Sols couverts, sols vivants​

​Par Odette Ménard, ingénieure et agronome, Direction régionale de la Montérégie-Est, MAPAQ

La biodiversité? Ça commence par quoi? Bio. Préfixe exprimant la vie. De quoi a-t-on besoin pour vivre? D'un toit et de nourriture. Il en est de même pour les sols. La couverture de résidus que nous offrons à nos sols :

  • les protège contre la pluie et ses gouttelettes dont on sous-estime la puissance, la puissance d'impact et la puissance de transport contre le vent, contre le soleil et ses rayons;
  • et les nourrit. Les résidus de culture nourrissent la chaîne alimentaire du sol (ou la chaîne trophique, pour utiliser le terme scientifique). Les micro-organismes qui forment la chaîne alimentaire de nos sols sont des intermédiaires irremplaçables. Ce sont eux qui fournissent les éléments nutritifs aux plantes après avoir décomposé les résidus, rendant disponibles les éléments nutritifs et transformant le carbone en matière organique.

Nous sommes constamment en quête de moyens d'améliorer notre quotidien. Il en est de même avec les pratiques agricoles. Donnez-leur le nom que vous voulez : pratiques agricoles de conservation, les 4 B (bon moment, bonne dose, bon produit, bon endroit), agriculture régénérative, développement durable. Quel est le but de toutes ces philosophies agronomiques? Améliorer la productivité de nos sols. On revient toujours au sol. Le sol est au cœur de notre agriculture. Non. Le sol c'est le cœur. Sans tracteur, on pourra toujours cultiver. Je suis d'accord avec vous, ça risque d'être toute une aventure. Il sera quand même possible de faire pousser des cultures.

Sans sol… Même la meilleure des technologies ne peut faire pousser quoique ce soit sans substrat nutritif et vivant. Rien. Le plus beau ou le plus performant des tracteurs n'est rien sans le sol.

Il y a quelques mois, le PAD est né, le Plan d'agriculture durable 2020-2030. Ce plan mise définitivement sur la santé des sols.

Par où commence-t-on? Par protéger les sols.

Comment fait-on? On les habille avec des résidus. On les nourrit avec des résidus et des racines vivantes.

La couverture de résidus après semis est le point de repère pour déterminer l'efficacité du choix de nos pratiques en lien avec la protection optimale de nos sols. Le fameux 30 % après semis. On y revient toujours. Nos sols sont particulièrement vulnérables à toutes les intempéries climatiques (eau, vent, soleil), de la récolte jusqu'au moment où la nouvelle culture couvre le sol l'année suivante, c'est-à-dire d'octobre à juin.

C'est à la suite du Dust Bowl des années 30 que de nombreuses recherches et observations ont été faites pour déterminer quel est le niveau de couverture nécessaire pour protéger adéquatement les sols. Avec une couverture minimale de résidus de 30 % après semis, la protection des sols est assurée jusqu'à ce que la nouvelle culture ait couvert le sol. Pour atteindre cet objectif, il faut donc avoir plus de 30 % de résidus après la récolte. En effet, la décomposition hivernale et le travail de reprise au printemps sont responsables de la décomposition d'une partie de la couverture laissée après la récolte. La chaîne alimentaire du sol joue aussi un rôle dans cette décomposition.

Prenons quelques minutes ce printemps pour mesurer, à tout le moins estimer, notre couverture de résidus.

Mesurer la couverture est facile. La corde à nœuds demeure l'instrument le plus simple.

Cette méthode consiste à utiliser une corde sur laquelle on retrouve 50 nœuds distancés tous les 15 cm
​(6 pouces). La corde aura une longueur d'environ 8 mètres (25 pieds). Cette corde est placée en diagonale par rapport au semis dans le champ. Attention de respecter toujours la même diagonale. Il est possible de travailler carrément à 90o avec les rangs, il faut alors toujours placer notre corde à 90o.

Les observations sont faites en se plaçant directement au-dessus de la corde et en comptant les nœuds qui touchent des résidus de culture qui ont au moins 30 mm par 60 (1 ½ par ¼ de pouce). Le résultat est multiplié par 2 pour obtenir le pourcentage de couverture.

Un sol bien protégé et bien nourri aura une meilleure résilience contre l'eau, le vent, le soleil et les changements climatiques. Mieux protégés, nos sols produiront mieux. La couverture des sols par des résidus ou des cultures de couverture et les racines vivantes sont des atouts qui permettent à coup sûr de meilleurs rendements.​


30 % de résidus après semis sur retour de maïs-grain et sur retour de soya.



 
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Dernière mise à jour : 2021-06-07

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