Bleuetière d'enseignement et de recherche : des nouvelles du projet

Par Pierre-Olivier Martel, agr.
Conseiller en horticulture fruitière

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le bleuet sauvage alimente bien des discussions. Bien sûr, il fait partie du paysage et il assure des revenus importants dans la région, mais il y a encore plus…

Depuis 2016, le Québec occupe la première place pour la culture de bleuets sauvages parmi les provinces canadiennes et les États américains producteurs (la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et le Maine). En 2018, c’est 48 % des bleuets sauvages produits au Canada et 36 % des bleuets du Nord-Est américain qui provenaient du Québec. Alors que plus de 82 % des superficies québécoises de bleuets sauvages sont situées dans la région, on comprend que le Saguenay–Lac-Saint-Jean est de loin l’acteur le plus important de la province.

Bien que ces chiffres soient avantageux, il n’en demeure pas moins que les défis sont grands et nombreux. Dans ce secteur compétitif, les producteurs de bleuets sauvages doivent tenir compte des possibilités qu’offre la culture biologique, affronter l’arrivée de nouveaux ravageurs et maîtriser le raffinement des techniques de production. Pour qu’ils puissent maintenir le rythme de cette adaptation, la recherche et l’innovation sont de mise et doivent se poursuivre sans relâche.

C’est pour répondre à ces défis que le projet de « Bleuetière d’enseignement et de recherche » (BER) a vu le jour. Ce lieu spécialisé consacré à la recherche, favorisera la communication des connaissances et le transfert des techniques innovatrices. Il servira de vitrine de démonstration pour les producteurs et intervenants du secteur. À terme, ce projet devrait dynamiser le milieu et créer une expertise en région, au service des producteurs de bleuets sauvages.


Historique de la Bleuetière d’enseignement et de recherche

Annoncée par le MAPAQ à l’occasion du sommet économique régional de 2015, la Bleuetière d’enseignement et de recherche a été officialisée le 21 juin 2016. À ce moment, il était établi qu’une portion du territoire de la Corporation d’aménagement forêt Normandin (CAFN) serait réservée au projet, mais les fonds nécessaires au développement manquaient toujours.

Le 13 avril 2018, l’annonce d’une aide financière issue du Fond d’aide au rayonnement des régions (FARR) est venue confirmer la réalisation du projet. Grâce à une subvention de 477 796 de dollars, la création de la BER était assurée.

La BER est un bel exemple de concertation régionale. Les quatre partenaires engagés dans cette initiative sont l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ), la CAFN et le MAPAQ. Chacun d’entre eux a mandaté un représentant siégeant au comité de gestion. Un comité scientifique a aussi été formé, dont les membres viennent d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, du centre Agrinova, de l’UQAC, du MAPAQ et du Club Conseil Bleuet. Pour en assurer le bon fonctionnement, une coordonnatrice a été nommée par le comité de gestion.

La BER met actuellement à profit deux zones de culture : une première zone de 46 hectares a été offerte par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles; elle se trouve en forêt et doit être aménagée en bleuetière. Une seconde zone de 36 hectares, aujourd’hui en exploitation, est issue d’une entente avec la CAFN; des travaux de recherche y sont menés présentement et d’autres devraient voir le jour.

Les promoteurs de la BER souhaitent attirer des chercheurs de tous les horizons et soutenir le développement d’une expertise dans le domaine du bleuet sauvage. Ainsi, les projets réalisés seront en concordance avec les préoccupations des producteurs.

Développement durable

Dès 2016, les membres du comité de gestion ont mandaté le Centre québécois de développement durable pour les accompagner dans une réflexion sur la stratégie de développement durable à déployer dans la BER. L’objectif poursuivi consistait à établir des bases solides en harmonie avec les principes de développement durable et à doter les parties prenantes d’une vision commune du projet.

C’est dans cette optique qu’un processus de consultation a été enclenché à l’automne 2018. Entre autres choses, les villégiateurs résidant à proximité de la future bleuetière ont été entendus et leurs préoccupations ont été prises en considération pour déterminer le plan de développement final. À titre d’exemple, c’est en réponse aux préoccupations des résidents qu’on a conservé des bandes boisées comme écrans visuels autour de la bleuetière et qu’on effectuera un suivi régulier de la qualité de l’eau. Un inventaire faunique et floristique a aussi été réalisé, ce qui a permis de préserver une bande forestière de 11 hectares où des parulines à gorge grise s’étaient établies.

Le début des travaux d’aménagement à proprement parler aura lieu ce printemps et marquera une étape importante de la réalisation du projet. Le rubanage et la récolte de la matière ligneuse seront faits dans les prochains mois et un premier broyage forestier est prévu pour l’automne 2019. Il s’agit là d’une rare occasion de mettre à l’essai différentes méthodes d’aménagement de bleuetières à partir de la forêt.

Maintenant que le projet est bien en route, soyez assuré que vous en entendrez encore parler. La BER contribuera à consolider le leadership du Saguenay–Lac-Saint-Jean, déjà reconnu pour sa capacité de production, dans les domaines de la recherche et de l’innovation.

Photos : Maxime Paré, Université du Québec à Chicoutimi

 
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Dernière mise à jour : 2019-05-10

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