Les cultures intercalaires : quand on veut que ça marche

Louis Robert
agronome, M. Sc., conseiller régional en grandes cultures
MAPAQ Montérégie-Est

La domination du maïs sur la surface agricole de la région engendre plusieurs impacts environnementaux. Les travaux de recherche réalisés au Québec comme ailleurs font toutefois ressortir que les problèmes sont davantage liés aux pratiques culturales qu’à la culture comme telle. Plusieurs ajustements sont donc possibles pour réduire au minimum les risques environnementaux avec le maïs. Parmi ces pratiques, les cultures intercalaires s’imposent, au même titre que le semis direct ou la rotation d’au moins trois cultures.

La culture intercalaire est en fait une technique simple et presque aussi vieille que l’agriculture. Il s’agit de faire pousser, dans le même champ et simultanément à la culture principale, une espèce destinée exclusivement à améliorer le sol.

Pour une entreprise où il ne se cultive que du maïs et du soya, les possibilités d’implanter des intercalaires sont rares. Les producteurs ayant réussi, par exemple en utilisant du ray-grass, ont du mérite car la culture de maïs est peu accueillante : longue saison de croissance, compétition pour la radiation solaire et utilisation d’herbicides résiduels à large spectre. Sans compter que cette culture est souvent suivie par la culture du soya, qui ne bénéficie pas beaucoup des effets de l’intercalaire. D’ailleurs, si on veut vraiment tirer le maximum de bénéfices de l’intercalaire dans une rotation avec du maïs, il faudrait qu’il précède le maïs parce qu’il est très difficile d’implanter une intercalaire dans le soya.

La solution réside dans le travail réduit, dans la diversification des cultures, dans l’utilisation du semis direct et dans la rotation d’au moins trois espèces, chacune cultivée une année seulement. Il ne faut plus calculer la rentabilité d’une exploitation en se basant sur les revenus nets annuels d’une culture par rapport à une autre, mais regarder l’ensemble de la rotation. Ce faisant, on constate que, dans les faits, une rotation (i.e. : maïs (intercalaire ray-grass), soya et blé d’automne (intercalaire trèfle incarnat)) permet de dégager des revenus nets supérieurs à ceux d’une succession maïs-soya ou de maïs–maïs–soya. Les trèfles rouge, blanc, huia et incarnat s’implantent très facilement dans les céréales de printemps et d’automne, tout en multipliant les bénéfices.

Trèfle incarnat dans du maïs mature.
Crédit photo : MAPAQ







Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 3 mars 2016

 
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Dernière mise à jour : 2016-05-30

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