement des frênes.

Plus d'information

 

 

Galerie en « S ». Arbre fortement infesté.
Crédit photo : ACIA

 

 

Présence d’arbres moribonds ou morts dans un peuplement de frênes.
Crédit photo : ACIA


 Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 21 août 2014.

 
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Dernière mise à jour : 2019-10-08

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