Une centaine de producteurs de grandes cultures se portent volontaires pour diminuer les risques reliés aux pesticides en Montérégie

Stéphanie Mathieu, agr.
Conseillère en grandes cultures
MAPAQ Montérégie


En septembre 2017, le MAPAQ lançait un appel aux producteurs de grandes cultures de la Montérégie ainsi qu’aux producteurs horticoles des Laurentides afin de les inviter à participer à un projet pilote visant à diminuer les indices de risques (IRPeQ) et à augmenter ou à améliorer les pratiques de lutte intégrée sur leur entreprise. Au total, 126 producteurs de grandes cultures et 22 producteurs horticoles ont levé la main pour s’inscrire au projet.

Le projet, d’une durée de trois ans, a comme objectif de réduire de 25 % les risques liés aux pesticides utilisés à l’échelle de chacune des entreprises agricoles participantes. Les risques sont mesurés à l’aide de l’outil IRPeQ Express. Ce dernier calcule pour chaque pesticide utilisé un IRS (indice de risque santé) et un IRE (indice de risque environnement).

Tableau 1 : exemple d’indice de risques pour quelques pesticides

 Nom commerciaux  Matières actives  IRE  IRS
 Lumiviamc - Maxxim Quattro Chlorantraniliprole
Azoxystrobine
Fludioxonil
Métalaxyl-M
Thiabendazole 
 261  146
 Priaxor  Pyraclostrobine
Fluxapyroxad
 170  165
 Aatrex  atrazine  60  334
 Callisto  mésotrione  21  25
 Round-up (360g/l)  glyphosate  1  23

À la première année du projet, en 2017, les entreprises agricoles, accompagnées d’un agronome ont fait une évaluation de la phytoprotection sur leur ferme. Ce diagnostic prend en compte la régie générale des cultures, la gestion intégrée des ennemis des cultures et celle des pesticides sur l’entreprise. Le calcul des risques des pesticides (IRPeQ) fait également parti du diagnostic.

Cette évaluation a permis aux producteurs et aux conseillers de cibler les endroits où il fallait redoubler d’efforts pour augmenter les pratiques de lutte intégrée et faire des choix de pesticides moins à risques sur l’entreprise. Également, la démarche permet de voir d’où on part et où on veut aller, ce qu’on fait de bien et ce qu’on devrait améliorer.

La lutte intégrée, en terme simple, consiste à utiliser un pesticide lorsque nécessaire et non de façon systématique. Il s’agit d’une démarche en 5 étapes : (1) la connaissance du ravageur, (2) la prévention, (3) le suivi au champ, (4) la sélection de la méthode de lutte si nécessaire et (5) la rétroaction à mettre en place lorsque l’on fait face à un ennemi des cultures.

Un plan d’action pour atteindre les objectifs du projet a, par le fait même, été établi pour chaque entreprise.

Pour mettre un œuvre toutes ces actions, l’entreprise agricole reçoit un soutien financier pour sa participation ainsi qu’un montant additionnel pour des services-conseils.

Jusqu’à maintenant, plusieurs actions ont été réalisées :

  • 126 diagnostics en phytoprotection, plan d’actions et IRPeQ/ferme
  • plusieurs hectares dépistés pour les ravageurs des semis, les mauvaises herbes, les maladies des cultures
  • la sélection de pesticides moins à risques sur plusieurs hectares
  • l’implantation de cultures intercalaires et de cultures d’automne
  • rotation des groupes de pesticides
  • la calibration de pulvérisateur
  • l’évaluation de la levée des cultures, etc.

Ce projet permet de mettre l’accent sur la phytoprotection et de créer une opportunité pour les agriculteurs d’améliorer le bilan agroenvironnemental de leur entreprise sans compromettre sa rentabilité.

Le projet pilote - volet grandes cultures pour l’année 2017 c’est :

  • 126 entreprises de grandes cultures accompagnées par 34 agronomes
  • 26 893 ha de grandes cultures
  • 49 % en maïs, 34% en soya, 7% en céréales de printemps, 2% en céréale d’automne, 8% en prairie.

 



 

 

 

 

Texte intégral : journal Gestion et technologie agricoles (GTA), 19 juillet 2018

 
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Dernière mise à jour : 2018-09-05

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