Des haies d'arbustes pour les oiseaux et les pollinisateurs à Henryville

Francisca Müller, agronome
Conseillère en agroenvironnement et en grandes cultures biologiques
MAPAQ Montérégie


Si vous passez par le rang du Bord-de-l’eau, à Henryville, cet été, il est fort probable que vous remarquiez au bord du chemin une série de haies d’arbustes composées d’amélanchier, d’aronia, de rosier des marais et de sureau, des espèces indigènes au Québec.

Cette haie a été implantée sur les terres de la famille Fabry-Deland, qui exploite une ferme laitière comptant une cinquantaine d’hectares en culture. « Mon épouse et moi, on aime bien observer les oiseaux. On a installé des nichoirs sur la ferme. Les arbustes à fruits qu’on a plantés leur fournissent de la nourriture et un habitat. Les fleurs attirent les pollinisateurs. C’est une situation gagnante, autant pour nous que pour la faune, et il n’y a pas d’impacts négatifs sur nos cultures », explique Pierre Fabry, propriétaire de l’entreprise.

Les interventions menées se sont avant tout avérées être une solution efficace et peu coûteuse afin de s’attaquer aux problématiques d’érosion et d’instabilité des berges affectant les terres du couple. En effet, la végétalisation des berges et des bandes riveraines a également pour effet de favoriser leur stabilisation et l’atténuation des effets de l’érosion. Ces qualités contribuent par le fait même à réduire les coûts et le temps consacrés à l’entretien des terres agricoles.

Un service d’implantation clés en main

Si l’an dernier, M. Fabry a planté ses arbustes de sa propre initiative, il a pu compter en 2016 sur le soutien de Louis Bouchard, chargé de projet au COVABAR. « Nous avons connu Pierre via le club-conseil Dura-Club, qui accompagne l’entreprise sur le plan agroenvironnemental. Il nous a expliqué son projet et nous avons pris en charge la planification, l’achat des plants et l’implantation. En réalité, c’est un service clés en main que nous offrons aux producteurs de la région. » Le COVABAR, qui est l’organisme de bassin versant de la rivière Richelieu, a ciblé le bassin versant de la Rivière du Sud comme secteur d’intervention prioritaire.

« Notre objectif est de sensibiliser les producteurs agricoles à l’importance de préserver les milieux riverains et de les informer des différentes possibilités d’aménagement. Nous pouvons ensuite les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets. Pour nous, chaque petite intervention faite par un producteur agricole pour protéger les cours d’eau compte », précise Louis Bouchard.

Quant à M. Fabry, il est fier de faire sa part. « En tant qu’êtres humains, nous sommes partie prenante du milieu dans lequel on vit. On doit s’adapter et travailler dans le respect de la nature. »

Aide financière

À noter que le projet a bénéficié du soutien du programme Prime-Vert du MAPAQ, qui permet d’obtenir du financement équivalent jusqu’à 70 % des montant admissibles pour mettre en place des aménagements favorisant la biodiversité en milieu agricole. Dans le cas de projets collectifs impliquant plusieurs producteurs agricoles, l’aide financière peut aller jusqu’à 90 % des coûts admissibles. Le projet Protection des berges et des milieux humides de la rivière du Sud est subventionné en partie par le Fonds national de conservation des milieux humides (FNCMH) d’Environnement Canada.

Crédit photo : Francisca Müller


 
Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 6 avril 2017

 
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Dernière mise à jour : 2017-09-19

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