Le trèfle incarnat comme intercalaire dans les céréales

Louis Robert, agr.
Conseiller expert en grandes cultures
MAPAQ Montérégie, secteur Est


Le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum L.) est une espèce relativement peu connue des producteurs de grandes cultures du Québec. Il s’agit pourtant d’une plante possédant des vertus qui pourraient en faire une des cultures intercalaires les plus intéressantes pour les céréales à paille sous nos conditions. Parmi ces caractéristiques :

  • Santé du sol : vie microbienne, structure, minéralisation des résidus et de la matière organique, etc.).
  • Valeur fertilisante : réduction de 60 à 80 kg N/ha pour le maïs suivant.
  • Destruction très facile : plante bisannuelle, mais la plupart du temps ne survit pas à nos hivers. Les quelques survivants sont très faciles à détruire par du travail de sol léger.
  • Réduction des applications d’herbicides : ne nécessite pas de traitement d’herbicides à l’automne, ce qui réduit les risques pour l’environnement.
  • Plante mellifère : nectar très attirant, autant pour les pollinisateurs sauvages que pour les abeilles domestiques. La culture de trèfle peut soutenir une production de 25 à 100 kg de miel/ha.
  • Facile à établir : une des rares espèces de trèfle qui peut être semée à la volée, de préférence quelques heures avant une pluie, et donner un peuplement satisfaisant. 
  • Peu compétitive : ne nuit ni au rendement de la céréale, ni à la qualité de la paille car le trèfle n’atteint pas plus que 6 à 8 pouces au moment de la récolte. 
  • Lutte aux insectes dommageables : la culture de trèfle réduit les dommages causés par la chrysomèle des racines, la pyrale du maïs et le nématode à kyste du soya.

Ce trèfle partage avec les autres cultures de couverture d’autres bénéfices :

  • réduction des pertes d’azote, de phosphore, de sédiments et de pesticides vers les plans d’eau
  • élaboration d’un lit de semence parfait pour la culture suivante, sans avoir recours à du travail de sol
  • lutte intégrée aux mauvaises herbes
  • amélioration de l’aération, de l’infiltration et de la rétention en eau utile.

Comme toutes les plantes de couverture, les avantages découlant de l’inclusion du trèfle incarnat s’intensifieront avec les années. Ces avantages seront beaucoup plus marqués en mode de travail réduit ou de semis direct. Autrement dit, le travail de sol conventionnel (labour d’automne et hersage au printemps) annule plusieurs des bénéfices potentiels.

Sa « niche » de prédilection : en post-levée dans les céréales d’automne ou de printemps, semé à 15 à 20 kg/ha à la volée avant une pluie, lorsque la céréale a atteint le stade de trois ou quatre feuilles (après les traitements d’herbicides, s’il y a lieu), et devançant un maïs dans la rotation.

Dans beaucoup de régions d’Amérique du Nord avec des sols et des climats semblables à ceux de la Montérégie, le trèfle incarnat intercalaire dans les céréales à paille est une pratique courante qui rapporte des résultats concrets, autant sur les plans agronomique, économique, environnementaux que sociaux.

Trèfle incarnat (Trifolium incarnatum L.)
Photo: Louis Robert, MAPAQ

 






 

Le trèfle incarnat utilisé comme intercalaire dans une culture de céréales à paille.
Photo: Louis Robert, MAPAQ




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 5 mai 2016

 
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Dernière mise à jour : 2016-05-31

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