Produits d'origine animale : que puis-je vendre?

MATHIEU LAPLANTE, AGRONOME
Conseiller en économie, en gestion et en productions animales

Il n’y a aucun doute, les entreprises agricoles de petite taille sont en croissance. Ces exploitations sont souvent diversifiées et bon nombre d’entre elles optent pour une commercialisation comportant peu d’intermédiaires, voire pour une vente directe à la clientèle. Voici, brièvement commentés, certains aspects de la commercialisation de quelques produits dans le contexte régional qui est le nôtre. Il s’agit d’une courte synthèse des lois et règlements en vigueur. Évidemment, en cas de doute, il y a lieu de consulter les textes officiels, qui ont préséance.

Œufs de poule

Un exploitant qui n’a pas de quota de la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec peut détenir jusqu’à 99 poules pondeuses. Même s’ils ne sont pas soumis aux exigences du classement, les oeufs de ces poules peuvent être vendus directement aux clients, que ce soit à la ferme ou dans un marché public. Les oeufs doivent être propres et ne montrer aucune anomalie. Ils doivent être entreposés à une température inférieure à 7 °C au point de vente. En outre, les contenants utilisés pour la vente doivent indiquer clairement le nom et l’adresse de la ferme et comporter les mentions « Meilleur avant » (inscription suivie d’une date, soit la journée de la ponte à laquelle on additionne un mois), « Garder réfrigéré » et « OEufs non classés ».

Œufs de caille ou d'autres espèces

Les règlements qui s’appliquent aux oeufs pondus par un autre volatile que la poule domestique sont plus souples et ces productions particulières ne sont pas assujetties à des systèmes de contingent. Les oeufs doivent être intacts et ne présenter aucune anomalie. Sur l’emballage, on doit trouver les mêmes renseignements que pour les oeufs de poule et on y précise de quelle espèce les oeufs proviennent. De façon complémentaire, s’ils sont vendus par un intermédiaire, il faut indiquer le nom et l’adresse du détaillant.

Viande de volaille

Si l’on n’a pas de quota délivré par Les Éleveurs de volailles du Québec, il est possible d’élever chaque année jusqu’à 25 dindes et 300 poulets. Les autres espèces, comme le canard, la pintade ou la caille, ne sont pas l’objet de restrictions. Dans la région, aucun établissement n’offre de service d’abattage pour la volaille. Cependant, on trouve des abattoirs spécialisés pour ces espèces particulières dans les Hautes-Laurentides et en Outaouais et on doit obligatoirement passer par ces établissements pour vendre de la viande à quelque client que ce soit.

Viande de porc, de bœuf, de chevreau ou d'agneau

Pour une consommation personnelle, la Boucherie des Praz, qui est un abattoir de proximité, peut être utilisée. Toutefois, seul le propriétaire d’un animal peut le faire abattre et en consommer la viande. Ainsi, un éleveur ne peut pas faire abattre une de ses bêtes pour une tierce personne. Il est à noter que les abattoirs de proximité ne sont pas soumis à une inspection permanente, bien que des inspecteurs puissent s’y présenter sans préavis pour s’assurer que les activités et les installations sont conformes.

Pour effectuer une vente de viande directement à des clients, il faut faire affaire avec un établissement de catégorie provinciale (pour des ventes intraprovinciales) ou fédérale (pour des ventes interprovinciales). Dans ces catégories d’abattoir, le processus de l’inspection est permanent.

Les abattoirs le plus près de la région sont situés en Outaouais et en Ontario. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation offre une aide financière aux producteurs qui voudraient faire abattre des animaux dans un établissement du Québec et rapporter la viande en région pour la commercialiser. L’aide ne concerne donc pas le transport vers l’encan ou vers des parcs d’engraissement. À titre indicatif, le tableau suivant rend compte des montants d’aide en vigueur.

 Type d'animal  Utilisation d'un transporteur  Transport effectué par le producteur  
 Aller  Retour  Aller  Retour
 Bœuf

50 % des coûts

Maximum de 100 $ par bœuf

 50 % des coûts Forfait de 50 $ par bœuf Forfait de 30 $ par bœuf
 Porc

 50 % des coûts

Maximum de 35 $ par porc

 50 % des coûts  Forfait de 20 $ par porc  Forfait de 20 $ par porc
 Agneau/Chevreau

 50 % des coûts

Maximum de 20 $ par agneau

 50 % des coûts  Forfait de 10 $ par agneau  Forfait de 5 $ par agneau

Qu'en est-il de l'abattoir de belle vallée?

L’abattoir de Belle Vallée (Belle Vallee Meat’s and Abattoir) est un établissement de transformation des viandes titulaire d’un permis provincial de l’Ontario. Il n’est pas possible de réaliser une commercialisation au Québec en mettant à contribution cet établissement, malgré sa proximité avec le Témiscamingue.

Inventaire exhaustif des abattoirs en ligne

 
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Dernière mise à jour : 2019-07-25

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